Lact - Représentant Ecole Palo Alto

Représentant
École de Palo Alto

Centre de formation, intervention et recherche

Approche systémique stratégique et hypnose

      Gérald Brassine dirige l’école d’hypnose Ericksonienne de Belgique qu’il a fondée en 1984.
      Après avoir été formé à l’approche psychanalytique et avec une formation initiale en hypnose, il part à Palo Alto, est formé au MRI, auprès notamment de Paul Watzlawick, John Weakland et Fish pour un an. Il découvre là-bas, une méthode qui répond à son objectif en thérapie : l’efficacité thérapeutique pour le patient. De retour en Belgique, il commence à enseigner et fonde son école avec Thierry Melchior. Il garde le modèle Ericksonien classique qui travaille avec la métaphore, pendant 20 ans. Sa vie professionnelle prend un tournant majeur lorsqu’il rencontre Kay Thompson. En effet, dans toutes les hypnoses qu’il avait reçues et qu’on lui avait enseignées, le patient recevait les métaphores, mais ne parlait pas. Lors de la première rencontre avec Kay Thompson (qui a travaillé avec Milton Erickson pendant 30 ans), elle le met en hypnose directement. Il est debout, parle avec elle et échange. Son référentiel change alors avec cette rencontre, et il décide de se former auprès d’elle à l’hypnose conversationnelle.
      Dans cette pratique, le thérapeute et le patient parlent tous les deux.
      On trouve deux cas relatés par Milton Erickson dans la littérature, d’une hypnose non déclarée officiellement. Le cas le plus connu est celui du plan de tomate. Erickson travaille avec un patient dans un échange normal dans lequel il glisse des propositions. Le patient a alors un pied dans l’inconscient et un dans le conscient pour répondre.

      De fait, sa pratique repose sur un échange constant. La posture du thérapeute se doit d’être très respectueuse du patient, dans un échange constant et égalitaire entre le patient et le thérapeute. Cette posture permet au patient de retrouver sa vérité, car l’hypnose est le fruit de l’imaginaire et non de la suggestion.

      En tant que thérapeute, il est nécessaire de récolter beaucoup d’informations avant de pratiquer une séance d’hypnose pour plus d’efficacité. Le travail se fait beaucoup sur les traumas et sur la somatisation. La visée est de comprendre et changer le passé. Cette visée est cohérente avec les objectifs des approches analytiques et des approches constructivistes dans la mesure où on déconstruit pour reconstruire ensuite l’interprétation d’un évènement.

      Le cerveau peut modifier le vécu que l’on a de la réalité. Par exemple, si on s’imagine qu’on est au soleil, le corps ne fait pas la différence avec la réalité, et le cerveau va fabriquer de la mélanine. De plus, chacun s’hypnotise tous les jours lorsqu’on s’imagine quelque chose et que l’on réagit avec une émotion. Lorsque par exemple, on s’imagine une catastrophe personnelle avec la mort d’un être cher, on s’hypnotise.

      Rappel :
      Lors d’un incident traumatique (viol, agression, mort d’un proche, accouchement difficile…), nous créons des protections dissociatives : on entre en état hypnotique spontanément, on fait un recadrage unique et personnel de la réalité. Ce sont des phénomènes hypnotiques qui se mélangent ensembles. Ils ont un effet protecteur (anesthésie, sortie de soi). Ils s’installent et ‘’les souvenirs vont être imprimés sur les plaques sensibles de la mémoire’’. Pour les modifier, il faudra par la suite un autre état de conscience modifiée car ils ont été installés dans un état hypnotique.

      Ces phénomènes existent à bas bruits dans notre quotidien. Par exemple, le bruit d’un coup de feu dans un film pour une personne qui a vécu la guerre, une scène de sexe pour une personne violée. C’est là que les protections dissociatives se réveillent pour protéger la personne.

      La protection d’urgence, la protection dissociative, se met en place lors de l’évènement traumatique. Et à la suite de ça, les protections dissociatives deviennent des symptômes. Dès la stimulation, même minime, elles se réveillent, elles baissent notre seuil de sensibilité à divers stimuli (pensées, stimuli externes comme les films, musiques, odeurs). Cela peut se passer même dans les cas où on n’a pas de souvenir de l’évènement traumatique. Dans la vie quotidienne, elles sont très handicapantes.

      Cette expression symptomatique, la psycho-somatisation, est malheureusement mal diagnostiquée et peut faire l’objet de prescriptions de médicaments faute d’une compréhension correcte.

      Dans le traitement des traumas, l’école de Palo Alto utilise le symptôme dans le processus de guérison. Lors de l’hypnose, on intensifie, augmente son expression. Le patient amplifie tout ce qu’il vit. C’est alors la première fois que le patient prend le contrôle sur ce qu’il vit, sur ses protections dissociatives. Il reprend les commandes du phénomène qui l’envahissait jusque-là, retrouve la maîtrise.

      Le risque lorsqu’on revisite un trauma est de faire de la victimisation secondaire (les phénomènes mis en place lors de l’évènement réapparaissent). Ici, on demande au patient d’intensifier le phénomène (paralysie, dépersonnalisation…). Le patient devient alors maître de ce qu’il ressent. Il augmente tous les phénomènes les uns après les autres.

      Le client revisite alors l’évènement traumatique avec beaucoup plus de confort, même si pour le thérapeute, cette directive est contre-intuitive car paradoxale à première vue.

      Dans cet exercice d’amplification des phénomènes, on montre au client qu’il a des ressources internes importantes, puisqu’il peut maitriser les protections dissociatives.

      Puis, lors de la phase suivante, les têtes chercheuses interviennent. Il y a des levées d’amnésie. Lorsque le souvenir est désensibilisé. C’est le retour du refoulé, le changement de la scène au cours de laquelle on peut par exemple réduire la taille de l’agresseur jusqu’à ce qu’on puisse l’écraser, libère d’autres souvenirs.

      Si après cette étape, la personne se sent encore coupable, alors on recommence avec les protections dissociatives pour prendre en compte « l’élément oublié » qu’il faut également lever. Par exemple, le fait que le violeur avait posé son couteau à un moment, l’enfant abusé a oublié le cadenas (le chantage affectif exercé par le violeur). Un des pires est « la dentelle de l’horreur » : au cours d’un viol (d’adulte ou d’enfant), l’agresseur peut provoquer un orgasme chez la victime. C’est alors le comble de l’horreur pour elle de se sentir trahie par son propre corps. Cela fait également partie des questions qui sont posées au commissariat et qui amplifie l’effondrement de la victime.

      Une fois sorti des éléments amnésiés spécifiques au trauma, on retombe sur les traumas préalables qui ont créé les protections dissociatives. Ce sont les mêmes protections dissociatives qui avaient été mises en place. Les têtes chercheuses trouvent rapidement d’autres évènements. Même si ces évènements n’ont rien à voir avec le trauma présent, les protections dissociatives ont déjà la même forme.

      Dans la situation du Covid, on part des symptômes (l’angoisse, la terreur, sentiment d’incapacité à faire…). On n’induit pas. Quand le client éprouve les sensations corporelles, on l’amplifie pour aboutir au PAAT (processus autonome auto-thérapeutique).

      L’image de Milton Erickson pour illustrer le PAAT est la suivante : à la sortie de sa propriété, Erickson trouve un cheval, mais n’en connait pas le propriétaire, ce qui signifie qu’il n’est pas des environs. Il décide alors de monter sur le cheval et de lui laisser choisir sa route. Il veille simplement à le maintenir en mouvement et sur la route, mais ne choisit pas les directions au moment des intersections par exemple. Il finit par arriver chez lui à la surprise de son propriétaire. Lorsque ce dernier l’interroge, il lui répond que le cheval connaissait le chemin et qu’il n’a fait que le suivre.

      Cette métaphore permet d’indiquer que le patient connaît la réponse. L’inconscient conduit la voiture. Le patient sait.

      Exemple d’interaction hypnotique :
      Un patient a des angoisses terrifiantes. Il ne sait plus quoi dire lors de présentations, alors même qu’il est perfectionniste. Les premières propositions sont de faire des erreurs volontaires, ce qui n’est pas possible pour lui. Alors, dans la lignée de Palo Alto, on va avec l’angoisse, pour l’augmenter. Arrive la protection dissociative : anesthésie, puis l’impression d’une « chanel vision », comme lorsqu’on voit à travers des jumelles où seule la personne à qui on parle existe dans la scène. Le thérapeute invite le client à entrer dans ce tunnel, intensifie la peur, il est protégé par ce tube. La peur devient terreur.

      - Qu’est-ce que c’est ?
      - C’est mon père qui dit : « t’es pas capable ! », « si seulement tu voulais ! »
      [Le thérapeute fait du constructivisme]
      - Peux-tu le réduire ?
      - Non
      - [phénomène hypnotique] Pourquoi ?
      - Quelque chose me retient en arrière.
      - Vas-y, en arrière ! Sens où ça te mène. N’y aurait-t-il pas une boite dans laquelle on trouve les racines de cette impossibilité ?
      - [Hurlement] Oui ! Elle contient toutes les humiliations, les méchancetés. Des « Si seulement il pouvait être gentil ! », des années…
      - [On utilise la technique des 20 télévisions avec tous ces souvenirs.]
      - Que fait-on avec cette boite ?
      - Je ne peux pas l’enlever [résistance], Je ne peux pas car il y a aussi tous les émerveillements de cet enfant. Je veux le garder.

      A partir de là, on a la production d’un PAAT. Il a ouvert cette boite et trouve des joyaux, perles, diamants. C’est associé à une grande joie. Et là, la reconstruction devient possible.

      Cet exemple montre à quel point le Covid est l’occasion de travailler des traumatismes passés.

      Propos retranscrits par Laetitia BONIN

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