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Approche systémique et hypnose

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Pourquoi l’approche systémique et stratégique est-elle pertinente dans une intervention en milieu scolaire ?

Le témoignage d’une professeure des écoles formée à l'approche systémique stratégique

Nathalie Chollet

Nathalie Chollet a travaillé une vingtaine d’années au sein de l’Éducation Nationale comme professeur des écoles, en primaire et en maternelle. Elle est aujourd’hui thérapeute systémicienne. 

 « Certains considèrent peut-être qu’ils ne sont pas des éducateurs mais des pourvoyeurs de savoirs, d’autres qu’ils ne sont pas des psychothérapeutes. Il n’est besoin ni de l’un, ni de l’autre, pour aider les élèves en difficulté. C’est dans les processus interactionnels que nous pouvons trouver des réponses. »

    Michel Vidal et Teresa Garcia-Rivera, Palo Alto à l’école (2013, p. 181) 

Les difficultés scolaires, au travers des troubles de l’apprentissage ou/et du comportement, sont aujourd’hui au centre de nombreuses préoccupations et de réflexions publiques car elles constituent un véritable défi à surmonter, tant par les élèves que par les parents et les enseignants. Dans mes fonctions, je me suis souvent sentie responsable du bien-être de mes élèves et de celui des parents vis-à-vis de l’école. Les années passant, j’ai progressivement eu le sentiment que mes élèves en difficultés requièrent souvent plus qu’une aide pédagogique. Cependant, mon rôle d’enseignante ne me permettait pas d’apporter le soutien psychologique adapté à ces élèves. Je persistais, mais plus je persistais à essayer de faire ce que j’avais l’habitude de faire et plus je me sentais démunie face à leurs difficultés. Je me suis questionnée : apporter un soutien psychologique à mes élèves était-il vraiment mon rôle ? Avais-je les outils nécessaires pour le faire ? Après avoir mis fin à mes fonctions d’enseignante et avoir complété la formation de Clinicienne de la Relation à LACT, je sais désormais répondre en quoi la thérapie indirecte, dans une approche systémique et stratégique, peut aider les élèves en difficultés scolaires et cela dès la maternelle.

l’approche systémique et stratégique en milieu scolaire

L’approche systémique et stratégique

L’idée fondamentale d’une approche systémique est bien de considérer que ce n’est pas la personne qui fait problème mais bien un système interactionnel qui est dysfonctionnel et qu’il faut essayer de comprendre. La thérapie stratégique brève offre une perspective constructiviste en considérant les problèmes comme des systèmes dysfonctionnels de perception de la réalité et donc de réaction. L’idée n’est donc plus de chercher un « pourquoi » mais un « comment » ; nous ne cherchons plus les causes mais bien les solutions. 

L’approche stratégique se fonde sur l’idée que la solution tentée pour résoudre le problème devient le problème. Malgré les meilleures intentions, nous avons tendance à répéter toujours plus de la même chose pour se sortir d’un cercle vicieux problématique. Plus nous répétons ces tentatives de solutions et plus nous maintenons, voire nous aggravons, le  problème. Comme nous le rappelle Claude de Scorraille, Olivier Brosseau et Grégoire Vitry dans Quand le travail fait mal (2017, p. 68), le concept de tentative de solution est clé dans l’approche : « Les tentatives de solutions représentent à la base les ressources d’une personne. C’est l’inadéquation de ces ressources « habituelles » à certaines difficultés qui crée une incapacité et fait apparaître un problème. Elles représentent alors les capacités opératoires qui participent au maintien du problème. » Le thérapeute intervient en bloquant les tentatives de solutions redondantes afin de permettre au patient d’envisager le problème selon une nouvelle logique le sortant ainsi du cercle vicieux dans lequel il s’est enfermé. La stratégie utilisée va permettre d’appréhender le problème sous un angle différent et d’amener le patient, par des recadrages, des observations, des actions à mener, de vivre une expérience émotionnelle correctrice lui permettant ainsi de cheminer vers son objectif, vers la résolution du problème.

Pourquoi l’approche systémique et stratégique est-elle pertinente dans une intervention en milieu scolaire ?

Une intervention centrée sur le présent

L’intervention va aborder la situation problématique dans ses caractéristiques actuelles laissant ainsi de côté les événements liés au passé.

Une intervention orientée sur la recherche de solution

L’intervention privilégie avant tout le changement avec un objectif SMART (expliqué ci-dessous) coconstruit avec le patient.

Une intervention non-normative et non-pathologisante

En se focalisant sur les processus interactionnels, l’intervention se focalise sur le comment et non sur le pourquoi, évitant ainsi la recherche d’un « coupable » et permettant de cheminer vers une solution adéquate pour chaque point de vue.

Une intervention interactionnelle

En se concentrant sur la manière dont la personne est en interaction avec son milieu et comment elle y réagit, l’intervention permet de définir le problème dans une logique interactionnelle.

Une intervention stratégique

Dans le but d’apaiser la souffrance due au problème, l’intervention s’attache à identifier les tentatives de solutions redondantes afin de les arrêter.

Une intervention respectueuse de l’écosystème

L’approche identifie et respecte les effets secondaires du changement de chacun impliqué dans le processus interactionnel.

Le processus de résolution de problèmes

Le processus de résolution de problèmes

Les étapes du processus de résolution de problèmes sont explicitées dans l’ouvrage Vaincre sans combattre comme telles :

Une définition claire du problème ici et maintenant

 Dans ce cadre, voici les questions permettant de guider le thérapeute vers une définition du problème :

  • En quoi consiste le problème 
  • Qui est concerné ?
  • Quand a-t-il lieu ?
  • Comment fonctionne-t-il ?

L’identification des tentatives de solutions inopérantes

Comme il existe une causalité circulaire entre nos tentatives pour résoudre le problème et la résolution du problème, le thérapeute va donc aider le patient à identifier ses tentatives de solutions et les stopper. En répondant à la question « comment faire pour aggraver le problème ? », le patient s’interroge sur son comportement dysfonctionnel. A l’inverse, l’identification d’exceptions guide le patient vers une démarche orientée solution en lui permettant de repérer des comportements fonctionnels. Si le patient n’identifie aucune exception, dans ce cas, le thérapeute travaillera à créer l’exception avec la technique du comme si « Que feriez-vous de différent si votre situation était différente ? » puis faire « comme si ».

Une définition claire de l’objectif à atteindre

Il est indispensable de coconstruire avec le patient un objectif SMART

  • Spécifique : l’objectif est personnalisé
  • Mesurable : l’objectif doit être quantifié ou qualifié
  • Acceptable : l’objectif doit être partagé par tous (attention aux effets secondaires qui pourraient provoquer de la résistance)
  • Réaliste : l’objectif doit être atteignable
  • Temporellement défini : l’objectif doit être délimité dans le temps.

La formulation et la mise en œuvre étape par étape d’un plan vers le changement

Ce plan d’action est rigoureux mais souple afin d’autoriser des modifications et des corrections. Le rôle du thérapeute systémique et stratégique est donc d’étudier le problème dans « l’ici et maintenant » pour avoir une connaissance opérationnelle du fonctionnement du problème. Tout en coconstruisant un objectif SMART avec le patient, le thérapeute mettra en œuvre un plan d’action. Il devra néanmoins rester vigilant à la résistance au changement de la part du patient. L’avantage de se concentrer sur le « comment fonctionne le problème » rend l’approche non-culpabilisante permettant ainsi de lever quelques résistances. Le thérapeute pourra ainsi introduire un changement de regard, se concentrer sur l’arrêt des tentatives de solutions redondantes et ainsi mettre en place de nouvelles stratégies interactionnelles dans le système jusqu’alors dysfonctionnel.

Comme nous le rappelle Chiara Curonici et Patricia McCulloch dans leur ouvrage Psychologues et enseignants - Regards systémiques sur les difficultés scolaires (2007), si l’enseignant dit qu’il y a un problème à l’école, c’est qu’il y a un problème à l’école : un dysfonctionnement interactionnel se passe dans le système école-élève. Il est donc essentiel de comprendre en premier ce qui se passe ici et maintenant dans ce système, et non ce qui se passe ailleurs, notamment à la maison, ni ce qui se passait avant. Et s’il y a un problème à l’école, il y a une solution à l’école.

La formulation et la mise en œuvre étape par étape

Les difficultés en milieu scolaire

Dans le contexte scolaire, les problèmes les plus fréquemment rencontrés par les élèves sont :

  • la baisse de performance,
  • les troubles de comportement,
  • l’hyperactivité,
  • le non-respect des règles,
  • la timidité,
  • l'isolement,
  • l’anxiété, le stress.

De manière générale et indépendamment de la nature du problème, une alarme va d’abord se déclencher du côté de l’enseignant qui va essayer de résoudre le problème, puis, dans un deuxième temps, appeler les parents. Cependant, comme nous l’avons mentionné ci-dessus, l’enseignant et les parents vont mettre en place des tentatives de solution pour résoudre le problème. Si ces dernières deviennent redondantes et inefficaces elles risquent de maintenir, voire même, d’augmenter le problème.

Les tentatives de solutions les plus fréquentes mises en œuvre dans ces circonstances sont : raisonner, expliquer, récompenser, punir, aller chercher les causes et tous les comportements intermittents, c'est-à-dire une alternance d'une tentative de solution et de l'autre. La tentative de solution peut parfois être d’amener l'enfant chez un psychologue pour changer son comportement et le corriger ; cette stratégie risque d'étiqueter l’enfant dans son trouble et devenir ainsi pathologisante. Il est important de repérer les tentatives de solution défaillantes, de les interrompre et d’appliquer des stratégies spécifiques par rapport au problème qui se présente.

Dans la boucle de rétroaction, les problèmes des élèves listés ci-dessus, vont bien-sûr avoir un impact sur l’enseignant. Comme Chiara Curonici et Patricia McCulloch expliquent dans leur article « L’approche systémique en milieu scolaire : réflexions 20 après », l’enseignant peut faire face à une des deux catégories de difficultés : la complémentarité dysfonctionnelle (aussi appelé le paradoxe de l’aide) et la lutte symétrique. Chaque scénario se caractérise par la répétition d’interactions dysfonctionnelles entre l’enseignant et un ou plusieurs élèves, entre les élèves ou entre l’enseignant et les parents. Ce système, enseignant-élève ou enseignant- parents, se retrouve dans une boucle d’interactions dysfonctionnelles qui devient un véritable cercle vicieux interactionnel. Il est « utile de chercher et de mettre en évidence ces interactions redondantes qui participent à la persistance voire à l’amplification d’un problème en classe, car les enseignants y sont très sensibles. Le fait d’identifier le « toujours plus de la même chose » constitue souvent un recadrage qui change complètement la manière qu’a l’enseignant de comprendre ou de sentir la situation. Cette « relecture » de la situation fonctionne comme tremplin pour la recherche de nouvelles manières de faire. » (Curonici, McCulloch, 2004, p. 582).

S’il y a un problème à l’école, il y a une solution à l’école.

Il s’agit d’avoir une première réflexion avec l’enseignant qui se trouve directement concerné.

  1. Il faut créer un lien de collaboration en faisant une recherche systématique avec l’enseignant sur la base de ses observations.
  2. Il s’agit ensuite de définir le problème en recherchant les faits, c’est-à-dire les manifestations problématiques.
  3. Puis il convient de définir la demande de changement souhaité et le délai dans lequel un premier petit changement doit avoir lieu.
  4. Il faut par la suite définir un contrat de collaboration en spécifiant clairement le rôle de chacun avec une mention précise sur le fait que l’intervenant ne se substituera en aucun cas à l’enseignant.
  5. Il devient dans ce cas possible d’effectuer un recadrage en reformulant le problème en termes systémique et interactionnel.
  6. Il convient alors de définir une stratégie d’intervention qui peut se décliner en une tâche d’observation ou une tâche active avec une prescription de comportement différent.

La prescription d’une tâche

La prescription d’une tâche à exécuter en classe a pour objectif d’expérimenter un autre mode interactionnel. L’enseignant va ainsi pouvoir vivre une nouvelle situation opérationnelle et expérimenter de nouvelles modalités de communication. Cette tâche à 180° de sa tentative de solutions pourra paraître paradoxale à l’enseignant, mais elle permettra de bloquer sa tentative de solution puis progressivement de cheminer vers la résolution du problème. Il s’agit d’une approche indirecte, ayant pour objectif de modifier le comportement de l’élève, qui placera l’enseignant dans une posture de co-thérapeute et facilitera ainsi le cheminement vers la résolution de problèmes.

La thérapie indirecte

La mise en œuvre d’une thérapie indirecte auprès des jeunes enfants et des préadolescents par l'intermédiaire de l’enseignant sera donc à privilégier dans le milieu scolaire. Jusqu’à la pré-adolescence, la maturité émotionnelle de l’enfant n’est généralement pas assez développée. De plus, il se peut que l’enfant ne soit pas conscient du problème. Cependant, au fur à mesure que les enfants grandissent et gagnent en maturité, une thérapie directe pourra alors être utilisée.

Cette approche indirecte va donner à l’enseignant un rôle de co-thérapeute. Il va donc être essentiel de soigner la communication et la relation afin d’éviter les résistances au changement et de créer l’alliance thérapeutique.

S’il y a un problème à l’école il y a une solution à l’école

Conclusion

L’approche systémique et stratégique, avec les théories sur lesquelles elle s’appuie, telles que la théorie des systèmes, la cybernétique, la pragmatique de la communication et la création de diverses réalités, permet d’analyser les problèmes en termes de processus interactionnel au sein d’un système. Cette approche nous éclaire sur la difficulté scolaire, en plaçant l’enfant au cœur des systèmes dans lesquels il interagit, et en particulier le système-classe. L’approche systémique, en se focalisant sur les interactions dysfonctionnelles au sein du système-classe, permet bien d’apporter un autre regard et des solutions sur les difficultés en milieu scolaire dès la maternelle.

L’essentiel ici est bien sûr d’aider l’enseignant à aider son élève en difficulté en se focalisant, non pas sur un problème, mais bien sur les interactions dysfonctionnelles qui contribuent à maintenir et/ou aggraver le problème. « C’est l’enseignant qui va être l’agent de changement principal, en s’appuyant sur ses propres compétences et sur celles des autres membres du système. » (Curonici et McCulloch, 2007, p. 160). G. Nardone et C. Portelli dans La connaissance par le changement, rappellent qu’apprendre à connaître un problème par le changement est la seule manière d’élaborer des techniques efficaces permettant de procurer de l’aide à ceux qui en ont besoin. Cependant, la question suivante peut rapidement surgir : si l’approche systémique est aussi efficace pour faire face aux difficultés scolaires, pourquoi son usage n’est-il pas plus répondu dans le milieu scolaire ? Pour répondre à cette question, il est essentiel de se questionner sur la clientélisation. A ce titre, Michel Vidal et Teresa Garcia-Rivera mentionnent l’importance de bien cibler le client, c’est-à-dire la personne qui est en difficulté parce qu’elle n’arrive pas à trouver de solutions à son problème, celui d’aider au mieux l’élève en difficultés. C’est donc bien avec l’enseignant qu’il s’agit de travailler et non pas avec la personne qui est seulement désignée comme le porteur de symptômes, c’est-à-dire l’élève qui a des troubles de comportement. Il ne s’agit pas non plus de travailler avec les parents qui, suite à une lecture vague et linéaire du problème, sont souvent interpellés par les enseignants et ainsi culpabilisés. Malheureusement, quand une difficulté surgit en milieu scolaire, les parents, trop souvent interpellés par l’enseignant, deviennent les demandeurs d’aide. Cependant, comme mentionné précédemment, quand un problème surgit à l’école, c’est bien à l’école que se trouve la solution. Dans ce cas, les parents peuvent-ils réellement être clients de cette thérapie ? De plus, l’enfant est souvent trop jeune, immature ou pas conscient du problème pour être client de la thérapie. Le vrai client est donc bien l’enseignant.

 

L’enseignant, avec l’aide du thérapeute, sera en mesure d’identifier le problème comme étant un dysfonctionnement dans l’interaction. De plus, par l’approche indirecte initiée par le thérapeute, l’enseignant sera en mesure de provoquer le changement nécessaire en sortant de ce cercle vicieux. Cependant, le cadre institutionnel de l’Éducation Nationale ne permet pas à l’enseignant une telle démarche ou bien ne le lui permet qu’à titre personnel. Pas de budget pour un suivi thérapeutique, pas de personnel en ressources humaines formé en systémie ! Combien d’enseignants vont, à titre personnel, trouver un thérapeute systémicien pour les aider à mieux faire face aux difficultés scolaires ? Je ne saurai pas répondre à cette question. Je peux néanmoins terminer avec une suggestion qui pourrait certainement solutionner de nombreuses difficultés en milieu scolaire : pourquoi ne pas former les enseignants à la pensée systémique ?

Comme le rappellent Curonici C. et McCulloch P. à juste titre, « l’utilisation de l’approche systémique à l’école n’a pas pour but de transformer les enseignants en thérapeutes, mais de leur permettre de devenir de meilleurs enseignants. » Pour ma part, je serais peut-être toujours enseignante si j’avais eu la possibilité de me former à la pensée systémique au sein de l’Éducation Nationale…

Références

CURONICI C. et McCULLOCH P. (2004). L’approche systémique en milieu scolaire :

réflexions 20 ans après. Genève, Cairn info

CURONICI C. et McCULLOCH P. (2007). Psychologues et enseignants – Regards

systémiques sur les difficultés scolaires. Bruxelles, De boeck

DE SCORAILLE C., BROSSEAU O., VITRY G. (2017). Quand le travail fait mal.

Malakoff. InterEditions

LUISIER M. (2010). Approche systémique en milieu scolaire. Un modèle pour comprendre,

des outils pour agir. Lausanne. Hep

NARDONE G., BALBI E. (2012). Sillonner la mer à l’insu du ciel. Bruxelles, Satas

NARDONE G., PORTELLI C. (2012). La connaissance par le changement. Bruxelles, Satas

PAPANTUONO M., PORTELLI C., GIBSON P. (2014). Vaincre sans Combattre. Paris,

Enrick B. Editions

VIDAL M. et GARCIA-RIVERA T. (2013). Palo Alto à l’école. Florac, SupAgro Florac

WATZLAWICK, P. (1972). Une logique de la communication. Paris, Edition du Seuil

WATZLAWICK, P. (1988). L’invention de la réalité. Paris, Edition du Seuil

www.psy-therapie-breve.fr/Systeme-ouvert-ferme-et-isole. Types de systèmes

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