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Le prisonnier du travail par Christian Moretto

Le workaholisme correspond à un investissement excessif d’un sujet dans son travail et à une négligence de sa vie extraprofessionnelle. On voit qu’il y a une rupture dans l’équilibre de la personne. Elle va négliger une partie de sa vie, la relation aux autres, la relation à sa vie personnelle.

 

Les conséquences peuvent être :

  • Une mauvaise intégration dans l’équipe de travail puisque ces gens là comme ils donnent tout, ils vont être très exigeants avec les autres.  Ce qui va créer des tensions dans les équipes
  • Emergence de conflits professionnels
  • Développement de troubles de l’angoisse c’est à dire qu’il existe peut être une peur derrière le fait de trop travailler. Le fait de travailler tout le temps amène à percevoir que le travail fourni n’est jamais assez. Ce qui amènera de l’angoisse car la personne sent qu’elle en danger .
  • Développement de stress qui est lié à l’impossibilité d’évacuer les tensions. On aura un stress accumulatif par la répétition d’activité du travail en permanence.
  • Un risque d’évolution vers un syndrome d’épuisement professionnel : le burn-out
  • Emergence de conflits familiaux ce qui conduit à la rupture de l’équilibre précaire de la personne et donc encore plus, peut être, de retranchement dans le travail.

Et la personne rentre dans une boucle :

"le travail me donne du plaisir et donc le seul plaisir que j'ai c’est le travail."

Plus elle continue moins elle aura du plaisir ailleurs, et moins elle a du plaisir ailleurs et plus elle continuera dans la seule chose qu’elle connaisse à savoir le travail.  Le but est donc de casser cette boucle.

Une enquête effectuée sur 50 salariés de la région parisienne montre que 54% d’entre eux présentent un risque moyen ou élevé de workaholisme. Le profil type étant une femme de 38 ans vivant en couple avec enfant(s).

La perception qu’ont ces personnes là c’est que le travail est juste et noble, il donne à l’homme gratification, satisfaction, du sens et de la reconnaissance. La réaction est alors une auto-illusion qui fait du travail la seule source possible de plaisir. Ce qui conduit la personne à utiliser le travail comme une excuse pour affamer d’autres aspects de sa vie.

“Le travail donne du sens à ma vie, j’y ai mon seul plaisir, et je vais donner plus de reliefs à mon travail.“ 

Nous devenons prisonniers et dépendants du travail et du système : le travail comme seul plaisir comme seul facteur de sens ! Le système et le travail mangent notre vie ; cela devient comme une dépendance à l’alcool.

Un petit recadrage que pourrait faire un responsable de ressources humaines ou un intervenant par rapport à une personne dans une relation de dépendance au travail, c’est de mettre en opposition au niveau du travail, la quantité et la qualité. Evidemment au niveau de l’économie on sait que plus on augmente la quantité, plus on diminue la qualité. Le but est de créer un doute dans la tête de la personne.

"Il semble clair, en effet, que l’énorme quantité de temps que votre travail consomme ne correspond pas à une qualité équivalente. Votre comportement contredit l’une des lois les plus fondamentales de l’économie : plus la quantité d’un produit augmente plus sa valeur intrinsèque diminue !" En d’autres termes, votre mode de vie est l’expression du sacrifice de ressources, de temps et d’énergie en faveur d’une quantité incontrôlée.

En faisant cela, l’intervenant crée un doute dans la tête de la personne : si elle travaille autant c’est parce que la qualité de son travail n’est pas très bonne. Et donc ce qu’il faut faire maintenant c’est travailler mieux, et travailler mieux c’est travailler moins ; parce qu'en travaillant moins elle augmentera la qualité de son travail. Cette technique marche bien avec les cadres, les personnes qui font des activités à forte valeur ajoutée.

Comment augmenter la qualité du travail ?

C’est quelque chose qui est fait avec les dépendances aux produits. Avec les alcooliques, par exemple, Cristian MORETTO leur demande de se focaliser sur la qualité du produit, d’éviter la quantité. Si le patient aime le wiski il faudra qu’il achète alors le wiski le plus cher.

Faire autre chose pour faire la même chose

  • "On peut toujours être fatigué d’une chose, mais on peut faire autre chose" Prince Bezhad Behnam
  • "La rigueur seule, c’est la mort par paralysie ; l’imagination seule c’est la pure folie" Gregory Bateson
  • "Combien de personnes regrettent sur leur lit de mort de ne pas avoir passé plus de temps au travail ?" Stephen Covey
  • "Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables" Alphonse Allais

Se libérer de notre addiction : pour se libérer d’un plaisir compulsif nous devons ajouter d’autres plaisirs…

Tout en restant loyal à notre plaisir, chercher tous les jours de nouveaux plaisirs et introduire quelque chose de petit mais qui puisse satisfaire nos sens.  Exemple: musique, lecture, danse, sport, shopping, rencontre d’amis, musée, etc.

« Le plaisir est à l’âme ce que le repos est au corps »Saint Thomas d’Aquin

Qu’est ce qu’on peut faire quand on est responsable Ressources Humaines par rapport à un Workaholic ? 

Ce que peut faire un intervenant c’est opposer la quantité à la qualité du travail comme évoqué précédemment. Mais il peut aussi utiliser le travail contre le travail c’est à dire, dire à la personne que son travail consiste maintenant à trouver des plaisirs. L’intervenant pourrait lui demander  de faire la liste de toutes les activités qui lui ont donné du plaisir dans sa vie. Puis lui fera explorer mentalement ces activités (s’occuper des enfants, aller au football, faire des balades etc.) qu’elle a abandonné. Puis l’intervenant doit introduire tous les jours un petit plaisir, pourque la personne puisse se rouvrir progressivement vers les plaisirs de la vie quotidienne. Evidemment on ne peut pas demander à la personne de tout changer mais il est important de la faire se rouvrir progressivement au chemin du plaisir varié, du plaisir saint.

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