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GÉNÉRALITÉS sur l'addiction au travail par Olivier Brosseau

On voit que l’addiction au travail est une addiction vraiment à l’action qui consiste toujours à en faire plus et qui donne à celui qui en est l’objet ou l’acteur un sentiment de toute puissance. L’activité, les incitations managériales, la pression sur les résultats, on peut même aller jusqu’à dire la culture globale, économique, exploitent volontiers cette compétence et exacerbent cette tendance personnelle quand elle se met en action.  

 

La principale tentative de solution dite fonctionnelle à une difficulté personnelle, est un moyen de contrôler, ou un moyen d’éviter une réaction émotionnelle, ou relationnelle désagréable. Mais ce sont des moyens qui fonctionnent excellemment bien. Et donc il y a assez peu de raisons de les abandonner en chemin puisqu’on est plutôt récompensé au début en tout cas de cette bonne performance.

On a vu sous différents angles que la tentative de solution principale est derrière les sensations de base qui sont peut être liées à une peur : peur de ne pas être à la hauteur, peur de décevoir. Et à ce moment on se rend compte qu’en travaillant beaucoup on neutralise cette peur. Ou ça peut être aussi, sans être une peur au départ, le plaisir de la découverte d’être performant, d’être héroïque et qu’on a envie toujours d’exploiter cette sensation.

Un petit rappel qui permettra de faire un focus sur ce qui se passe au niveau de l’entourage. L’entourage est souvent tiraillé par le constat des conséquences dommageables pour la santé : de voir quelqu’un qui est entrainé vers une courbe infernale sur en faire trop. Et puis dans le contexte d’un travail les bénéfices secondaires, notamment l’entreprise peut trouver que quelqu’un qui travaille beaucoup c’est aussi un avantage pour elle.

Mais il se trouve que l’entourage est vraiment démuni face un comportement de workaholic s’il perdure.

Les différentes tentatives de solutions que l’entourage professionnel peut avoir, peuvent être dans une première étape, d’ignorer le problème tout simplement, ne pas tenir compte des premiers signes inquiétants, éviter d’en parler, éviter une réaction négative, ne pas casser trop la machine qui a l’air de bien marcher. Après tout, la personne fait ce qu’elle veut ça ne nous regarde pas.

On peut prendre sur soi si le comportement de cette personne commence vraiment à être énervant et gênant. Mais on va prendre sur soi, ne rien dire à la personne concernée. Mais ça n’empêche pas que l’entourage peut s’en plaindre, en parler dans son dos et cela devient une problématique socialisée.  Mais quand on commence vraiment à traiter le sujet, l’entourage  va plutôt commencer par faire entendre raison, il va essayer de convaincre la personne d’en faire moins avec un message intuitif derrière « tu ne penses pas comme il faut ».

En poussant cette logique on va vouloir le protéger malgré lui/elle. On peut même aller jusqu’à le contraindre à vraiment en faire moins. En l’obligeant à rentrer plutôt le soir, à faire un arrêt de travail car on considère qu’il est trop fatigué. Et cette espèce de contrainte, comme ce sont des obstacles et on commence à refreiner le plaisir, ça a un effet généralement de redoubler la tentation de transgresser  cette contrainte. Avec le message implicite derrière cette contrainte qui “tu es incapable de trouver une limite toi même heureusement que je suis là pour le faire“

La personne qui est prise dans ce mouvement, chaque succès de son excès d’action vient alimenter une croyance qui sera très forte et acceptable car elle trouve queJe fais ce qu’il faut faire”. Et ce qu’elle va vivre en terme de sensation c’est qu’elle fait ce qu’il faut faire. Elle va recevoir le message de toute part qui va lui dire “fais en moins “ donc elle aura du mal à intégrer ce message.  

 
 

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