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Le lien comme outil de changement par Isabelle GROMETTO

Quand un seul membre du couple ou de la famille consulte : La thérapie indirecte
par Isabelle Grometto.

Le travail avec un patient seul  dont la demande concerne une problématique impliquant l’entourage, pour qui la consultation en couple ou familiale est compliquée, voire impossible, va nous amener à envisager la thérapie indirecte avec, en filigrane, le lien comme outil de changement. Et c’est une des particularités de la Thérapie Brève d’orientation Systémique et Stratégique que de pouvoir s’appuyer sur un dispositif qui lui permette de travailler sur l’ensemble du système en mettant à contribution un patient pour servir le changement.

Le contexte actuel lié à la propagation du coronavirus et les événements que nous traversons aujourd’hui ont organisé nos réflexions autour de la question du lien. En effet, contraints à vivre avec nos partenaires, familles, colocataires d’un côté, et privés de notre liberté de circuler et de nous regrouper, c’est-à-dire coupés des autres liens, nous avons constaté les conséquences de ce schéma inédit. Entre lien aliénant et lien manquant, la palette de couleurs semblait avoir été laissée sur le rayon du magasin fermé pour confinement, abandonnant les ¾ de l’humanité devant un choix sans choix, car au final, le problème avec le lien, c’est qu’il est difficile, voire impossible de faire sans ! Au même titre que, comme disait P. Watzlawick, « même dans le silence, nous communiquons ».

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Dans l’Approche Systémique et Stratégique, le lien s’est fait levier, le lien s’est fait soutien, ami du changement, il est au cœur de la théorie, mais également au centre de la pratique. Les fondateurs de l’Ecole de Palo Alto ont jeté les bases d’un travail qui, 50 ans plus tard, s’étend dans le monde entier en intégrant la cybernétique de Wiener et son principe de rétroaction, la théorie Générale des systèmes de Bertalanffy, et l’analyse des interactions avec les axiomes de la communication de Watzlawick. L’émulsion aujourd’hui de ce pêle-mêle théorique est pratique, pragmatique et non normatif. Les outils qui s’offrent au thérapeute Systémique bref s’emploient aussi bien dans un travail individuel, de couple, ou familial. Ils permettent aussi aux patients qui souhaitent voir leurs relations changer de devenir co-thérapeutes, acteurs actifs de leur système dysfonctionnel qu’ils souhaitent transformer.

 Les outils stratégiques vont s’inviter en séance, mais également entre les séances et c’est sur ce point que l’approche diffuse son originalité : Par le travail en séance, le patient, bercé de métaphores, chahuté gentiment par des questions stratégiques, invité à ouvrir les yeux à la lueur de recadrages empathiques et autres petites manœuvres bienveillantes pour servir le changement, sera invité à évoluer lui-même et dans son contexte. Par le travail, entre les séances, le thérapeute choisira de donner certaines prescriptions plutôt que d’autres. Des tâches spécifiques qui ont vu le jour au fil du temps et de l’évolution des travaux du MRI puis des recherches-interventions de l’équipe du Professeur Nardone. Des tâches spécifiques ciblées sur le soin et la prise en charge du lien comme la chaire vespérale, le sabotage bienveillant, la conjuration du silence, que vous pouvez retrouver dans l’ouvrage  « stratégies de changement, 16 prescriptions thérapeutiques", Vitry et al, Eres, 2020.

Esprit D'Équipe, Cohésion, Ensemble, Générations

Et c’est ainsi qu’une thérapie de couple sans couple ou familiale sans famille en consultation sera possible et même parfois préférable. La parole du patient, non soumis à la censure de son entourage, se sentira libre de tout jugement sans avoir à faire le choix de la thérapie de couple, familiale alors qu’il n’en a pas envie ou que les autres membres en question ne sont pas motivés pour le suivre en consultation. Et c’est ainsi qu’une femme pourra reprendre un peu le pouvoir qu’elle a perdu ou n’a jamais réussi à intégrer dans son couple, qu’un parent, en se rendant complice du thérapeute, pourra élaborer une stratégie qui lui permettra d’agir sur les angoisses de son enfant qui ne veut plus aller à l’école ou qu’un chef un peu trop autoritaire changera de comportement, face à la cible de ses attaques verbales qui a changé d’orientation ! Comme on peut le voir à travers ces quelques exemples, les applications sont multiples et envisageables, que le patient soit désigné, c’est-à-dire porteur du symptôme (il boit, il est dépressif…) ou non porteur (la patiente ne supporte plus la consommation d’alcool de son conjoint, subit la jalousie de l’autre …)

Cette vision systémique circulaire fait tomber les œillères et offre un regard élargi sur le problème en ouvrant le champ des possibles. La circularité sera synonyme de responsabilité partagée plus fonctionnelle que la vision linéaire qui pousse chacun à porter un doigt accusateur sur l’autre en le rendant responsable du problème (si notre couple va mal, c’est de ta faute !)

Pour terminer, et comme nous venons de le voir, les outils de La thérapie qui se déploient en séance et entre les séances vont avoir, dans le lien, une influence sur laquelle le thérapeute peut compter. Il offre surtout au thérapeute systémique le choix des armes pour combattre le problème, avec la complicité du patient qu’il invite à devenir acteur du changement, changeant sa vision qu’il a de lui, des autres, et/ou du monde !

Isabelle GROMETTO : isabelle.grometto@gmail.com

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Vie personnelle et professionnelle au fil des incertitudes. Grégoire Vitry, Olivier Brosseau et Claude de Scorraille

Claude de Scoraille - Grégoire Vitry - Olivier Brosseau

Image Slides présentation GV CDS OB

 

Introduction Grégoire Vitry 

Après des mois de confinement, déconfinements et reconfinements, nous aurons multiplié les expériences de situations inédites et insoupçonnées, tantôt déconcertantes, frustrantes ou douloureuses, tantôt surprenantes, joyeuses et bienvenues. Il nous aura fallu admettre la réalité de la maladie et la nécessité de s’en protéger avec les moyens du bord, les familles auront dû intégrer de façon permanente la présence des enfants, entre suivi scolaire et loisirs confinés, beaucoup auront découvert la souplesse et les contraintes du télétravail et leurs conséquences sur la vie de famille, d’autres l’enchantement ou le désœuvrement face au chômage partiel, d’autres encore le désarroi face à une perte d’emploi, à l’isolement d’un parent âgé, à la maladie ou la mort d’un proche et à l’incapacité de l’accompagner.

Au fil des confinements, passés, présents et sans doute à venir, nos perceptions et notre réalité évoluent. Les incertitudes demeurent et changent de visage. Où et comment se présentent-elles à nous? Dans le travail, dans la famille, chez l’individu ? 
Les impacts de cette vague pandémique sont déjà et seront massifs au niveau psychologique et émotionnel.

Nous nous intéressons ici à la question de la vie personnelle, professionnelle au fil des incertitudes.

  • de quoi a-t-on peur ?
  • que faire de cette peur ?
  • comment vivre avec les enfants et travailler en même temps ?
  • comment retrouver un temps pour soi ?
  • la visio peut-elle rompre l’isolement ?
  • que faire avec les écrans ?
  • passé la sidération vit-on un effondrement ?
  • comment créer du lien avec la famille, les collègues ou les collaborateurs ?
  • comment réinventer la vie autrement ?
  • comment retrouver du contrôle quand tout devient incontrôlable ?
  • l’alimentation devient-elle la seule bouée de sauvetage ?
  • je me retrouve seul face à moi-même : ami ou ennemi ? Drogue ou apéritif ? Lecture ou déprime ?

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    Brooks et al. ont publié cette année dans le Lancet une revue de littérature sur “l’impact psychologique de la quarantaine et comment la réduire”. Une étude comparant les symptômes de stress post-traumatique chez les parents et les enfants mis en quarantaine avec ceux non mis en quarantaine révèle que les scores moyens de stress post-traumatique étaient quatre fois plus élevés chez les enfants qui avaient été mis en quarantaine que chez ceux qui n'étaient pas mis en quarantaine. 28% des parents mis en quarantaine dans cette étude ont signalé des symptômes suffisants pour justifier un diagnostic de trouble de santé mentale lié à un traumatisme, contre 6% (17 sur 299) des parents qui n'étaient pas mis en quarantaine.Une autre étude du personnel hospitalier a examiné les symptômes de dépression 3 ans après la mise en quarantaine et a constaté que 9% (48 sur 549) de l'ensemble de l'échantillon ont signalé des symptômes dépressifs élevés.

    Enfin une enquête du mois dernier menée en Chine auprès de plus de 50 000 personne vient d’être publiée dans le Journal General Psychiatry concernant la détresse psychologique des chinois dans l’épidémie de COVID-19 nous révèle des résultats analogues avec près de 35% des répondants qui ont connu une détresse psychologique.

    “Les Français et le COVID 19, et vous” par Olivier Gabriel Brosseau

     Pour restituer une photographie des Français et de la manière dont ils abordent le confinement dans le contexte de gestion nationale de la pandémie, j’ai sélectionné 3 sources d’informations en vue d’introduire les informations que Lact a pu recueillir également depuis cette période à travers les différentes actions mises en oeuvre.

    1. Il n’y a pas un, mais des confinements → attention aux généralisations : nous ne sommes représentatifs que de la catégorie de confinement dans laquelle nous nous trouvons ;

    Selon que les personnes vivent leur confinement :
  • seules ou en familles
  • en ville sans espace (petits appartements sans lieu extérieurs) ou en milieux suburbains ou ruraux (maisons avec jardin)
  • sans pouvoir poursuivre leurs activité professionnelle ou en pouvant la poursuivre (soit à distance, en télétravail, soit en présentiel).


    2. Un rapport au temps qui change avec une perte de repère temporel qui s’installe, avec la sensation de subir une accélération du temps (notamment pour les mères de famille qui continuent leur travail à distance) ou un ralentissement du temps qu’on trouve bienvenue ou trop long (ceux qui se retrouvent sans activité professionnelle, en chômage partiel ou complet).

    Pour occuper ce temps ou le structurer - 3 grands types d’activité émergent :
  • 1. Le ménage - un réflexe très investi de propreté lié à la proximité inhabituelle des membres de la famille dans un contexte où il s’agit de se décontaminer (notamment les mains et les vêtements pour chasser le virus)
  • 2. La consommation des plateformes de contenus de divertissement
  • 3. Et le faire soi-même (cuisine et bricolage, en tête - puis masque...)


    3. Grande variabilité des émotions ressenties  (entre sensations de calme retrouvé et d’inquiétude/angoisse), qui selon les configurations de confinement vont et  viennent au fil des informations, des expérimentations et de la représentation que l’on se fait de la situation (doser sa consommation / tester des nouveautés / canaliser sa défiance)

    Avec une amorce d’un phénomène déjà observé en Chine, et qui pointe à présent plus nettement : l'attrait pour un surcroît de temps consacré au loisir et aux activités peut s'estomper avec le temps et peut éventuellement être considéré comme une corvée ; une fois la (re)découverte du temps supplémentaire passé avec la famille, le temps familial forcé peut devenir rigide, surtout pour les enfants.


"Vie personnelle et professionnelle au fil des incertitudes" par Claude de Scoraille

« Maman tu viens m’aider pour mes devoirs j’ai rien compris à la leçon !, chéri, tu t’occupes des enfants je dois me concentrer pour travailler !, T’en es où sur le projet, je dois filer des infos au DG ? J’ai besoin que tu me transmettes maintenant le compte-rendu, tu l’as fini ?, On fait quoi à manger ? Qui fait le repas ?, T'arrête quand de bosser ? Grouille-toi c’est le webapéro avec les Dupont ! »
« Je sais pas quoi faire, je m’ennuie...»

Ces propos m’ont inspirée pour vous parler de l’équilibre difficile entre la vie personnelle et la vie professionnelle que le confinement a exacerbé.
 
J’ai eu l’occasion de les entendre lors de nombreux ateliers réalisés par LACT ces dernières semaines au sein d’entreprises françaises et internationales aussi bien qu’auprès de groupes de managers que d’employés, et ainsi que lors de mes consultations thérapeutiques.
 
La réalité provoquée par le virus covid 19, un virus que nous connaissons à travers son nom dont l’acronyme est Co pour corona, Vi pour virus, D pour disease et 19 car il a été identifié en 2019 !
A  part son nom, on en sait peu et quand on croit savoir on se rend compte finalement qu’on ne sait pas grand chose, de sa genèse au degré de menace qu’il représente pour l’être humain à l’échelle planétaire. Ce qui est certain c’est que sa présence dans notre environnement nous plonge dans une réalité inédite qui affecte nos existences, nos perceptions et nos comportements dans tous les domaines de notre quotidien.
 
« Vivre, c’est naviguer dans une mer d’incertitudes, à travers des îlots et des archipels de certitudes sur lesquels on se ravitaille », nous dit Edgard Morin.
 
Avec le covid 19 notre monde dans lequel on baignait dans un certain équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle a brusquement été  remis en question. Nous sommes confinés, chez nous et ce territoire personnel, est devenu le théâtre du travail ou du chômage précipité, de la crèche et de l’école pour ceux qui ont des enfants, de la famille, du couple ou de l’isolement individuel. Il nous faut à la fois apprendre à structurer un nouveau temps pour répondre aux sollicitations des autres, ceux qui font notre quotidien personnel et professionnel ou des nôtres, et également apprendre à délimiter un territoire unique au sein duquel nous sommes la cible de revendications variées, incessantes et imprévisibles.
 

Donner du sens, la recherche de certitudes
Il est insupportable pour l’être humain de vivre dans un monde qui lui paraît imprévisible, hasardeux, et chaotique. Et c’est lié au fait que nous pensons ce que nous vivons. Pour nous sentir en sécurité nous avons besoin que notre monde soit organisé et cohérent, à partir d’un certain ordre, et quand c’est le cas nous lui donnons du sens en le décrivant au moyen de notre langage et donc de notre pensée.
 
Quand il y a une faille entre la réalité escomptée et la réalité perçue alors des réactions émotionnelles se déclenchent et s’intensifient tant que nous n’arrivons pas à reconstituer une harmonie entre les différents éléments de connaissance qui balisent notre vie. Cela suppose de parvenir à stabiliser un équilibre à partir de ce que l’on vit dans le système relationnel composé de la relation à soi-même, aux autres et au monde.
 
Cet équilibre met en balance deux besoins complémentaires les certitudes et les incertitudes : se sentir vivant dans la sécurité


Le besoin de certitudes
Nous avons besoin de certitudes pour qu’un sentiment fondamental de sécurité s'installe.
 Les certitudes, rendent notre réalité prévisible et stable et c’est rassurant.
 Les professionnels que nous avons rencontrés formulent tous des attentes de bonnes pratiques pour aborder le travail à distance, ils ont besoin de certitudes sur le fait de concevoir une relation “sans se voir”, que ce soit la relation de travail ou de tout autre nature et puis de plus en plus ils font part d’un besoin de certitudes à propos de l’avenir et de l’après confinement.


Le besoin d’incertitudes
Mais nous avons aussi besoin d’incertitudes car celles-ci nous apportent la dose d’excitation dont nous avons besoin pour notre vitalité, celle de notre corps, de notre esprit et également du point de vue émotionnel. L’incertitude met du piment dans notre vie.
 « L’incertitude, nous dit Hesna Cailliau vient réveiller notre feu intérieur pour qu’il crée ses propres étoiles ».
 Edgar Morin déplore que  « l’on enseigne à l’école que des certitudes, jamais l’incertitude” Pourtant l’incertitude quand elle nous est familière stimule nos qualités humaines d’être innovants et créatifs pour faire face à l’inconnu et au danger. C’est d’ailleurs pour Edgar Morin un principe de vie : « toujours s’attendre à l’inattendu », c’est comme cela, dit-t-il qu’il échappe à l’angoisse.

L’incertitude se transforme en inquiétude lorsque le goût de l’aventure et du risque se perd. Si nous nous accrochons à nos certitudes nous risquons de tomber dans ce que Giorgio Nardone appelle le psychopiège du raisonnement parfait.
 

Le psychopiège du raisonnement parfait
Ce piège nous y tombons lorsque pour calmer l’inquiétude et l’angoisse qui nous anime nous recherchons des certitudes au moyen unique de notre rationalité. Notre pensée rationnelle nous amène à séparer,  à isoler, à opposer. On compare, on élimine et du coup on perd de vue des informations liées aux interdépendances et interconnexions qui nous permettraient de saisir dans la réalité présente des opportunités de changement possible ou de divertissement dans notre environnement.
 
Une de mes patientes me disait que quand elle est angoissée elle part dans ses pensées, elle recherche dans le passé des informations et se balade aussi dans l’avenir ; elle cherche
des réponses au moyen de sa pensée dans une obsession de sécurité, mais cela ne fonctionne pas, elle se sent mal en permanence et n’arrive plus à se concentrer sur rien, elle ne profite de rien. Elle se sent incapable de faire quoi que ce soit, car pour agir elle voudrait avoir la certitude que les choses vont bien se passer. Elle cherche à prendre la « bonne » décision mais elle n’y arrive pas.
 
La seule façon de sortir de ce type de piège c’est de pouvoir entrer dans l’expérience en cohabitant avec le sentiment d’insécurité comme si on était capable de sentir sa peur tout en agissant, sans chercher à la combattre, dans une acceptation sereine de sa présence et c’est de cette façon que nous parvenons à rendre nos décisions bonnes.
 
Faire face à l’incertitude, c’est pouvoir agir en remettant en cause les habitudes, qui peuvent comme les certitudes devenir des servitudes lorsqu’on s’y accroche.

En acceptant de tâtonner, et de se tromper, on apprend à faire différemment on gagne en souplesse et en flexibilité, on est en mesure de saisir l’opportunité qui se présente. Evidemment plus on peut partager avec d’autres nos perceptions et nos façons d’y réagir dans l’expérience plus on s’enrichit de possibilités nouvelles pour agir.

Les ateliers collectifs que nous avons réalisés au sein d’entreprises ont été l’occasion pour les groupes de managers et d’employés de développer une rationalité relationnelle, c’est-à dire une rationalité qui crée un cadre relationnel pour que les actions individuelles aient un espace d’initiatives au moindre risque et où l’erreur est admise et partagée comme une occasion de s’améliorer.
De cette façon la responsabilité collective et la responsabilité individuelle s’harmonisent selon les règles d’un jeu où soit l’on gagne ensemble soit l’on perd ensemble.

Au centre des préoccupations, le besoin de garder le lien s’est largement exprimé.

Au fil des échanges que nous avons animés, de nombreuses ressources accessibles immédiatement ont été pensées et validées comme accessibles tout de suite, comme par exemple, le fait de mettre en premier plan des échanges professionnels des aspects informels, que ce soit par exemple de prendre du temps pour parler de tout sauf du travail, de se laisser déranger par l’intervention des enfants plutôt que de vouloir absolument les tenir à distance pendant le temps du travail, de revoir la manière de structurer son temps, selon un rythme plus représentatif des contraintes présentes, ou tout simplement d’ouvrir les webcams pour créer de la convivialité.

Pour bâtir mon exposé je me suis penchée également sur les propos des différents intervenants qui ont été tenus lors de nos conférences sur les défis du confinement, que ce soit Robert Neuburger (intimité, couple et famille en temps de confinement), Claudette Portelli et Matteo Papantueno (créer une nouvelle réalité), ou moi-même (prendre en charge les situations de détresse émotionnelle liées au COVID-19 et COVID 19 : de la peur à la détresse émotionnelle, réduire le risque du syndrome de stress post-traumatique).


Optimisme pragmatique
Ils m’ont inspiré une réflexion sur les conditions d’un optimisme pragmatique et innovant dont la mise en œuvre me semble-t-il est accessible à tous, vous, nous ainsi que nos patients. En voici le principe :

1.     Accepter le changement de contexte et la nécessité de se relier différemment pour créer une réalité sécure et plus harmonieuse. Ce qui revient à vivre au quotidien comme si on était capable de vivre avec l’incertitude et les émotions qu’elle déclenche, dans une acceptation sereine, car tenter de lutter de manière confrontative contre un inconfort émotionnel trop intense est voué à l’échec.
2.     De cette manière, nous sommes en mesure de faire baisser le niveau émotionnel, et ainsi nous gagnons en sécurité ce qui ouvre la possibilité de profiter de ce temps de confinement pour mener une réflexion approfondie seul.e et/ou avec les autres, les membres de la famille, des amis ou des collègues de travail par exemple.
3.     A partir de cette réflexion, il devient possible de penser des actions légères accessibles aux possibilités présentes même si elles nous paraissent très petites. Il s’agira d’éviter le plus possible de chercher à revenir précisément comme avant ni à se fixer des objectifs de changement impossibles à mettre en œuvre immédiatement.
4.     Ces actions peuvent alors être testées, on en constatera leurs effets, on les corrigera au besoin, ou on les consolidera et ainsi on cheminera vers la victoire du défi de vie auquel nous confronte la situation, dans les domaines personnels et professionnels.
 
L’optimisme dont nous avons tous besoin se construit sur le fait d’avoir en visibilité ce qui ne va pas et de décider de faire vivre ce qui va.

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COVID 19 - de la peur à la détresse émotionnelle, réduire le risque du syndrome de stress post-traumatique - Claude de Scorraille

Covid 19 - De la peur à la détresse émotionnelle, réduire le risque du syndrome de stress post-traumatique

par Claude de Scorraille
27 Mars 2020 

Ma précédente intervention portait sur la façon de prendre en charge la détresse émotionnelle pendant la phase de confinement liée au covid 19.

Mon propos visait à repérer à partir des principaux facteurs de stress en jeu les émotions qui peuvent surgir : la peur, la colère et la douleur dans la perspective de poser un cadre pour favoriser leurs régulations.

Je vous propose à présent d’aller plus loin dans la compréhension de la détresse émotionnelle dans la perspective de neutraliser les conséquences psychologiques qui nous menacent dans l’après crise, en particulier le syndrome de stress post-traumatique.

De la peur à la détresse émotionnelle

Pour Nardone la peur est une perception qui déclenche aussitôt une émotion et cette émotion qui accompagne la perception va provoquer une réaction psychophysiologique. On a d’un côté la perception-émotion de l’autre une réaction psychophysiologique, le corps est impacté et à partir de là l'anxiété émerge et se maintient si les mécanismes de régulation sont perturbés.

 

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Prendre en charge les situations de détresse émotionnelle liées au COVID-19 - Claude de Scorraille


On se retrouve, tous avec le COVID 19 et le confinement qui nous est imposé depuis près de 15 jours, dans une situation inédite et qui met notre goût pour le contrôle en difficultés avec en conséquence une  surcharge émotionnelle. Certains d’entre nous ont la capacité de la gérer, pour d’autres c’est plus difficile. Pour ces derniers cela se manifeste souvent par un débordement émotionnel qui peut prendre plusieurs formes : stress, anxiété et angoisse. La peur est l’émotion qui est centrale dans l’anxiété, à ses côtés la colère est également au rendez-vous, beaucoup de chose peuvent nous irriter ou nous faire exploser. La douleur se manifeste aussi en particulier dans l’impuissance que nous rencontrons dans notre rapport à nous même aux autres et au monde. Pour favoriser la régulation de ces émotions, il est important en premier lieu de savoir les reconnaître pour les nommer. Je vous propose d’aller à leur rencontre.

 

La peur

Dans notre situation, évidemment comment ne pas avoir peur ? il est normal d’avoir peur. On fait face à un virus, très contagieux, les experts mobilisés pour le combattre sont en désaccord sur les mesures à prendre, on est aujourd’hui plus de 2 milliards confinés dans le monde, et au delà du risque liée à la maladie, il y a bien sûr toutes les conséquences colatérales qui sont déjà une réalité pour certains, le chomage ainsi que les difficultés financières. Alors comment faire pour gérer cette peur ? comment gérer l’anxiété. Jeffrey Zeig,nous dit qu’il est important de distinguer la peur de l’anxiété.

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Prévenir le burn-out et ses récidives avec l’approche systémique stratégique par Vira HENG

Troisième rencontre SYPRENE. Vira Heng nous parle aujourd'hui du burn-out.

"Le burn-out est un sujet qui a longtemps été associé à l’univers professionnel, mais qui a vu apparaître des déclinaisons dans d’autres univers relatifs à la vie personnelle : le burn-out du quotidien le burn-out maternel, le burn-out des enfants… et il est de plus en plus souvent associé à cette notion de charge mentale. Mais qu’est-ce-que le burn-out ? C’est une surcharge de travail et de tâches telles que la personne touchée par ce fléau n’est plus en capacité de gérer la situation. Il est complexe et se manifeste par une grande variété de symptômes (134 identifiés par Schaufeli et Enzmann) qui ne permettent pas d’en brosser un tableau précis, mais il est difficile de distinguer ceux qui sont à l’origine du burn-out de ceux qui sont causés par lui.

Ce qu’ont en commun ces personnes candidates idéales au burn-out ? La recherche de performance, de sur-adaptation, de perfection, d’exigence, la perte de sens… sont des caractéristiques que l’on retrouve chez elles, tout comme les tentatives de solution sous-jacentes de contrôle excessif de la situation ou d’évitement de régulations avec l’entourage, qui sont également des dénominateurs communs, et ces façons d’agir sont autant transposables au travail qu’à la maison.

burn out

 


À travers le cas d’une femme qui vient en consultation pour un cas de problèmes relationnels avec son entourage, et qui évoque son burn-out professionnel ayant eu lieu deux ans auparavant, elle met en lumière la tendance qu’elle a de rentrer dans cette logique d’accumulation de tâches au travail, mais aussi à la maison. Elle n’a pas repris d’emploi au moment où elle vient en consultation, et pourtant sa charge mentale est devenue exponentielle et elle a du mal à faire face sereinement à la situation. Elle se trouve au bord d’un burn-out du quotidien cette fois. Ce cas va nous permettre de mettre en lumière les signes annonciateurs d’un burn-out, ainsi qu’une façon de le prévenir ou d’empêcher une récidive.

À travers l’approche systémique stratégique, nous allons essayer de comprendre les mécanismes et les tentatives de solution qui se mettent en place chez elle en considérant les boucles interactionnelles que cette cliente met en place face à elle-même et qu’elle met en place face à son entourage. Nous allons aussi observer quelles émotions sous-jacentes guident son comportement et nous évoquerons ensuite les techniques utilisées à travers des recadrages et des prescriptions spécifiques pour amener des pistes amenant à un début de résolution. Nous nous intéresserons particulièrement à la prescription « Découvrir ses limites » et verrons l’effet que cette prescription aura eu dans le changement de perception et de comportement de cette cliente, favorisant l’affirmation de ses limites, une meilleure communication avec son entourage et une meilleure prise en compte d’elle-même, puisqu’elle avait tendance à s’oublier.


La réflexion autour de ce cas fait aussi émerger une notion de burn-out global qui ne cantonne plus seulement le burn-out au simple burn-out professionnel, puisqu‘il inclut l‘ensemble de la charge mentale que la personne est amenée à supporter et qui comprend à la fois des éléments émanant du professionnel et du personnel.

Le burn-out n’est pas une fatalité, il est possible d’éviter de tomber ou de retomber dans le piège du burn-out en aidant les personnes à changer de façon de percevoir la situation et en les conduisant à adopter de nouveaux comportements, à se rééduquer, afin qu’elles se remettent au centre et qu’elles retrouvent du sens, grâce à l’approche systémique stratégique."


Vira HENG

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Palo Alto et intelligence collective par Stéphane SANCOIS

Aujourd'hui, lors de notre deuxième rencontre SYPRENE, Stéphane SANCOIS est intervenu sur le thème de l'intelligence collective au sein des organisations et de notre modèle d'intervention systémique : quels sont les points communs, les points de divergence et qu'avons-nous à dire, nous, de notre vision de Palo Alto ?

Les enjeux d'intelligence collective pour les entreprises ont été définis dans les années 80, au sortir de la guerre froide, dans un monde devenu incertain, volatile, complexe et ambigu, autour des concepts d'agilité et d'adaptabilité.

 

Un autre constat fait au travers d'une étude Gallup est venu renforcer ce besoin d'intelligence collective. Il apparaît en effet que l'engagement des collaborateurs impacte directement la performance des entreprises avec des disparités constatées selon les pays ; ainsi, aux Etats-Unis 33% des salariés se disent engagés alors qu'en France ils ne sont que 10%.

Ce qui fait la différence, ce sont les pratiques managériales. Aux Etats-Unis, il y a moins de structures hiérarchisées (la notion de cadre n'existe pas). On est moins intrusif et plus holacratique.

C'est un sujet qui est aujourd'hui très largement compris et pris en compte au sein des organisations.

A titre d'illustration, les méthodes de "lean management", "scrum", "master ux", "design thinking" et "coach agile" sont des mots clés relevés aujourd'hui dans un très grand nombre d'offres d'emploi.

intelligence collective

 

Quand on parle d'intelligence collective, on se réfère à trois notions : le "lean startup", le "scrum liberating structure" et le "desing thinking".

Le lean startup vient du lean manufacturing né chez Toyota. Dans les années 90, Toyota s'implantait à Valenciennes et, disait-on alors, n'arriverait pas à recruter les 2000 salariés dont ils avaient besoin. Aujourd'hui Toyota est le premier producteur mondial et le site de Valenciennes à la pointe de leur méthode manageriale qui repose sur le recherche d'une production "0 défaut". General electric poursuit le même objectif.

Lean strartup signifie "comment être mince et efficient" et recouvre des méthodes adaptées à des modèles complètement différents en taille, taux de croissance et technologies.

La boucle qui prévaut dans ces modèles c'est : produire, mesurer, apprendre. Je produis un prototype en visant une qualité minimale

Viable, je mesure et je tire les enseignements de l'utilisation qui est faite de ce produit. J'apprends de cela et je relance une boucle d'idéation pour re-produire et enrichir.

Aller tout de suite se confronter à l'usager en particulier les leaders d'opinion qui sont les clients les plus ouverts à leur produit, c'est la boucle de feedback lean startup.

Dans les méthodes agiles, le scrum a été proposé par un ex pilote de l'armée américaine revenu du Vietnam avec une conviction chevillée au corps : ce qui compte, c'est l'adaptation d'un plan à une réalité de terrain. Le scrum a été adopté par certains milieux scolaires, aux Pays Bas par exemple et se traduit par l'organisation suivante : les élèves reviennent sur ce qu'ils ont appris hier et décident ensemble de ce qu'ils veulent apprendre aujourd'hui. L'enseignant n'est qu'en support.

Scrum signifie la mêlée ; c'est un processus qui fait que par exemple sur une chaîne de production automobile, on n'attend pas que le produit soit terminé pour étudier le défaut. On arrête la chaîne, on se réunit et on ne redémarre pas tant que la cause du problème n'est pas identifiée et résolue.

On est dans un sprint pour produire des prototypes, les tester et itérer sur ces prototypes. On se confronte très vite au client pour entendre les feedbacks et réajuster. Il faut par conséquent une autonomie maximale de décision des équipes, de la réactivité et une bonne et rapide adaptation.

Cela fait penser à la thérapie brève, au coaching bref par rapport à d'autres pratiques.

Liberating structures : 33 protocoles d'intéractions de réunions sont en open source sur un site "liberationstructures.fr"; ce sont de petits modes d'emploi pour faire du design de réunion selon les besoins. On passe tout de suite à l'expérience et on réfléchit ensuite sur l'expérience". Cela peut nous faire penser aux expériences émotionnelles correctrices que nous connaissons bien.

Le design thinking c'est s'inspirer du mode de pensée des disgners pour l'instaurer dans tous les domaines. Un exemple : comment réinventer l'expérience visiteurs du Louvre ? Une approche dite en double diamant à été utilisée ; il s'agissait de remettre le client au centre avec une phase de recherche, le contexte, le besoin, les usages, une analyse brainstorm, un prototype, une modélisation et un test à retravailler de manière itérative et permanente. Les clients types étaient un touriste Chinois qui visite l'Europe en 2, une étudiante Erasmus intéressée mais pressée, un père de famille qui vient en famille découvrir le musée....

Quels sont les liens entre ces approches et notre modèle d'intervention ?

Similitudes : "j'écoute le client, je me mets à sa place, je parle son langage, il y a des itérations pragmatiques". Ces méthodes ont réintroduit de la logique circulaire et des boucles dans des processus très linéaires; il y a un objectif minimum viable, des approches 100% expériencielles (clients, employés, partenaires) pour accélérer le changement.

Différences : nous, nous analysons les boucles interactionnelles qui nous aident beaucoup à résoudre la complexité. On tâtonne moins. On sait ce qu'on cherche à faire ; c'est plus ciblé. La stratégie d'action et d'intervention n'est pas inscrite dans ces modèles ; nous, nous savons ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons, avec un cadre d'intervention clair.

 

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Le travail émotionnel en thérapie stratégique par Claire TANNE

 

« Sans émotions, il est impossible de transformer les ténèbres en lumière et l’apathie en mouvement. »

Carl Gustav Jung

emotion palo alto

 

Nos échanges ont porté aujourd’hui sur mon observation de la prise en charge des émotions en thérapie stratégique et la posture du thérapeute dans ce travail émotionnel.

En effet, les émotions sont au cœur de notre existence et nous rencontrons fréquemment des patients qui expriment plus ou moins facilement et clairement leurs émotions. Et puis, il y a ceux qui consultent parce que l’émotion s’est transformée en trouble émotionnel, recouvrant des symptômes pathologiques qui peuvent durer de quelques semaines à parfois quelques années. Face à ces situations sensibles, parfois déstabilisantes en tant que thérapeute, nous pouvons nous sentir démunis et de telles situations aboutissent souvent à des ruptures relationnelles voire à des blocages thérapeutiques. Et ceux-ci peuvent avoir des conséquences importantes tant pour le patient que pour le thérapeute. Aussi, même si l’émotion peut faire partie du problème, elle peut être un levier thérapeutique.

Le cœur de l’approche stratégique est d’explorer, dans un premier temps, le fonctionnement du problème en identifiant la « tentative de solution » puis dans un deuxième temps, de la neutraliser afin de permettre au patient de vivre des expériences émotionnelles correctrices qui progressivement, vont devenir un point nouveau point d’ancrage corporel du patient. Ceci l'encourage à amplifier et renouveler l'expérience. Nouveaux référents forts, elles lui permettent d’éviter de revenir en arrière et ne pas retomber dans un schéma dysfonctionnel ou la pathologie.

Tout mon travail d’observation et d’exploration m’a fait prendre conscience que l’approche stratégique aborde l’émotion non pas seulement comme un état intérieur, mais une association de plusieurs éléments puissants et qu’elle l’intègre totalement dans le processus thérapeutique. Elle est un point de passage entre le travail cognitif et le travail comportemental. Nous agissons en fonction de ce que l’on pense et les émotions sont également liées à cela.

Le processus de régulation, pour le thérapeute, est de travailler dans cette circularité en modifiant notamment les éléments cognitifs, émotionnels et comportementaux, qui constituent la « solution dysfonctionnelle » du patient. Tout ceci me permet de poser cette nuance dans le processus de régulation émotionnel : c’est un travail de régulation par l’émotion et non de l’émotion. En ce sens, l’émotion est un médiateur du changement.

peur phobie

Nous avons abordé l’étude de cas d’Alexandre, âgé de 24 ans, qui consulte pour un trouble phobique qu’il a depuis 6 ans. Lors d’un séjour en vacances avec des amis, après une soirée alcoolisée, il fait une crise de tachycardie en conduisant, ce qui le conduit à l’hôpital. Il a cru qu’il allait mourir. 

Il se sent limité et frustré de ne pas pouvoir voyager comme bon lui semble sans ressentir de l’anxiété ou de l’angoisse. Ce cadre très restreint impact également sa vie sociale. Il se sent fermé et honteux de part ce qu’il vit. Aussi, cette ouverture géographique lui permettrait également une ouverture relationnelle - car plus épanoui et plus heureux s’il arrivait à surmonter ses peurs.

C’est une difficulté qu’il vit vis-à-vis de lui-même et qu’il essaie de surmonter seul. Il a déjà essayé différents accompagnements tels que l’hypnose, l’EMDR et une psychothérapie pour l’aider à surmonter sa difficulté. Cela l’a aidé à aller un peu mieux mais n’a pas aidé à résoudre son problème définitivement. Un sentiment d’impuissance et de déception s’installe.

Envahi par sa peur, il évite donc les situations qui lui font peur et essaie de contrôler ses sensations de peur et d’angoisse. Le mouvement stratégique mis en place par le thérapeute, a été de co-construire avec le patient des alternatives cognitives et comportementales pour renverser la dynamique dysfonctionnelle. En effet, recadrer la peur auprès du patient qu’ « une peur qu’on évite se mue en panique et qu’une peur qu’on affronte se transforme en courage », et en parallèle prescrire le symptôme avec la tâche du « fantasme du pire » a permis au fil des séances de libérer Alexandre de sa peur phobique, de se confronter aux situations qu’il évitait jusque-là et même de transmuter sa peur en plaisir.

 

Enfin, nous avons longuement échangé sur fait que le travail de régulation émotionnelle requiert un savoir-faire et savoir-être du thérapeute. En effet, le savoir-faire d’un thérapeute n’est pas uniquement centré sur les dysfonctionnements ou les pathologies à soigner. Une de ses compétence fondamentale notamment réside aussi dans sa capacité à prendre en compte et à exploiter le ressenti émotionnel – le sien comme celui du patient.

La prise en compte de l’aspect émotionnel des tentatives de solution se place ainsi au service de la stratégie déployée par l’intervenant. Et même si travailler avec elles ne garantit pas de résoudre totalement le problème du patient, cette dynamique permet néanmoins d’ouvrir les perspectives thérapeutiques et de participer nettement à l’amélioration de l’alliance thérapeutique autrement dit la relation, étant le cœur de la psychothérapie.

Claire Tanne

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Comment améliorer votre pratique avec SYPRENE ?

 

ian schneider TamMbr4okv4 unsplash

Nous avons échangé aujourd’hui sur le principe du Practice Research Network (P.R.N) et les bénéfices apportés aussi bien pour les praticiens que pour les patients, suivi des résultats de recherche.

Le P.R.N est un réseau constitué de cliniciens-chercheurs investis et qui cherchent à se parfaire. Chacun des praticiens s’engage, dans une forme de recherche appliquée, à encoder et observer sa pratique puis à intervenir et partager lors de réunions mensuelles entre pairs.

Le PRN est basé sur une infrastructure qui produit des bases de données potentiellement volumineuses qui peuvent être utilisées comme preuves pratiques.

Ici, la motivation première n’est pas l’obligation de devoir améliorer sa pratique mais le désir et l’envie. Le désir de développer un meilleur savoir être, accompagné par le savoir-faire et l’envie de partager, d’explorer des options d’évolution.

Que pensent nos 28 praticiens de leur engagement dans ce processus dynamique ? Selon leur retour, cela leur donne la possibilité avant tout, d’une bonne prise de recul pour chacun de leurs patients. Ensuite l’encodage et l’observation de pratique leur apporte de mieux structurer leurs interventions ainsi que de revisiter les subtilités de l’approche systémique stratégique.

Enfin, cela leur permet également d’installer un feed-back systématique avec leurs patients, notamment au travers de questionnaires d’évaluation, qui participent à l’amélioration de la prise en charge.

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Les premiers résultats de recherche établis à l’aide des données encodées (par des praticiens de l’approche systémique et stratégique uniquement.), sur 767 cas traités ayant fait l’objet d’un rendez-vous clôturé, on observe une résolution ou une amélioration du problème dans 79 % des cas et la durée moyenne du traitement a été de 5 mois. 53% sont considérés comme résolus par les praticiens (7-10), 26% se sont améliorés (4-6), 21% sont considérés comme non résolus (0-3).

Pour présenter les différents types de situations pour lesquelles les clients sont venus en consultation, nous ne retenons que les types de diagnostic pour lesquels il y a eu 10 ou plus de cas répertoriés et nous présentons dans 2 tableaux séparés les diagnostics interactionnels qui ne correspondent pas à la nomenclature DSM5 et les diagnostics DSM5.

Les types de situations les plus souvent rencontrés par les partenaires du réseau sont

> les problèmes de confiance en soi (102),

> les conflits interpersonnels (84),

> les problèmes relationnels rencontrés au travail (70),

> les problèmes liés au manque de confiance dans les autres (69),

L’évaluation du taux de résolution est de 80% environ.

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LACT à "La Journée des entreprises" le 28 mars 2019 au Sénat

28 mars 2019
La Journée des entreprises

Nous interviendrons au sein de "La Journée des entreprise" organisée au Sénat le 28 Mars : 

> 15h30 : Bien être en entreprise : quelles améliorations possibles ? 
  • M. Emmanuel HERVÉ, Président du directoire du groupe Hervé (Joué-les-Tours) ;
  • M. Fabrice PONCET, Co-fondateur et co-gérant de La Fabrique, entreprise de fabrication de mobilier, d'agencement d'intérieur, de scénographie et d'art contemporain dans le Rhône ;
  • Mme Claude de SCORRAILLE, Présidente de LACT et M. Grégoire VITRY, Directeur de LACT, coauteurs de l’ouvrage publié en 2017 : Quand le travail fait mal : Une clinique de la relation pour soigner les maux au travail (InterÉditions) ;
  • Mme Catherine TESTA, Fondatrice du club des Chief Happiness Officers (CHO), auteur du best seller publié en 2017 : Osez l’Optimisme ! (Éditions Michel Lafon).

"Le Sénat est heureux de vous accueillir, vous les chefs d’entreprise venus de toute la France, pour la quatrième édition de la Journée des entreprises, le jeudi 28 mars 2019. Organisée par la Délégation sénatoriale aux entreprises au Palais du Luxembourg, cette journée est l’occasion de poursuivre le dialogue établi sur le terrain entre sénateurs et dirigeants de PME et d’ETI.

Créée fin 2014 à l’initiative du Président du Sénat, M. Gérard LARCHER, cette délégation, qui rassemble 42 sénateurs de tous bords, est chargée d’informer le Sénat sur la situation des entreprises, de recenser les obstacles à leur développement et de proposer des mesures visant à favoriser l’esprit d’entreprise et à simplifier les normes applicables à l’activité économique, en vue d’encourager la croissance et l’emploi dans les territoires. 

Depuis janvier 2015, la délégation est allée à la rencontre de plus de 430 entrepreneurs français dans 22 départements, ainsi que dans plusieurs villes d’Europe telles que Londres, Berlin, Copenhague, ou Bruxelles. Sur le fondement des témoignages de terrain ainsi recueillis, elle intervient en posant des questions au Gouvernement et en élaborant des propositions de loi, des propositions de résolution, des rapports ainsi que des amendements aux projets de loi concernant les entreprises. Elle mène aussi des études comparatives ou des études d'impact préalables pour éclairer le vote du Sénat sur les dispositions qui touchent l’entreprise. En outre, elle organise, dans le cadre d’une convention avec CCI France, des stages d’immersion des sénateurs en entreprise. 

Pour faire le bilan de toutes ces actions, nous vous invitons à cette journée du 28 mars qui vous est dédiée, vous les entrepreneurs avec qui nous tissons des liens durables depuis maintenant quatre ans. Nous vous présenterons les fruits des échanges de terrain entre sénateurs et entreprises, depuis les stages d’immersion jusqu’à l’adoption au Sénat d’un projet de loi pour supprimer les sur-transpositions de directives en droit français. Nous débattrons ensuite de ce que bien être en entreprise signifie : pourquoi est-ce un enjeu et quelles sont les améliorations possibles ? Cette journée sera un moment fort de ce qui fait l’ADN de la Délégation sénatoriale que j’ai l’honneur de présider : le dialogue avec les entreprises." 

Élisabeth LAMURE,
Présidente de la Délégation aux entreprises

Plus d'info : http://www.senat.fr/evenement/journee_des_entreprises/2019.html

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