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" Savoir dire NON : étude de cas " par Olivier Brosseau

Cédric est un journaliste de 48 ans, autodidacte, consciencieux et fiable. Il aime profondément  son métier et le vit comme un aboutissement. Il travaille en binôme avec Julia, jeune femme motivée, ambitieuse et très centrée sur sa carrière.

Cedric trouve progressivement que ses conditions de travail deviennent difficiles et déplore que les valeurs de ce métier se perdent, sont de moins en moins respectées, non seulement par Julia mais de façon plus globale, en voyant la manière dont il est en train d'évoluer.  

Il souffre d'anxiété, de troubles du sommeil, d'angoisse. Sa femme s'inquiète pour sa santé et cette situation a des conséquences directes sur les relations du couple qui se tendent.

Au travail, Cédric se montre plutôt conciliant mais laisse transparaître des sautes d'humeur, fait des réflexions acides à Julia comme s'il cherchait à "lui faire payer" ce qui le met mal à l'aise.  C'est comme s'il disait oui à la relation mais pas jusqu'au bout.

Un jour, Julia se plaint à sa hiérarchie du comportement désagréable de Cédric vis à vis d'elle.

Cédric demande alors une mobilité mais vers un métier qu'il ne sait pas préciser. La DRH est surprise par cette demande, ne sait pas comment y répondre et lui conseille de prendre contact avec LACT.

Diagnostic et identification des tentatives de solutions de Cédric

Cédric redoute un rejet négatif vis-à-vis de lui au point qu'il va anticiper les sollicitations des autres, qu'elles soient explicites ou implicites. Il va dire oui à tout, ce qui est une forme d'évitement. Car éviter de dire non, c'est sauver la relation au détriment de son propre intérêt.

Il va prendre sur lui dans le contexte professionnel, faire des compromis, tel Atlas, sur un mode sacrificiel. Julia fait des erreurs  ! Pas grave, il va les réparer. Il va accepter des missions sans les discuter ou partager les difficultés potentielles. Il va être dans une sorte de devoir et comme Atlas, il attend désespérément qu'on vienne le remplacer. Il se plaint de son propre sort car le climat devient de plus en plus lourd.

Il va "mouliner", essayer de se rassurer  ; il va se parler à lui-même en se disant que ça va s'arranger. Il tente même de trouver des excuses à Julia. Mais il rumine.

L'interaction s'est rigidifiée sous tension ; chacun se plaint à sa manière, l'un du manque de reconnaissance et de l'état du métier, l'autre de relations désagréables et coûteuses dans le travail. Émerge alors la croyance chez Cédric que les personnes sont ingrates et décevantes. Il tourne en boucle ; il se dit que plus il fait d'efforts, plus il crée de l'ingratitude en face. Il en arrive à une atteinte de l'estime de soi ; fragilisé, il est venu vers Lact car il avait des idées noires, allant jusqu'au raptus.

Pour résumer, le piège dans lequel se trouve Cédric, c'est qu'en tant qu'autodidacte, il est en quête de validation de sa valeur. " Je dis oui à tout pour faire reconnaitre ma valeur" . Dans la réalité, la croyance qu'il développe "je ne suis pas reconnu pour ce que je vaux" crée de l'angoisse chez lui. Il va continuer à s'adapter, à prendre sur lui jusqu'à épuisement. Il est prêt à abandonner un métier qu'il adore et s'agace car tout ce qu'il fait ne sert à rien

Pour lui la solution radicale est d'abandonner ce métier qu'il adore.

Dans le cadre du contrat de Lact Assistance signée avec l'entreprise dont Cédric est salarié, la DRH, les élus, le médecin du travail peuvent prendre rendez-vous avec le Cabinet. Dans le cas que nous évoquons ensemble, après un premier entretien de diagnostic , nous avons conduit 4 sessions de coaching, essentiellement de recadrage.

Notre stratégie d'intervention

Il s'agit, nous venons de le dire, de recadrer Cédric.

  • Il a du mal à affonter les réactions négatives, à poser des limites ; nous avons travaillé là-dessus.
  • Concernant son désir de mobilité, nous lui avons fait percevoir que "la meilleure solution de partir, c'est de rester". Et mal partir, ce n'est pas satisfaisant.
  • Nous avons mis en exergue les limites du mode sacrificiel à travers l'image d'Atlas ; quand on donne un mauvais oui, on paye tôt ou tard l'addition. Car donner un mauvais oui, c'est entrer dans quelque chose qui dégrade la relation. Si on en est capable, on se sacrifie et on se taît. 
  • Cédric a peur de la confrontation ; nous l'avons entraîné à se désensibiliser face aux désaccords et à apprendre à dire non. Tout l'enjeu étant de le défaire de la peur des confrontations.

Quand on est sur le point de s'engager, mieux vaut réfléchir 5 minutes avant de dire oui pour prendre le temps de l'évaluation.

Ce que Cédric a dit à la fin de notre intervention

  • Je ne suis plus dans l'urgence dune mobilité mais je suis prêt à y réfléchir,
  •  j'ai retrouvé de la liberté d'action vis-à-vis des autres,
  • j'ai cessé de me sacrifier et je me sens plus respecté ; j'aspire à autre chose.

 

Mots-clés: dire non

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