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Prévenir le burn-out. Etude de cas par Olivier BROSSEAU

Le cas que nous vous présentons aujourd’hui est celui de Delphine, qui a 35 ans, assistante marketing et qui revenu au travail après 6 mois d’absence suite à une très longue maladie.
Alors elle revient à un nouveau poste, qu’elle a souhaité avec moins de stress, moins de responsabilité.
Et depuis quelques semaines, ses collègues ont constaté qu’elle s’isole et qu’elle n’a pas l’air d’aller très bien.
Donc le médecin du travail, qui est attentif à Delphine depuis son retour de maladie alerte la DRH d’un risque de burn-out la concernant .
Le médecin du travail, la DRH et son supérieur hiérarchique demandent à Delphine de prendre les choses moins à coeur, de prendre du recul et la DRH, notamment, lui propose de contacter LACT.
Et à chaque fois Delphine les rassure que tout va bien de manière plutôt lapidaire.
Alors moins de trois mois après sa reprise, Delphine voit un médecin traitant qui l’arrête pour un mois et lui conseil d’aller consulter, parce qu’elle va vraiment pas bien .
Et c’est à ce moment là qu’elle décide de prendre rendez-vous avec LACT comme lui avait suggéré la DRH.


Alors, en fait Delphine constate que sa nouvelle activité ne se passe pas aussi bien qu’espéré. En fait elle peine à faire un travail qui était pourtant plus simple que le précédent, elle découvre qu’elle peut faire des erreurs, qu’elle a besoin d’aide et elle déplore qu’on continue encore de la voir encore comme la personne malade qu’elle a été.
Alors elle finit par avoir peur de son état de stress: peur de ne pas parvenir à s’en sortir, peur de retomber malade et surtout au pire pour elle: peur de perdre son travail.
La principale tentative de solution que Delphine met en oeuvre dans cette situation c’est un évitement relationnel: elle va éviter de demander de l’aide à ses collègues ou à son supérieur hiérarchique, par peur de les déranger ou de se montrer trop bête à leurs yeux et d’une manière général elle va éviter toutes les questions embarrassantes et intrusives .
Donc, Delphine s’isole progressivement .
Au delà de l’évitement relationnel Delphine met en oeuvre une autre tentative de solution, à savoir: le contrôle mental. Elle se met la pression pour parvenir à faire tout toute seule.
Donc elle va sur-investir son travail et au moindre doute, elle vérifie tout plusieurs fois pour être sûr d’éviter les erreurs. Elle va travailler de plus en plus tard, elle va oublier de manger, elle dort très peu, toute absorbée par ses pensées sur son travail .
Donc parallèlement à ses évitements et au contrôle mental, Delphine a une certitude, une croyance d’avoir une faille et que les autres ont des attentes très fortes auxquelles elle doit répondre malgré tout. De telle sorte qu’elle se dit “ au travail, il faut que je joue serré” en fait.
Et c’est une certitude qui va se rigidifier avec le temps parce qu’à chaque fois qu’elle va essayer de prouver sa valeur, elle va interpréter aussi les réactions de son entourage comme une nouvelle preuve de son manque de valeur .
Alors ces trois types de tentatives de solutions, qui forme finalement un système de protection face l’angoisse, Delphine, les trois tentatives s’alimentent, mutuellement, et le pousse à toujours plus d’action .
Alors du point de vue de l’entourage à présent, on voit que Delphine est perçu désormais comme une personne fragile. En fait, après avoir été touché par la maladie, tout le monde constate finalement qu’elle peine dans sa nouvelle activité.
Et cette fragilité elle est perçu comme menaçante, son attitude et son comportement soit inquiète, soit agace. Selon la position et la nature des interactions que peuvent avoir ses collègues, son supérieur hiérarchique, le médecin du travail et la DRH.
Alors comment réagit l’entourage? En fait l’entourage, comme on l’a vu dans tout ce qui a été introduit et expliqué par Theresa tout à l’heure, l’entourage s’inquiète, demande à Delphine de se ménager “fais en moins”.
Et, plus que spécifiquement son manager va tenter de la rassurer, va tenter de prendre en charge une partie de son travail, va répartir le reste aux autres membres de l’équipe .
Autrement dit l’entourage la protège, d’une certaine façon, voir la sur-protège et Delphine, elle, va redoubler d’effort. Pensant que c’est la confirmation qu’elle n’en fait pas encore assez .
Donc du côté de son entourage, ses collègues vont finir par se plaindre de la voir s’isoler et la sollicitent de moins en moins, pour aller prendre un café, pour aller à la cantine ou même pour des échanges concernant le travail.
Et d’une certaine façon finalement, cette stratégie de protection qu’au départ Delphine a mis en place contribu, malgré elle, au désengagement des interactions professionnelles .
L’entourage est tenté d’éviter, dans un premier temps, puis d’abandonner peu à peu la relation avec Delphine.
Donc à l’évitement relationnel de l’une répond à l’évitement relationnel d’une autre en fait.
Donc, c’est un piège épuisant dans lequel se retrouve Delphine, le piège d’une protection qui se révèle disfonctionnelle mais qui s’alimente de toutes les interaction avec son entourage .
Et ainsi tout ce que Delphine mit en oeuvre visent à neutraliser l’angoisse d’être jugé par les autres .
Et c’est ce trouble anxieux, qui est très important dans son cas, qui sera traité au cours de l’intervention qui lui a été proposé.
Alors sur le dispositif de l’intervention, l’intervention a eu lieu dans le cadre du dispositif de LACT assistance, donc qu’à parler Grégoire toutes à l’heure, que la DRH a contracté en fait avec LACT .
Et ce dispositif permet à des collaborateurs en difficultés, sur la suggestion de la DRH elle même mais aussi du médecin du travail ou des élus si c’est la volonté concerté et négocié de l’entreprise, de leur permettre de bénéficier d’une intervention individuelle de résolution de problème .
Et dans le cas de Delphine et dans ce cadre là, il y a eu 6 sections d’interventions .
Alors le diagnostique de la situation de Delphine identifie un évitement relationnel, comme j’ai pu le dire tout à l’heure, avec un vrai risque d’épuisement comme l’avait repéré assez justement le médecin du travail.
Donc totalement démunis contre le jugement des autres et la tentative de solution principales de Delphine, c’est celle qui finit par se mettre en danger .
C’est vraiment parce qu’elle évite les autres que ça devient dangereux pour sa santé mentale et physique.
Donc l’objectif de l’intervention va être de restaurer sa relation avec son entourage et de permettre de développer une collaboration plus écologique et plus saine, de son point de vue et du point de vue de tous les acteurs .
Alors parmis les différents mouvements stratégiques qui ont été mis en oeuvre au cours de cette intervention, on va mettre en lumière les principales et la première d’entres elles ça va être de normaliser la situation de Delphine, c’est à dire de normaliser l’état d’épuisement dans lequel elle se retrouve .
Comme le fruit de sa dynamique coûteuse de régulation de son angoisse et puis la nécessité du coup de se reposer, comme l’hiver oblige à la nature à se reposer,à se mettre en repos.
“Plus l’hiver est vigoureux et plus la nature possède une vitalité à toutes épreuve au printemps et en été .”
Donc, dans un deuxième temps il s’agit aussi de recadrer positivement la sensibilité aux autres qu’à Delphine et de l’amener à envisager un retour au travail pour qu’elle puisse faire une expérience différente en étant mieux armée.
Et, ensuite l’enjeu était de l’aider à s’immuniser contre les signaux de rejet et de jugement, notamment à travers des prescriptions spécifiques, qui convergeaient vers le même but.
La principales était de prendre des petits risques relationnelles sur des sujets peu importants pour elle, pour s’habituer peu à peu à des réactions négatives en fait, qu’elle redoutait avant tout .
Et puis d’anticiper le matin tout ce qui va être difficile pour elle, de se confronter à ce qu’elle craint le plus, afin de dédramatiser et de se l’approprier petit à petit .
Et ces prescription visent à amener à Delphine à faire des expériences émotionnelles, visant à modifier sa perception et ses croyances en se confrontant, petit à petit, et en apprivoisant les situations qu’elle avait appris jusqu’à lors à éviter .
Donc sur les effets obtenus, à la sixième séance Delphine dit avoir retrouvé confiance en elle, elle va dire qu’elle est plus à l’aise dans son travail, qu’elle noue plus de relations, elle ose dire plus ce qu’elle pense, elle n’appréhende plus la reprise du travail notamment en fin du week-end comme c’était le cas, comme c’était le cas qu’elle avait évoqué, et elle sait beaucoup mieux géré les situations de désaccord .
Et de leur côté, ceux de l’entourage ne s’inquiète plus, le DRH et le médecin de travail se sentent moins obligé de dramatiser la situation et d’être en hyper intervention sur sa situation, et le manager lui confie plus de responsabilité .

Mots-clés: Burn-out

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