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Face aux difficultés relationnelles liées au confinement, nous vous proposons une série d'accompagnements pour vous aider à mieux vivre cette période, émotionnellement dense.
24 Juin 2020 de 18h30 à 20h : Webinar Portes Ouvertes
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Confinement, déconfinement et paradoxes

Extrait de la conférence de Claude de Scorraille du 7 mai 2020

Viktor Frankl, neuropsychiatre, auteur de « Découvrir un sens à sa vie » travaille sur les thèmes du vide existentiel et de l’autonomie de l’individu. Il fait l’hypothèse qu’au moment de l’évolution où l’homme devient un être humain, il subit une double perte : il perd d’une part l’instinct – qui permet un ajustement du comportement de l’animal en fonction de ses besoins – l’homme pensant sa vie en plus de la vivre. Il perd d’autre part son autonomie : son désir devient modelé par le désir de l’autre, par un besoin de conformité.

Dans le monde occidental moderne, l’instinct et les traditions sont en perte de vitesse. L’autonomie ne va pas de soi et désirer ce que d’autres imposent comporte un risque de totalitarisme. L’homme moderne, « égocentré », ne met plus de limite à ses désirs et vit dans l’illusion du contrôle de son environnement : dans son monde idéal le risque est maîtrisé. L’éducation promet « si non veut, on peut », ce qui est très différent de « si on veut on peut ce qu’on peut ». Le risque zéro est l’exigence : zéro faute à l’école, zéro mort à la guerre, etc dans une recherche constante d’absolu et d’inaltérable.

La relation à soi et aux autres, régie par un principe d’égalité, devient rigide. L’adversité prend le pas sur la coopération, la fermeture l’emporte sur l’ouverture, l’individualisme sur la relation et le bien commun.

La période qui précède la crise de la Covid 19 est marquée par la stabilité et la foi dans l’intelligence qui permet de nous adapter et de traverser les épreuves. Beaucoup de personnes, avant cette crise, n’ont pas réellement expérimenté l’incertitude.

Arrive cette crise et subitement les média nous inondent d’incertitude au point que le sujet devient obsessionnel.

Illustration : les fourmis nomades. Ces insectes vivent habituellement en groupe très organisés, elles se déplacent en colonne, se ravitaillent de même et sont capables de bivouaquer. Que se passe-t-il en cas d’évènement inattendu ? Un orage par exemple. Leur comportement devient rigide, l’orage efface leurs traces, les fourmis paniquent, s’agglutinent et s’aveuglent. Leur comportement est devenu rigide par absence de communication entre les individus.

Quelle fut la réponse des états pour endiguer le virus et pour protéger la population ? Le confinement. Le message qui se diffuse est donc que pour protéger les individus il faut les isoler (rappelons que l’isolement est aussi une punition – la prison - voire un moyen de torture dans certaines sociétés). L’autre devient une menace à éviter. Et en tant qu’être humain, je suis en face de ma vulnérabilité, bien éloigné de l’individu performant et tout puissant. Le covid apporte l’expérience de la peur et de la souffrance.

Mais le confinement a aussi démontré que sans l’autre nous ne sommes rien : ceux qui ont continué à soigner, à enseigner, à approvisionner … ont permis que la vie poursuive son cours. C’est la collaboration, la relation qui ont rendu cette continuité possible.

Alors comment aider les patients et clients en période de crise sanitaire ? Il faut revenir aux bases de la communication, telles qu’elles ont été développées par l’Ecole de Palo Alto, en particulier dans l’ouvrage « Une logique de la communication » (Watzlawick, Helmick Beavin, Jackson). Les flux d’information, la communication, la souplesse des relations rendent les ajustements possibles. Aider c’est aider à confronter les paradoxes, assouplir les perceptions, apprendre à changer de vision du monde, tout en conservant une singularité d’être humain. A l’image du funambule qui trouve son équilibre dans le déséquilibre qui précède, il est sans doute possible de retrouver de la sécurité à partir de l’insécurité.

 

Propos retranscrits par Pascale Baratay Lhorte

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Traverser la peur, l'anxiété grâce à l'hypnose et l'auto-hypnose par Michele Ritterman

Traverser la peur, l'anxiété grâce à l'hypnose et l'auto-hypnose

par Michele RITTERMAN

Michele Ritterman a été l’élève de Milton Erickson, de Salvador Minuchin, de Jay Haley. Docteur en psychologie clinique, spécialiste de l’hypnose, auteure d’ouvrages sur le thème de l’hypnose et des thérapies familiales, entre autres : « Using hypnosis in family therapy »
Elle a travaillé entre autres sur le sujet de la transe comme symptôme. 

Michele Ritterman : je suis au Costa Rica, c’est un privilège d’échanger avec des personnes partout dans le monde, pour qui il est important de prendre soin des autres. Notre travail est important, nous participons à créer une civilisation plus humaine. Que puis-je vous proposer aujourd’hui ?
J’ai étudié avec Milton Erickson, le père de l’hypnothérapie (l’utilisation de l’hypnose dans un processus thérapeutique) avec Salvador Minuchin, père de l’hypnose systémique et avec Jay Haley (du Mental Research Institute).
Il ressort de mon travail que chaque symptôme est suggéré par l’entourage proche et par la société. Aujourd’hui nous recevons beaucoup de messages au sujet du covid. Chaque symptôme peut être une fenêtre à travers laquelle nous pouvons voir un problème, une famille, la société. Comme thérapeutes plus nous en savons sur le caractère unique de la situation, plus nous pouvons comprendre cette situation et aider. Car chaque problème est unique.

Comment traiter l’anxiété ?
M.R. : il faut dire d’abord que l’anxiété « appartient » à une personne, le ressenti de l’anxiété est propre à chaque personne. Je pose la question suivante à mes étudiants : à quoi pensez-vous quand vous pensez à la couleur rouge ? S’ils posent plus tard la question à leurs clients, ils verront que les réponses sont très différentes selon les individus. Par exemple, une personne répondra que la couleur est celle d’une rose et se souviendra de l’odeur d’une rose, une autre pensera au sang et se rappellera la mort de l’animal qu’il aimait, etc. Pour l’anxiété, de la même manière, chacun fait une association particulière. Les questions que nous posons, nous permettent de mieux connaitre la signification du problème ou de l’état de transe chez la personne que nous essayons d’aider.
A propos des implications de ce que nous vivons aujourd’hui, le virus nous apprend des choses sur notre propre importance comme personne et comme membre de collectifs qui s’entraident. Ce qui arrive est une opportunité pour comprendre ce que veut dire « être humain » aujourd’hui. Nous nous souvenons que nous appartenons à quelque chose qui est plus grand que nous, cela nous aide nous-même, et nous aide aussi à aider nos clients.

Faut-il parler de peur ou d’anxiété dans le contexte de quarantaine ? 
M.R. : soit l’un soit l’autre, cela dépend du patient ou du client. Il y a un état général d’anxiété dans le monde, il y a de l’anxiété à un niveau global, chacun se pose des questions : quel risque je cours, est-ce que cela va s’aggraver…  Au niveau individuel, ou comme membre d’une famille, on ressent plutôt de la peur. Chacun cherche ce qu’il peut faire, ce qu’il doit faire, comment faire la meilleure chose. La peur est une émotion qui a des racines profondes et personnelles. En tant que professionnels, nous voulons être parfaits, toujours meilleurs, mais nous sommes aussi dans l’anxiété sociale et dans l’incertitude. Face à une personne, nous devons déterminer si elle ressent de la peur ou de l’anxiété. Il faut contextualiser l’émotion : parler de la peur d’une personne à un moment donné, dans une situation donnée.


Quelles sont les particularités de l'hypnose ericksonienne ?
M.R. : avant le travail d’Erickson, l’hypnose n’était pas un processus, il s’agissait d’interventions ponctuelles et ciblées (sur les addictions par exemple). Son apport a été d’activer l’esprit, l’inconscient des personnes et leurs potentialités, leurs compétences pour trouver des ressources et changer, mais pas seulement pour un changement ponctuel. Une de ces compétences est l’imagination, chez les enfants en particulier. A partir d’une peur chez un enfant, on recherche de quoi il a peur précisément, et on aide à trouver en eux quelque chose qui leur permet de se sentir en paix, heureux, ou aimé. Ils peuvent imaginer quelque chose qu’ils ont ou qu’ils n’ont pas, par exemple un petit chien. On peut suggérer qu’une personne « sécurisante » sera toujours à « l’intérieur d’eux-mêmes », qu’elle les aimera toujours. Il y a des personnes qui ont un seul souvenir heureux dans leur vie et ce souvenir est leur ressource. Donc on accompagne une personne à trouver en elle, un lieu qui l’aide à se sentir en sécurité, où elle peut se poser, respirer, pour un temps même court. Voilà pour l’hypnose ericksonnienne.

Quels outils d’auto-hypnose peut-on donner à nos patients pour les aider à réduire l’anxiété pendant la période de crise ?
M.R. : si on travaille avec une famille, la première chose à observer au cours du rendez-vous est le contenu des échanges entre les membres de cette famille, dans la pièce, en essayant de déterminer ce qui les rend anxieux : cela peut être des problèmes d’argent, des transferts : « tu me rappelles tante Margaret », etc.  Ensuite on peut faire une « induction contre-hypnotique », par exemple : fermer les yeux, respirer ensemble … On parle des peurs, on ne les cache pas, on propose d’aller dans un espace différent où on pourra contenir ces peurs une par une, on propose des messages qui viennent contenir et/ou contextualiser la peur (cette situation que vous vivez maintenant est différente…). Des articles sur mon site expliquent tout cela. Je recommande d’utiliser le temps personnel subjectif et non le temps de l’horloge.

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Intimité, couple et famille en temps de confinement - Dr. Robert Neuburger


Un extrait de la web-conférence:
" Intimité, couple et famille en temps de confinement"
avec le Dr. Robert Neuburger 

Le confinement a suscité l’augmentation importante des violences dans les familles. Dans cette situation nouvelle, on va trouver des difficultés mineures et parfois des violences des enfants entre eux, des ados contre les parents et de la violence dans les couples.
Dans les questionnements proposés, il est intéressant d’utiliser le concept de crise. C’est un changement important entrainant des modifications, de la créativité à la sortie de ce confinement en espérant qu’il soit le plus court possible.
Le Dr. Robert Neuburger a choisi de partir de l’angle de l’intimité. Ce qui manque le plus, c’est l’intimité et à tout niveau. Je parle de l’intimité dont on peut bénéficier en temps normal : un espace, le travail, le sport et les autres relations… 


Une définition d'intimité:

« L’intimité indique une clôture, une frontière à ne pas dépasser. Elle est réservée à soi-même ou à certains, qui font partie des proches. Les autres, les étrangers, en sont exclus, à moins d’y être conviés.

Notre société autorise trois territoires intimes : l’intimité personnelle, l’intimité du couple et l’intimité familiale. Elle assure leur protection : il existe un droit de vie privée et la loi sanctionne les effractions par la presse, par tout organisme social ou même par tout particulier, de la vie privée des individus, des couples et des familles, par exemple la divulgation de certains documents, photographies, secrets sans autorisation. La société considère que chacun a le droit de mener l’existence qui lui convient dans l’intimité de sa vie, de son couple et de sa famille pour autant qu’ils ne transgressent pas les lois communes. Nous pouvons définir l’intimité comme la privacy anglo-saxonne, espace qui est sous sa responsabilité, que nous gérons selon des principes qui nous appartiennent. Nous n’avons pas de compte à rendre, contrairement à d’autres groupes d’appartenances : il n’y a pas de règlement intérieur, pas d’assemblée générale, pas de rapport annuel, pas de tutelle, libre à nous ouvrir ou de fermer ces espaces selon notre volonté et à qui nous désirons. Ce sont aussi des zones franches qui bénéficient d’une certaine forme extraterritorialité juridique : le vol entre époux ou entre enfants et parents n’est pas punissable, de même que l’on ne peut imposer à un conjoint de témoigner contre l’autre. Dans ce sens, l’intime est le légalement caché.

L’intime existe également dans les groupes d’amis, dans les relations fraternelles ou autres, mais, à la différence des espaces « officiels », reconnus par le droit, ceux-ci ne bénéficient d’aucune reconnaissance, d’aucune légitimité…

Chaque territoire d’intimité - l’individu, le couple, la famille – comprend trois composants : l’espace physique, l’espace psychique et le domaine de la compétence, autrement dit, l’être, la pensée et l’agir. »  (Référence au Livre sur « Les territoires de l’intime : l’individu, le couple, la famille »)

L’intimité est un droit de disposer d’un territoire dont on est le gérant, c’est privé. Disposer d’un territoire d’intimité, c’est le sentiment d’exister, une consistance, le sentiment d’exister dans un couple, dans un groupe. Cette intimité, elle contient mais elle est, elle-même, complexe dans sa structure, avec des éléments physiques (corps, proxémie, temps), avec des éléments psychiques (rêves pensées, convictions, toutes ces choses privées) et un domaine de compétence (qui fait partie du domaine d’intimité) que nous n’aimons pas remettre en question. Cela exige un respect.

Intimité familiale :

C’est compliqué. La famille est devenue un monde d’une complexité importante. Avant, il y avait un chef de famille et tout le monde derrière. Maintenant, la notion de famille et d’intimité familiale n’est pas valorisée. Il y a une demande d’exister comme le couple distinct de la famille, un peu comme un kit démontable aujourd’hui. Il y a le groupe couple qui demande un territoire de l’intimité, une fratrie qui revendique son territoire et chaque être demande un territoire d’intimité personnel qui doit être respecté. Il y a tous ces territoires d’intimité qui revendiquent un espace.

Sans confinement, c’est déjà complexe alors avec le confinement la complexité augmente. Chacun de ses éléments comportent des éléments spécifiques. Et cela est très intéressant. Il est fabriqué. Chacun du couple abandonne de son intimité personnelle pour le donner au couple. L’organe sexuel appartient au couple, dans l’intimité du couple. Il y a aussi le corps, le vêtement…est ce que l’argent appartient au couple ou chacun le gère ? Beaucoup de questions sur ce qui se composera, dans le couple. Ce qui va donner un trop pour le couple ou un pas assez pour l’individu. On donne de son corps, de ses croyances, et jusqu’à partager des mythes idéologiques, des normes. Il y a là une mise en commun des compétences.

La fratrie va revendiquer la même chose, des jeux privés, un territoire, des éléments psychiques, les secrets, ce qui est partagé comme l’ordinateur, par exemple. Chacun va revendiquer un espace propre, un droit à avoir des idées, des croyances, savoir. Chacun a le droit de développer ses compétences sportives et religieuses.

La famille revendique un territoire, comme la maison, les normes portées dans la famille, la politique, les idéologies, compétences, apprentissages.

On va trouver en compétition 4 mondes d’éléments d’intimité qui demandent à exister.

Chacun de ses mondes va être délimité. Il y a des limites mais ce ne sont pas des frontières. C’est une membrane semi-perméable, avec des sorties et des entrées. Il y a une face interne qui tient à conserver des éléments et il y a un tri. De même, il y a des tris sur ce qui entrent et sort comme les croyances, les compétences, les secrets de famille. 

Pour que le territoire de l’intimité soit reconnu, il faut qu’il y ait un respect de certaines normes extérieures sinon le groupe va se faire « attaquer ». Lors de viols ou d’abus dans le groupe, il sera « attaqué » par la société ou la famille.

Il existe une complexité de la situation à partir du moment où il y a ce confinement, qui non seulement rassemble mais aussi interdit que d’autres rentrent sauf par les moyens modernes, comme les chats ou outils informatiques comme Zoom ou autres. Nous vivons un confinement qui est extraordinaire. On n’a jamais connu ça. C’est une période invraisemblable, totalement nouvelle. [...]

 

Notes C. Sinet Portelli

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Palo Alto et l'intelligence collective par Stéphane Sançois

Cette intervention a pour thème une mise en perspective de l'intelligence collective au sein des organisations et de notre modèle d'intervention systémique : quels sont les points communs, les points de divergence et qu'avons-nous à dire, nous, de notre vision de Palo Alto ?

Les enjeux d'intelligence collective pour les entreprises ont été définis dans les années 80, au sortir de la guerre froide, dans un monde devenu incertain, volatile, complexe et ambigu, autour des concepts d'agilité et d'adaptabilité.

 

Un autre constat fait au travers d'une étude Gallup est venu renforcer ce besoin d'intelligence collective. Il apparaît en effet que l'engagement des collaborateurs impacte directement la performance des entreprises avec des disparités constatées selon les pays ; ainsi, aux Etats-Unis 33% des salariés se disent engagés alors qu'en France ils ne sont que 10%.

Ce qui fait la différence, ce sont les pratiques managériales. Aux Etats-Unis, il y a moins de structures hiérarchisées (la notion de cadre n'existe pas). On est moins intrusif et plus holacratique.

C'est un sujet qui est aujourd'hui très largement compris et pris en compte au sein des organisations.

A titre d'illustration, les méthodes de "lean management", "scrum", "master ux", "design thinking" et "coach agile" sont des mots clés relevés aujourd'hui dans un très grand nombre d'offres d'emploi.

 

Quand on parle d'intelligence collective, on se réfère à trois notions : le "lean startup", le "scrum liberating structure" et le "desing thinking".

Le lean startup vient du lean manufacturing né chez Toyota. Dans les années 90, Toyota s'implantait à Valenciennes et, disait-on alors, n'arriverait pas à recruter les 2000 salariés dont ils avaient besoin. Aujourd'hui Toyota est le premier producteur mondial et le site de Valenciennes à la pointe de leur méthode manageriale qui repose sur le recherche d'une production "0 défaut". General electric poursuit le même objectif.

Lean strartup signifie "comment être mince et efficient" et recouvre des méthodes adaptées à des modèles complètement différents en taille, taux de croissance et technologies.

La boucle qui prévaut dans ces modèles c'est : produire, mesurer, apprendre. Je produis un prototype en visant une qualité minimale

Viable, je mesure et je tire les enseignements de l'utilisation qui est faite de ce produit. J'apprends de cela et je relance une boucle d'idéation pour re-produire et enrichir.

Aller tout de suite se confronter à l'usager en particulier les leaders d'opinion qui sont les clients les plus ouverts à leur produit, c'est la boucle de feedback lean startup.

Dans les méthodes agiles, le scrum a été proposé par un ex pilote de l'armée américaine revenu du Vietnam avec une conviction chevillée au corps : ce qui compte, c'est l'adaptation d'un plan à une réalité de terrain. Le scrum a été adopté par certains milieux scolaires, aux Pays Bas par exemple et se traduit par l'organisation suivante : les élèves reviennent sur ce qu'ils ont appris hier et décident ensemble de ce qu'ils veulent apprendre aujourd'hui. L'enseignant n'est qu'en support.

Scrum signifie la mêlée ; c'est un processus qui fait que par exemple sur une chaîne de production automobile, on n'attend pas que le produit soit terminé pour étudier le défaut. On arrête la chaîne, on se réunit et on ne redémarre pas tant que la cause du problème n'est pas identifiée et résolue.

On est dans un sprint pour produire des prototypes, les tester et itérer sur ces prototypes. On se confronte très vite au client pour entendre les feedbacks et réajuster. Il faut par conséquent une autonomie maximale de décision des équipes, de la réactivité et une bonne et rapide adaptation.

Cela fait penser à la thérapie brève, au coaching bref par rapport à d'autres pratiques.

Liberating structures : 33 protocoles d'intéractions de réunions sont en open source sur un site "liberationstructures.fr"; ce sont de petits modes d'emploi pour faire du design de réunion selon les besoins. On passe tout de suite à l'expérience et on réfléchit ensuite sur l'expérience". Cela peut nous faire penser aux expériences émotionnelles correctrices que nous connaissons bien.

Le design thinking c'est s'inspirer du mode de pensée des disgners pour l'instaurer dans tous les domaines. Un exemple : comment réinventer l'expérience visiteurs du Louvre ? Une approche dite en double diamant à été utilisée ; il s'agissait de remettre le client au centre avec une phase de recherche, le contexte, le besoin, les usages, une analyse brainstorm, un prototype, une modélisation et un test à retravailler de manière itérative et permanente. Les clients types étaient un touriste Chinois qui visite l'Europe en 2, une étudiante Erasmus intéressée mais pressée, un père de famille qui vient en famille découvrir le musée....

Quels sont les liens entre ces approches et notre modèle d'intervention ?

Similitudes : "j'écoute le client, je me mets à sa place, je parle son langage, il y a des itérations pragmatiques". Ces méthodes ont réintroduit de la logique circulaire et des boucles dans des processus très linéaires; il y a un objectif minimum viable, des approches 100% expériencielles (clients, employés, partenaires) pour accélérer le changement.

Différences : nous, nous analysons les boucles interactionnelles qui nous aident beaucoup à résoudre la complexité. On tâtonne moins. On sait ce qu'on cherche à faire ; c'est plus ciblé. La stratégie d'action et d'intervention n'est pas inscrite dans ces modèles ; nous, nous savons ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons, avec un cadre d'intervention clair.

 

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PALO ALTO et l'intelligence collective par Stéphane Sançois

Cette intervention a pour thème une mise en perspective de l'intelligence collective au sein des organisations et de notre modèle d'intervention systémique : quels sont les points communs, les points de divergence et qu'avons-nous à dire, nous, de notre vision de Palo Alto ?

Les enjeux d'intelligence collective pour les entreprises ont été définis dans les années 80, au sortir de la guerre froide, dans un monde devenu incertain, volatile, complexe et ambigu, autour des concepts d'agilité et d'adaptabilité.

 

Un autre constat fait au travers d'une étude Gallup est venu renforcer ce besoin d'intelligence collective. Il apparaît en effet que l'engagement des collaborateurs impacte directement la performance des entreprises avec des disparités constatées selon les pays ; ainsi, aux Etats-Unis 33% des salariés se disent engagés alors qu'en France ils ne sont que 10%.

Ce qui fait la différence, ce sont les pratiques managériales. Aux Etats-Unis, il y a moins de structures hiérarchisées (la notion de cadre n'existe pas). On est moins intrusif et plus holacratique.

C'est un sujet qui est aujourd'hui très largement compris et pris en compte au sein des organisations.

A titre d'illustration, les méthodes de "lean management", "scrum", "master ux", "design thinking" et "coach agile" sont des mots clés relevés aujourd'hui dans un très grand nombre d'offres d'emploi.

 

Quand on parle d'intelligence collective, on se réfère à trois notions : le "lean startup", le "scrum liberating structure" et le "desing thinking".

Le lean startup vient du lean manufacturing né chez Toyota. Dans les années 90, Toyota s'implantait à Valenciennes et, disait-on alors, n'arriverait pas à recruter les 2000 salariés dont ils avaient besoin. Aujourd'hui Toyota est le premier producteur mondial et le site de Valenciennes à la pointe de leur méthode manageriale qui repose sur le recherche d'une production "0 défaut". General electric poursuit le même objectif.

Lean strartup signifie "comment être mince et efficient" et recouvre des méthodes adaptées à des modèles complètement différents en taille, taux de croissance et technologies.

La boucle qui prévaut dans ces modèles c'est : produire, mesurer, apprendre. Je produis un prototype en visant une qualité minimale

Viable, je mesure et je tire les enseignements de l'utilisation qui est faite de ce produit. J'apprends de cela et je relance une boucle d'idéation pour re-produire et enrichir.

Aller tout de suite se confronter à l'usager en particulier les leaders d'opinion qui sont les clients les plus ouverts à leur produit, c'est la boucle de feedback lean startup.

Dans les méthodes agiles, le scrum a été proposé par un ex pilote de l'armée américaine revenu du Vietnam avec une conviction chevillée au corps : ce qui compte, c'est l'adaptation d'un plan à une réalité de terrain. Le scrum a été adopté par certains milieux scolaires, aux Pays Bas par exemple et se traduit par l'organisation suivante : les élèves reviennent sur ce qu'ils ont appris hier et décident ensemble de ce qu'ils veulent apprendre aujourd'hui. L'enseignant n'est qu'en support.

Scrum signifie la mêlée ; c'est un processus qui fait que par exemple sur une chaîne de production automobile, on n'attend pas que le produit soit terminé pour étudier le défaut. On arrête la chaîne, on se réunit et on ne redémarre pas tant que la cause du problème n'est pas identifiée et résolue.

On est dans un sprint pour produire des prototypes, les tester et itérer sur ces prototypes. On se confronte très vite au client pour entendre les feedbacks et réajuster. Il faut par conséquent une autonomie maximale de décision des équipes, de la réactivité et une bonne et rapide adaptation.

Cela fait penser à la thérapie brève, au coaching bref par rapport à d'autres pratiques.

Liberating structures : 33 protocoles d'intéractions de réunions sont en open source sur un site "liberationstructures.fr"; ce sont de petits modes d'emploi pour faire du design de réunion selon les besoins. On passe tout de suite à l'expérience et on réfléchit ensuite sur l'expérience". Cela peut nous faire penser aux expériences émotionnelles correctrices que nous connaissons bien.

Le design thinking c'est s'inspirer du mode de pensée des disgners pour l'instaurer dans tous les domaines. Un exemple : comment réinventer l'expérience visiteurs du Louvre ? Une approche dite en double diamant à été utilisée ; il s'agissait de remettre le client au centre avec une phase de recherche, le contexte, le besoin, les usages, une analyse brainstorm, un prototype, une modélisation et un test à retravailler de manière itérative et permanente. Les clients types étaient un touriste Chinois qui visite l'Europe en 2, une étudiante Erasmus intéressée mais pressée, un père de famille qui vient en famille découvrir le musée....

Quels sont les liens entre ces approches et notre modèle d'intervention ?

Similitudes : "j'écoute le client, je me mets à sa place, je parle son langage, il y a des itérations pragmatiques". Ces méthodes ont réintroduit de la logique circulaire et des boucles dans des processus très linéaires; il y a un objectif minimum viable, des approches 100% expériencielles (clients, employés, partenaires) pour accélérer le changement.

Différences : nous, nous analysons les boucles interactionnelles qui nous aident beaucoup à résoudre la complexité. On tâtonne moins. On sait ce qu'on cherche à faire ; c'est plus ciblé. La stratégie d'action et d'intervention n'est pas inscrite dans ces modèles ; nous, nous savons ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons, avec un cadre d'intervention clair.

 

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