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Approche systémique et hypnose

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l’approche systémique stratégique en milieu scolaire

Pourquoi l’approche systémique et stratégique est-elle pertinente dans une intervention en milieu scolaire ?

Le témoignage d’une professeure des écoles formée à l'approche systémique stratégique

Nathalie Chollet

Nathalie Chollet a travaillé une vingtaine d’années au sein de l’Éducation Nationale comme professeur des écoles, en primaire et en maternelle. Elle est aujourd’hui thérapeute systémicienne. 

 « Certains considèrent peut-être qu’ils ne sont pas des éducateurs mais des pourvoyeurs de savoirs, d’autres qu’ils ne sont pas des psychothérapeutes. Il n’est besoin ni de l’un, ni de l’autre, pour aider les élèves en difficulté. C’est dans les processus interactionnels que nous pouvons trouver des réponses. »

    Michel Vidal et Teresa Garcia-Rivera, Palo Alto à l’école (2013, p. 181) 

Les difficultés scolaires, au travers des troubles de l’apprentissage ou/et du comportement, sont aujourd’hui au centre de nombreuses préoccupations et de réflexions publiques car elles constituent un véritable défi à surmonter, tant par les élèves que par les parents et les enseignants. Dans mes fonctions, je me suis souvent sentie responsable du bien-être de mes élèves et de celui des parents vis-à-vis de l’école. Les années passant, j’ai progressivement eu le sentiment que mes élèves en difficultés requièrent souvent plus qu’une aide pédagogique. Cependant, mon rôle d’enseignante ne me permettait pas d’apporter le soutien psychologique adapté à ces élèves. Je persistais, mais plus je persistais à essayer de faire ce que j’avais l’habitude de faire et plus je me sentais démunie face à leurs difficultés. Je me suis questionnée : apporter un soutien psychologique à mes élèves était-il vraiment mon rôle ? Avais-je les outils nécessaires pour le faire ? Après avoir mis fin à mes fonctions d’enseignante et avoir complété la formation de Clinicienne de la Relation à LACT, je sais désormais répondre en quoi la thérapie indirecte, dans une approche systémique et stratégique, peut aider les élèves en difficultés scolaires et cela dès la maternelle.

l’approche systémique et stratégique en milieu scolaire

L’approche systémique et stratégique

L’idée fondamentale d’une approche systémique est bien de considérer que ce n’est pas la personne qui fait problème mais bien un système interactionnel qui est dysfonctionnel et qu’il faut essayer de comprendre. La thérapie stratégique brève offre une perspective constructiviste en considérant les problèmes comme des systèmes dysfonctionnels de perception de la réalité et donc de réaction. L’idée n’est donc plus de chercher un « pourquoi » mais un « comment » ; nous ne cherchons plus les causes mais bien les solutions. 

L’approche stratégique se fonde sur l’idée que la solution tentée pour résoudre le problème devient le problème. Malgré les meilleures intentions, nous avons tendance à répéter toujours plus de la même chose pour se sortir d’un cercle vicieux problématique. Plus nous répétons ces tentatives de solutions et plus nous maintenons, voire nous aggravons, le  problème. Comme nous le rappelle Claude de Scorraille, Olivier Brosseau et Grégoire Vitry dans Quand le travail fait mal (2017, p. 68), le concept de tentative de solution est clé dans l’approche : « Les tentatives de solutions représentent à la base les ressources d’une personne. C’est l’inadéquation de ces ressources « habituelles » à certaines difficultés qui crée une incapacité et fait apparaître un problème. Elles représentent alors les capacités opératoires qui participent au maintien du problème. » Le thérapeute intervient en bloquant les tentatives de solutions redondantes afin de permettre au patient d’envisager le problème selon une nouvelle logique le sortant ainsi du cercle vicieux dans lequel il s’est enfermé. La stratégie utilisée va permettre d’appréhender le problème sous un angle différent et d’amener le patient, par des recadrages, des observations, des actions à mener, de vivre une expérience émotionnelle correctrice lui permettant ainsi de cheminer vers son objectif, vers la résolution du problème.

Pourquoi l’approche systémique et stratégique est-elle pertinente dans une intervention en milieu scolaire ?

Une intervention centrée sur le présent

L’intervention va aborder la situation problématique dans ses caractéristiques actuelles laissant ainsi de côté les événements liés au passé.

Une intervention orientée sur la recherche de solution

L’intervention privilégie avant tout le changement avec un objectif SMART (expliqué ci-dessous) coconstruit avec le patient.

Une intervention non-normative et non-pathologisante

En se focalisant sur les processus interactionnels, l’intervention se focalise sur le comment et non sur le pourquoi, évitant ainsi la recherche d’un « coupable » et permettant de cheminer vers une solution adéquate pour chaque point de vue.

Une intervention interactionnelle

En se concentrant sur la manière dont la personne est en interaction avec son milieu et comment elle y réagit, l’intervention permet de définir le problème dans une logique interactionnelle.

Une intervention stratégique

Dans le but d’apaiser la souffrance due au problème, l’intervention s’attache à identifier les tentatives de solutions redondantes afin de les arrêter.

Une intervention respectueuse de l’écosystème

L’approche identifie et respecte les effets secondaires du changement de chacun impliqué dans le processus interactionnel.

Le processus de résolution de problèmes

Le processus de résolution de problèmes

Les étapes du processus de résolution de problèmes sont explicitées dans l’ouvrage Vaincre sans combattre comme telles :

Une définition claire du problème ici et maintenant

 Dans ce cadre, voici les questions permettant de guider le thérapeute vers une définition du problème :

  • En quoi consiste le problème 
  • Qui est concerné ?
  • Quand a-t-il lieu ?
  • Comment fonctionne-t-il ?

L’identification des tentatives de solutions inopérantes

Comme il existe une causalité circulaire entre nos tentatives pour résoudre le problème et la résolution du problème, le thérapeute va donc aider le patient à identifier ses tentatives de solutions et les stopper. En répondant à la question « comment faire pour aggraver le problème ? », le patient s’interroge sur son comportement dysfonctionnel. A l’inverse, l’identification d’exceptions guide le patient vers une démarche orientée solution en lui permettant de repérer des comportements fonctionnels. Si le patient n’identifie aucune exception, dans ce cas, le thérapeute travaillera à créer l’exception avec la technique du comme si « Que feriez-vous de différent si votre situation était différente ? » puis faire « comme si ».

Une définition claire de l’objectif à atteindre

Il est indispensable de coconstruire avec le patient un objectif SMART

  • Spécifique : l’objectif est personnalisé
  • Mesurable : l’objectif doit être quantifié ou qualifié
  • Acceptable : l’objectif doit être partagé par tous (attention aux effets secondaires qui pourraient provoquer de la résistance)
  • Réaliste : l’objectif doit être atteignable
  • Temporellement défini : l’objectif doit être délimité dans le temps.

La formulation et la mise en œuvre étape par étape d’un plan vers le changement

Ce plan d’action est rigoureux mais souple afin d’autoriser des modifications et des corrections. Le rôle du thérapeute systémique et stratégique est donc d’étudier le problème dans « l’ici et maintenant » pour avoir une connaissance opérationnelle du fonctionnement du problème. Tout en coconstruisant un objectif SMART avec le patient, le thérapeute mettra en œuvre un plan d’action. Il devra néanmoins rester vigilant à la résistance au changement de la part du patient. L’avantage de se concentrer sur le « comment fonctionne le problème » rend l’approche non-culpabilisante permettant ainsi de lever quelques résistances. Le thérapeute pourra ainsi introduire un changement de regard, se concentrer sur l’arrêt des tentatives de solutions redondantes et ainsi mettre en place de nouvelles stratégies interactionnelles dans le système jusqu’alors dysfonctionnel.

Comme nous le rappelle Chiara Curonici et Patricia McCulloch dans leur ouvrage Psychologues et enseignants - Regards systémiques sur les difficultés scolaires (2007), si l’enseignant dit qu’il y a un problème à l’école, c’est qu’il y a un problème à l’école : un dysfonctionnement interactionnel se passe dans le système école-élève. Il est donc essentiel de comprendre en premier ce qui se passe ici et maintenant dans ce système, et non ce qui se passe ailleurs, notamment à la maison, ni ce qui se passait avant. Et s’il y a un problème à l’école, il y a une solution à l’école.

La formulation et la mise en œuvre étape par étape

Les difficultés en milieu scolaire

Dans le contexte scolaire, les problèmes les plus fréquemment rencontrés par les élèves sont :

  • la baisse de performance,
  • les troubles de comportement,
  • l’hyperactivité,
  • le non-respect des règles,
  • la timidité,
  • l'isolement,
  • l’anxiété, le stress.

De manière générale et indépendamment de la nature du problème, une alarme va d’abord se déclencher du côté de l’enseignant qui va essayer de résoudre le problème, puis, dans un deuxième temps, appeler les parents. Cependant, comme nous l’avons mentionné ci-dessus, l’enseignant et les parents vont mettre en place des tentatives de solution pour résoudre le problème. Si ces dernières deviennent redondantes et inefficaces elles risquent de maintenir, voire même, d’augmenter le problème.

Les tentatives de solutions les plus fréquentes mises en œuvre dans ces circonstances sont : raisonner, expliquer, récompenser, punir, aller chercher les causes et tous les comportements intermittents, c'est-à-dire une alternance d'une tentative de solution et de l'autre. La tentative de solution peut parfois être d’amener l'enfant chez un psychologue pour changer son comportement et le corriger ; cette stratégie risque d'étiqueter l’enfant dans son trouble et devenir ainsi pathologisante. Il est important de repérer les tentatives de solution défaillantes, de les interrompre et d’appliquer des stratégies spécifiques par rapport au problème qui se présente.

Dans la boucle de rétroaction, les problèmes des élèves listés ci-dessus, vont bien-sûr avoir un impact sur l’enseignant. Comme Chiara Curonici et Patricia McCulloch expliquent dans leur article « L’approche systémique en milieu scolaire : réflexions 20 après », l’enseignant peut faire face à une des deux catégories de difficultés : la complémentarité dysfonctionnelle (aussi appelé le paradoxe de l’aide) et la lutte symétrique. Chaque scénario se caractérise par la répétition d’interactions dysfonctionnelles entre l’enseignant et un ou plusieurs élèves, entre les élèves ou entre l’enseignant et les parents. Ce système, enseignant-élève ou enseignant- parents, se retrouve dans une boucle d’interactions dysfonctionnelles qui devient un véritable cercle vicieux interactionnel. Il est « utile de chercher et de mettre en évidence ces interactions redondantes qui participent à la persistance voire à l’amplification d’un problème en classe, car les enseignants y sont très sensibles. Le fait d’identifier le « toujours plus de la même chose » constitue souvent un recadrage qui change complètement la manière qu’a l’enseignant de comprendre ou de sentir la situation. Cette « relecture » de la situation fonctionne comme tremplin pour la recherche de nouvelles manières de faire. » (Curonici, McCulloch, 2004, p. 582).

S’il y a un problème à l’école, il y a une solution à l’école.

Il s’agit d’avoir une première réflexion avec l’enseignant qui se trouve directement concerné.

  1. Il faut créer un lien de collaboration en faisant une recherche systématique avec l’enseignant sur la base de ses observations.
  2. Il s’agit ensuite de définir le problème en recherchant les faits, c’est-à-dire les manifestations problématiques.
  3. Puis il convient de définir la demande de changement souhaité et le délai dans lequel un premier petit changement doit avoir lieu.
  4. Il faut par la suite définir un contrat de collaboration en spécifiant clairement le rôle de chacun avec une mention précise sur le fait que l’intervenant ne se substituera en aucun cas à l’enseignant.
  5. Il devient dans ce cas possible d’effectuer un recadrage en reformulant le problème en termes systémique et interactionnel.
  6. Il convient alors de définir une stratégie d’intervention qui peut se décliner en une tâche d’observation ou une tâche active avec une prescription de comportement différent.

La prescription d’une tâche

La prescription d’une tâche à exécuter en classe a pour objectif d’expérimenter un autre mode interactionnel. L’enseignant va ainsi pouvoir vivre une nouvelle situation opérationnelle et expérimenter de nouvelles modalités de communication. Cette tâche à 180° de sa tentative de solutions pourra paraître paradoxale à l’enseignant, mais elle permettra de bloquer sa tentative de solution puis progressivement de cheminer vers la résolution du problème. Il s’agit d’une approche indirecte, ayant pour objectif de modifier le comportement de l’élève, qui placera l’enseignant dans une posture de co-thérapeute et facilitera ainsi le cheminement vers la résolution de problèmes.

La thérapie indirecte

La mise en œuvre d’une thérapie indirecte auprès des jeunes enfants et des préadolescents par l'intermédiaire de l’enseignant sera donc à privilégier dans le milieu scolaire. Jusqu’à la pré-adolescence, la maturité émotionnelle de l’enfant n’est généralement pas assez développée. De plus, il se peut que l’enfant ne soit pas conscient du problème. Cependant, au fur à mesure que les enfants grandissent et gagnent en maturité, une thérapie directe pourra alors être utilisée.

Cette approche indirecte va donner à l’enseignant un rôle de co-thérapeute. Il va donc être essentiel de soigner la communication et la relation afin d’éviter les résistances au changement et de créer l’alliance thérapeutique.

S’il y a un problème à l’école il y a une solution à l’école

Conclusion

L’approche systémique et stratégique, avec les théories sur lesquelles elle s’appuie, telles que la théorie des systèmes, la cybernétique, la pragmatique de la communication et la création de diverses réalités, permet d’analyser les problèmes en termes de processus interactionnel au sein d’un système. Cette approche nous éclaire sur la difficulté scolaire, en plaçant l’enfant au cœur des systèmes dans lesquels il interagit, et en particulier le système-classe. L’approche systémique, en se focalisant sur les interactions dysfonctionnelles au sein du système-classe, permet bien d’apporter un autre regard et des solutions sur les difficultés en milieu scolaire dès la maternelle.

L’essentiel ici est bien sûr d’aider l’enseignant à aider son élève en difficulté en se focalisant, non pas sur un problème, mais bien sur les interactions dysfonctionnelles qui contribuent à maintenir et/ou aggraver le problème. « C’est l’enseignant qui va être l’agent de changement principal, en s’appuyant sur ses propres compétences et sur celles des autres membres du système. » (Curonici et McCulloch, 2007, p. 160). G. Nardone et C. Portelli dans La connaissance par le changement, rappellent qu’apprendre à connaître un problème par le changement est la seule manière d’élaborer des techniques efficaces permettant de procurer de l’aide à ceux qui en ont besoin. Cependant, la question suivante peut rapidement surgir : si l’approche systémique est aussi efficace pour faire face aux difficultés scolaires, pourquoi son usage n’est-il pas plus répondu dans le milieu scolaire ? Pour répondre à cette question, il est essentiel de se questionner sur la clientélisation. A ce titre, Michel Vidal et Teresa Garcia-Rivera mentionnent l’importance de bien cibler le client, c’est-à-dire la personne qui est en difficulté parce qu’elle n’arrive pas à trouver de solutions à son problème, celui d’aider au mieux l’élève en difficultés. C’est donc bien avec l’enseignant qu’il s’agit de travailler et non pas avec la personne qui est seulement désignée comme le porteur de symptômes, c’est-à-dire l’élève qui a des troubles de comportement. Il ne s’agit pas non plus de travailler avec les parents qui, suite à une lecture vague et linéaire du problème, sont souvent interpellés par les enseignants et ainsi culpabilisés. Malheureusement, quand une difficulté surgit en milieu scolaire, les parents, trop souvent interpellés par l’enseignant, deviennent les demandeurs d’aide. Cependant, comme mentionné précédemment, quand un problème surgit à l’école, c’est bien à l’école que se trouve la solution. Dans ce cas, les parents peuvent-ils réellement être clients de cette thérapie ? De plus, l’enfant est souvent trop jeune, immature ou pas conscient du problème pour être client de la thérapie. Le vrai client est donc bien l’enseignant.

 

L’enseignant, avec l’aide du thérapeute, sera en mesure d’identifier le problème comme étant un dysfonctionnement dans l’interaction. De plus, par l’approche indirecte initiée par le thérapeute, l’enseignant sera en mesure de provoquer le changement nécessaire en sortant de ce cercle vicieux. Cependant, le cadre institutionnel de l’Éducation Nationale ne permet pas à l’enseignant une telle démarche ou bien ne le lui permet qu’à titre personnel. Pas de budget pour un suivi thérapeutique, pas de personnel en ressources humaines formé en systémie ! Combien d’enseignants vont, à titre personnel, trouver un thérapeute systémicien pour les aider à mieux faire face aux difficultés scolaires ? Je ne saurai pas répondre à cette question. Je peux néanmoins terminer avec une suggestion qui pourrait certainement solutionner de nombreuses difficultés en milieu scolaire : pourquoi ne pas former les enseignants à la pensée systémique ?

Comme le rappellent Curonici C. et McCulloch P. à juste titre, « l’utilisation de l’approche systémique à l’école n’a pas pour but de transformer les enseignants en thérapeutes, mais de leur permettre de devenir de meilleurs enseignants. » Pour ma part, je serais peut-être toujours enseignante si j’avais eu la possibilité de me former à la pensée systémique au sein de l’Éducation Nationale…

Références

CURONICI C. et McCULLOCH P. (2004). L’approche systémique en milieu scolaire :

réflexions 20 ans après. Genève, Cairn info

CURONICI C. et McCULLOCH P. (2007). Psychologues et enseignants – Regards

systémiques sur les difficultés scolaires. Bruxelles, De boeck

DE SCORAILLE C., BROSSEAU O., VITRY G. (2017). Quand le travail fait mal.

Malakoff. InterEditions

LUISIER M. (2010). Approche systémique en milieu scolaire. Un modèle pour comprendre,

des outils pour agir. Lausanne. Hep

NARDONE G., BALBI E. (2012). Sillonner la mer à l’insu du ciel. Bruxelles, Satas

NARDONE G., PORTELLI C. (2012). La connaissance par le changement. Bruxelles, Satas

PAPANTUONO M., PORTELLI C., GIBSON P. (2014). Vaincre sans Combattre. Paris,

Enrick B. Editions

VIDAL M. et GARCIA-RIVERA T. (2013). Palo Alto à l’école. Florac, SupAgro Florac

WATZLAWICK, P. (1972). Une logique de la communication. Paris, Edition du Seuil

WATZLAWICK, P. (1988). L’invention de la réalité. Paris, Edition du Seuil

www.psy-therapie-breve.fr/Systeme-ouvert-ferme-et-isole. Types de systèmes

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La boulimie - Le plaisir qui empoisonne

La boulimie

"Le plaisir qui empoisonne”

Padraic Gibson, PhD

Padraic Gibson est psychologue, thérapeute familial et superviseur. Il travaille en Irlande, en Italie, en France et à Malte. Il est associé principal à la recherche et chargé de cours chez LACT, à la Dublin City University et directeur clinique de La Clinique des TOC / The OCD Clinic®.

 

La boulimie, qu’est-ce que c’est ?

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire qui signifie littéralement "la faim d'un bœuf". La boulimie fait partie des troubles du comportement alimentaire qui se caractérisent par une impulsion incontrôlable vers la nourriture et un sentiment d'absence de contrôle sur le type et la quantité de nourriture consommée. Ce terme est fréquemment confondu avec le syndrome de vomissement (Gibson, et al 2022 ; Nardone, 2014) parce que dans la littérature psychiatrique contemporaine, principalement le manuel de diagnostic utilisé dans le domaine le DSM 5 ; ils ont à tort à notre avis, confondu la boulimie ou l'anorexie mentale avec le syndrome de vomissement.

La boulimie, un plaisir qui empoisonne

Les personnes qui souffrent de ce trouble ont tendance à manger de manière disproportionnée par rapport à ce que la plupart considéreraient comme approprié. La vie des boulimiques se déroule généralement entre une crise de boulimie et une autre. Leurs tentatives de régime conduisent généralement à des crises massives. Avec ce type de trouble, le patient passe continuellement de périodes de contrôle ininterrompu à des périodes de crises de boulimie dévastatrices, dont les effets peuvent être dramatiques. Dans le cas de la boulimie, les patients suivent perpétuellement un régime et ne parviennent pas à le maintenir, mesurant à chaque fois l'échec et non le succès, ce qui aggrave leur manque d'estime de soi, leur culpabilité, leur dégoût de soi, etc. 

Le schéma le plus courant est celui des patients qui parviennent à suivre un régime pendant quelques mois, perdant "avec succès" de nombreux kilos, pour se retrouver inexorablement plongés dans des cycles de frénésie alimentaire et qui, dans leur frénésie, reprennent tout le poids perdu et finissent par en prendre d'autres, plus que quelques kilos.  Tout comme le personnage mythologique Sisyphe, condamné à pousser éternellement une pierre en haut d'une colline, le boulimique essaie héroïquement, encore et encore, de pousser son rocher fait de plaisir et de contrôle jusqu'au sommet de la colline, pour finalement le voir rouler jusqu'en bas.  Malgré les nombreuses tentatives de la personne pour contrôler et pousser ce "rocher" en haut de la colline, elle finit par s'abandonner totalement et complètement à la tentation de la nourriture et c'est généralement de cette manière qu'elle arrive à l'obésité clinique. 

La boulimie, un plaisir qui empoisonne

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Pourquoi devrions-nous craindre les régimes ?

Alors que le monde moderne est obsédé par les régimes, les restrictions et le contrôle, nous avons créé une tempête parfaite dans laquelle un problème peut se développer. Sans même penser au fait que nous vivons dans un environnement riche en "aliments plaisir" ou ce que nous pourrions appeler un environnement obésogène. Cependant, lorsque nous faisons un régime, nous produisons 3 effets dangereux qui aggravent notre échec sur nous-mêmes. Les régimes et les restrictions donnent lieu à :

L'effet de rébellion - Lorsque nous suivons un régime, nous commençons à adopter une approche plus rebelle de nous-mêmes et de la vie et, dans notre restriction, nous commençons à vouloir faire ce que "NOUS" voulons faire et nous nous rebellons donc contre nos propres désirs et commençons à manger les aliments désirés,

L'effet de transgression - lorsque nous évitons, nous abstenons et contrôlons le plaisir, nous commençons à en avoir encore plus envie parce que nous avons transformé ce qui n'était qu'une barre ou un biscuit en un désir coupable et donc de plus en plus agréable, assurant ainsi l'effondrement rapide et immédiat de notre régime.

L'effet de soumission - ce dernier effet n'est généralement ressenti que lorsque nous avons finalement essayé tout ce qui précède et que nous décidons que nous ne pouvons plus le faire, alors nous nous soumettons et plutôt que de nous restreindre, nous mangeons continuellement et sans aucune limite, créant généralement une situation d'obésité. 

Les régimes augmentent le poids

En examinant les travaux de la prestigieuse American Psychological Association, nous voyons les résultats d'une étude longitudinale qui a duré 18 ans et qui a suivi des dizaines de milliers de personnes, en surveillant les effets d'un régime ou non. Ce qui a été découvert ne devrait pas surprendre le lecteur : plus de 80 % des sujets au régime étaient en surpoids, alors que plus de 70 % des personnes qui ne suivaient pas de régime avaient un poids normal. La conclusion inéluctable est que les régimes font grossir. 

Le pouvoir du contrôle obsessionnel dans le but de perdre du poids, a un effet paradoxal, conduisant essentiellement à une perte totale de contrôle, c'est une évidence. Lorsque la formule rigide et têtue du contrôle de soi est appliquée à la nourriture, les effets négatifs potentiels sont dévastateurs. 

La boulimie s'accompagne d'un deuxième problème, celui de la surévaluation constante de l'esthétique négative de soi et de l'esthétique positive des autres, en particulier des personnes minces. Leur perception rigide adore tout ce qui est mince et déteste tout ce qui ne l'est pas, ce qui peut amener le patient à chercher une assistance médicale pour son "apparence" (chirurgie esthétique) plutôt que pour ses perceptions (psychologiques). Cette intervention se termine rarement bien et, comme nous le savons grâce aux nombreux magazines de célébrités, elle alimente généralement une obsession permanente pour la chirurgie et la correction, même si les taux de satisfaction après la chirurgie esthétique sont faibles. 

Le traitement de la boulimie avec la thérapie brève systémique

Le traitement de la boulimie avec la thérapie brève systémique

Padraic Gibson nous éclaire sur le traitement de la boulimie par la thérapie brève systémique. Padraic Gibson est thérapeute familial et superviseur. Il travaille en Irlande, en Italie et à Malte. Il est associé principal à la recherche et chargé de cours à la Dublin City University et directeur clinique de The OCD Clinic®.

Une partie du traitement est vraiment surprenante pour les patients dans la mesure où nous leur demandons de " manger, et seulement manger, ce qu'ils préfèrent, mais seulement dans les trois repas principaux de la journée et de manger sans aucune limitation de quantité ou de qualité ". L'effet de cette intervention est que, presque immédiatement, elle met fin aux crises de boulimie. En effet, au bout de quelques semaines, ils commencent à décliner tous les aliments interdits, et ceux-ci commencent même à être moins désirés. Parallèlement, nous aidons la personne à créer des activités quotidiennes (ce qui est également important dans ces cas) en choisissant une activité basée sur ce qu'elle aime le plus faire et non sur ce qui semble le mieux pour perdre du poids.  Nous parvenons ainsi à un véritable style de vie, qui n'est pas difficile à atteindre du fait même qu'il est basé sur l'expression du plaisir et non sur sa répression. Ce traitement ne nécessite que quelques mois et donne d'excellents résultats. Comme le disait Oscar Wilde, "la seule façon de gérer la tentation est d'y céder".

Comment l’approche systémique et stratégique soigne la boulimie

L’approche systémique et stratégique est particulièrement efficace dans les cas de boulimie. La boulimie fait partie des psychopathologies abordées dans les cours de troisième année du cursus de LACT

Les formations LACT pour traiter la boulimie avec l’approche systémique

Le traitement des troubles alimentaires par l’approche systémique est enseigné dans la troisième année du cursus LACT du Clinicien de la Relation et dans le mastère clinique de Giorgio Nardone.  

Contenus abordés dans la formation sur le traitement des troubles alimentaires :

  • Anorexie de l'adulte et des jeunes
  • Binge eating et Vomiting
  • Boulimie et obésité
  • Troubles psychotiques réels ou présumés
  • Dysfonction sexuelle masculine et féminine

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Traitement bref et efficace des troubles anxieux et phobies

Traitement bref et efficace des troubles anxieux et phobies

La thérapie brève et systémique, un traitement d’excellence des troubles anxieux et des phobies grâce à la recherche scientifique

L'efficacité de la Thérapie Brève Systémique

L’approche systémique et stratégique est particulièrement efficace dans le traitement des troubles anxieux et des phobies. Grâce à une approche scientifique du fonctionnement de ces troubles, les interventions systémiques enregistrent des résultats performants en termes de traitement en une moyenne de 5 rendez-vous sur une durée de 5 mois.

Surmonter les troubles anxieux et les phobies

Nous aidons nos patients à surmonter leurs troubles anxieux et leurs phobies. Notre objectif est de vous fournir la compréhension et les clès nécessaires pour résoudre ces troubles. Il est possible de surmonter définitivement les troubles anxieux et les phobies. Grâce à notre traitement professionnel efficace et au soutien de la famille et des amis si nécessaire, il est possible d'éradiquer toutes les traces des troubles anxieux dans la vie d'une personne.

La thérapie brève stratégique®

En utilisant plus de 25 ans de recherche clinique et avec des milliers de patients traités avec succès en utilisant notre modèle d'intervention connu sous le nom de Brief Strategic Therapy®, nous avons prouvé (Gibson 2014, 2016, 2019a, 2019b, 2019c, Nardone 2013, Portelli, 2007) que même si les problèmes humains peuvent être persistants, compliqués et douloureux, nous n'avons pas toujours besoin d'une forme d'intervention longue et prolongée pour résoudre le problème et soulager la souffrance.

Notre modèle s'est révélé être la forme de traitement la plus efficace et efficiente des troubles anxieux et des phobies (Ray & Nardone 2007).

Que vous souffriez de troubles anxieux ou de phobies, que vous soyez un membre de la famille, un ami ou un professionnel de la santé, ce site vise à vous fournir des informations sur les signes, les symptômes et le traitement efficace du trouble anxieux et des phobies.

La boulimie, un plaisir qui empoisonne

La dysmorphophobie

L'image que nous avons de nous-mêmes est liée à ce que nous ressentons et à notre apparence. Cette image concerne tout le monde à un moment ou à un autre, étant donné la nature de l'évolution humaine et nos processus sociaux, et nous avons tous un point de vue sur la façon dont nous sommes perçus en tant qu'objets sociaux...

La cardiophobie

La cardiophobie représente une forme particulière de peur et notamment la peur de mourir (pathophobie). Par pathophobie, on entend la peur de l'apparition d'une maladie mortelle. Elle diffère de l'hypocondrie, dont j'ai parlé dans un précédent article, où j’ai des patients hypocondriaques qui paniquent au moindre signe de fluctuation...

L’hypocondrie

Les symptômes de l'hypocondrie ou trouble de l'anxiété liée à la santé impliquent une préoccupation à l'idée d'être potentiellement ou gravement malade. Cette évaluation est aussi généralement faite par le patient sur la base de sensations corporelles normales (comme un estomac bruyant), ou de signes bénins (comme une éruption cutanée mineure)...

Les troubles paniques
et l’agoraphobie

L'Organisation mondiale de la santé définit le trouble panique comme un problème important qui touche jusqu'à 20 % de la population mondiale et les femmes sont deux fois plus susceptibles d'être touchées que les hommes.  Si l'expérience de la panique peut sembler mystérieuse et parfois inexplicable lorsqu'elle se produit, nos recherches...

Les phobies sociales
et paranoïa

Les phobies sociales ou  trouble d'anxiété sociale touchent 15 millions d'adultes, soit 6,8 % de la population. Ce trouble est aussi fréquent chez les hommes que chez les femmes et, selon la plupart des recherches, il commence généralement vers l'âge de 13 ans. Selon une enquête réalisée en 2007, 36 % des personnes atteintes du...

La surprotection
parentale

La vie moderne est marquée par un degré croissant de narcissisme et de paranoïa alimentée par les médias sociaux, qui a empoisonné notre santé mentale. C'est sans doute aussi en partie parce que tant de jeunes craignent que l'aveu de leur vulnérabilité n'affecte leur emploi ou leurs relations, à un moment où leur avenir est déjà bien moins sûr...

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Rebondir en cas d'échec

Rebondir en cas d'échec

PAR AURORE AIMELET, AVEC CLAUDE DE SCORRAILLE

On a changé, on est heureux: rien à dire de plus. Mais quid si on le regrette? Et que décider en cas d'échec ou de rechute ? Comment faire de cette expérience une richesse ? Les réponses de la psychologue Claude de Scorraille.

I1 arrive que le changement soit un succès mitigé ou un échec cuisant. Parfois on est retombé dans de mauvaises habitudes : on n'a pas mis les pieds dans une salle de sport depuis au moins trois semaines.Ou bien, on s'est parfaitement outillé pour changer, mais rien n'y fait : on a tout essayé pour mieux dormir et on est toujours insomniaque. Ou encore, on a bien commencé à changer, mais on n'est pas allé au bout: malgré le vif désir de « faire carrière», on est cloué au même poste. Les choses ont momentanément bougé, puis ont repris leur forme. À moins qu'elles n'aient bougé, mais pas assez. Que faire alors?

trouble panique et l'agoraphobie qu’est-ce que c’est ?

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Une experience toujours enrichissante

Quand les choses n'ont pas fonctionné comme prévu, il s'agit d'en tirer des leçons pour mieux nous connaître.


Si le projet nous tient vraiment à cœur, qu'est-ce qui
n'a pas marché? Concernant cette assiduité à la salle de sport, par exemple, où avons-nous été en difficulté ? Est-ce nous qui avons raté quelque chose, ou l'environnement qui nous a mis des bâtons dans les roues?

« Le changement repose sur plusieurs dimensions : cognitive, émotionnelle, comportementale, relationnelle et conceptuelle, détaille Claude de Scorraille. Ce sont ces cinq dimensions qu'il faut interroger. Au niveau cognitif, aviez-vous des doutes, des ruminations? Du côté des émotions, avez-vous eu peur, vous sentiez-vous frustré? Quant aux comportements, êtes-vous allé trop vite, ou au contraire trop lentement? Sur le plan relationnel, avez-vous manqué d'aide, de soutien, de reconnaissance, vous sentiez-vous à votre place? Et enfin, où en est votre conception de ce changement? Votre idée est-elle toujours d'actualité? »


Tâchons de mener cette introspection en nous éloignant le plus possible de la culpabilité - bien compréhensible, cela dit. « C'est ainsi que vous obtiendrez des réponses et pourrez envisager une autre façon d'avancer, prendre à nouveau des risques, mais cette fois-ci riche d'un enseignement sans pareil.» Comme ces alpinistes qui ne sont pas arrivés au sommet et rebroussent chemin, mais qui, désormais au fait des difficultés qu'ils ont traversées, trouvent les moyens, intérieurs et extérieurs, pour retenter l'expérience. Pourquoi ne pas revenir quelques pages en arrière, relire ce dossier avec un regard neuf, et réfléchir à un nouveau parcours?

Et pourquoi pas l'abandon ?

Cependant, nous pouvons aussi réaliser que l'objectif envisagé n'a plus guère de sens. Nous avons changé nous-même au fil de ce changement, et nos valeurs, nos désirs, nos besoins ... aussi. Peut-être avons-nous élaboré ce projet pour répondre à des injonctions (« À 45 ans, je dois évoluer dans ma carrière! ») ou pour faire plaisir aux autres J'empêche mon conjoint de dormir»).

Mieux vaut être honnête plutôt qu'obstiné : avons-nous réellement besoin de prouver que nous avions raison? Il serait sans doute plus sage de renoncer que de camper sur nos positions. « Ce que l'on appelle les tentatives de solutions, c'est-à-dire tout ce qu'on met en place pour changer une situation que l'on perçoit comme douloureuse, peuvent paradoxalement maintenir le problème. Par exemple, si vous êtes insomniaque, vous vous obligez à dormir. Ou si vous détestez votre emploi, vous faites tout pour évoluer. Sans succès. Alors pourquoi ne pas faire le choix d'une action opposée ? Vous interdire de dormir par exemple, ou trouver des bons côtés à votre travail actuel.

En cherchant à vous adapter à la situation telle qu'elle est, vous déployez d'autres ressources. » Parfois, changer est impossible. Mais le problème est moins ladite situation que la façon dont nous la vivons. Or nous gardons toujours le choix de la vivre autrement. Carl Rogers, célèbre psychologue américain à l'origine de l'Approche centrée sur la personne, le disait déjà: « Il existe un curieux paradoxe : quand je m'accepte tel que je suis, alors je peux changer. »

Les symptômes du trouble panique

Retour a la case depart

Dernier cas de figure : la déception. Sur le papier, nous avons réussi à prendre un chemin de traverse et sommes arrivé au but. Seulement, dans la réalité, nous ne sommes pas heureux. Nous avons quitté Paris pour la campagne ou un conjoint pour un ou une amant.e. Et voilà qu'une sorte de désillusion s'installe; c'est le temps des regrets. « Peut-être avez-vous idéalisé ce changement ». « Méfiez-vous de l'arrivée », disait Paul Watzlawick, psychologue américain membre fondateur de l'école de Palo Alto. Aucune nouvelle situation, ni aucun nouveau moi n'est parfait. Il faut apprendre à conjuguer avec les limites de la nouvelle donne qui, ' comme l'ancienne, présente des avantages et des inconvénients», analyse Claude de Scorraille. Et, si les seconds dépassent les premiers, admettre que ce virage n'était sans doute pas le bon. Le retour en arrière peut être envisagé, bien sûr, mais avec tout autant d'attention et de réflexion que le cheminement vers l'avant. Les mêmes questions doivent être posées : pour quoi, pour quelles raisons, dans-quel but, comment, avec l'aide et le soutien de qui? Ilne s'agirait pas de faire un pas en avant, puis deux en arrière sans jamais trouver une vie qui nous corresponde vraiment.

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Le trouble panique et l'agoraphobie

Le trouble panique et l'agoraphobie

"La peur d'avoir peur et d'aider ceux qui ont mal”

Padraic Gibson, PhD

Padraic Gibson est psychologue, thérapeute familial et superviseur. Il travaille en Irlande, en Italie, en France et à Malte. Il est associé principal à la recherche et chargé de cours chez LACT, à la Dublin City University et directeur clinique de La Clinique des TOC / The OCD Clinic®.

 

Le trouble panique, qu’est-ce que c’est ?

L'Organisation mondiale de la santé définit le trouble panique comme un problème important qui touche jusqu'à 20 % de la population mondiale et les femmes sont deux fois plus susceptibles d'être touchées que les hommes.  Si l'expérience de la panique peut sembler mystérieuse et parfois inexplicable lorsqu'elle se produit, nos recherches nous ont permis d'observer que le trouble panique évolue régulièrement par des tentatives progressives de contrôle de nos propres réactions naturelles et spontanées face à une menace perçue. Cette tentative de contrôle semble généralement fonctionner pendant un certain temps, jusqu'à ce que la personne fasse l'expérience de sa première perte totale de contrôle. Ce sentiment écrasant de panique et d'excitation psychophysiologique qui dépasse la limite normale est perçu comme un épisode véritablement effrayant et souvent assimilable à un danger de mort.  En général, la peur de l'expérience de la peur provoque la panique même que la personne cherche à éviter et les tentatives infructueuses d'éradiquer ce cycle créent un problème en spirale qui devient un cercle vicieux de comportement et de perception, qui devient encore plus rigide avec la répétition accrue des solutions inutiles du patient. 

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Le trouble panique, un piège mental

L'hyper-vigilance permanente de la personne à l'égard d'elle-même, de sa respiration, de son rythme cardiaque, de son équilibre, etc., ainsi qu'un fort désir d'imposer un contrôle sur toute altération de sa physiologie, précipitent la peur même que le patient cherche à contrôler. Lorsque nous atteignons ce point, nous pouvons dire que le "génie est sorti de la bouteille" et que le système d'excitation naturel du corps est déclenché. Plus le niveau de contrôle que l'on cherche à imposer à ses réactions corporelles est élevé, plus celles-ci s'aggravent - ce qui conduit à un trouble panique. La solution du patient est maintenant devenue son problème, et son problème est le résultat de sa solution (voir l'article précédent sur les pièges mentaux). La personne est maintenant piégée et toute tentative de résolution par le contrôle est vouée à l'échec. Cette peur de la panique et, plus tard, la peur qu'elle se produise à l'extérieur et dans la solitude, induisent l'agoraphobie, voire la claustrophobie avec attaques de panique.

Agoraphobie, qu'est-ce que c’est ?

Dans le cas de l'agoraphobie, le patient cherche généralement de l'aide et cherche toute personne qui pourrait l'aider en l'accompagnant dans des situations sociales ou dans tout voyage en dehors de la maison. Comme nous l'avons déjà mentionné dans ce blog, tout comportement humain est une forme de communication, et chaque fois qu'une personne demande et obtient de l'aide, elle se piège elle-même dans ce que Watzlawick et al. (1967) appellent une double contrainte. Chaque fois que quelqu'un l'accompagne, "elle confirme qu'elle est en sécurité parce qu'elle a de l'aide, mais elle confirme aussi qu'elle est incapable parce qu'elle a besoin d'aide" et ainsi sa solution alimente son problème, ce qui pousse sa phobie à de nouveaux extrêmes. Certaines personnes souffrant de trouble panique ont un endroit ou une situation claire et distincte qui déclenche la peur, et d'autres semblent vivre dans la crainte constante de ce fantôme qui les effraie à tout bout de champ, vivant leur vie comme un soldat sur un champ de mines anticipant perpétuellement une perte de contrôle. Un traitement efficace permet d'agir sur ces mécanismes et de bloquer rapidement le problème et de résoudre leur trouble en 7 à 10 séances.

Les symptômes du trouble panique

Les symptômes du trouble panique

  • Un sentiment écrasant d'effroi ou de peur 
  • Douleurs thoraciques ou sensation que votre cœur bat irrégulièrement 
  • Impression d'être en train de mourir ou d'avoir une crise cardiaque 
  • Transpiration et bouffées de chaleur ou frissons et tremblements 
  • Bouche sèche, essoufflement ou sensation d'étouffement 
  • Nausées, vertiges et sensation d'évanouissement 
  • Engourdissement, picotements ou fourmillements dans les doigts 
  • Un besoin d'aller aux toilettes 
  • Un estomac agité 
  • Des bourdonnements dans les oreilles.

Le diagnostic du trouble panique et de l'agoraphobie

  • Les personnes qui ont des attaques de panique ne souffrent pas toutes d'un trouble panique. Pour un diagnostic classique de trouble panique, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), publié par l'American Psychiatric Association, énumère les critères suivants :
  • Vous devez avoir des attaques de panique fréquentes et inattendues.
  • Au moins une de vos attaques a été suivie d'un mois ou plus d'inquiétude permanente à l'idée d'avoir une autre attaque ; d'une peur continue des conséquences d'une attaque, comme perdre le contrôle, avoir une crise cardiaque ou "devenir fou" ; ou de changements significatifs dans votre comportement, comme éviter les situations qui, selon vous, pourraient déclencher une attaque de panique.
  • Vos attaques de panique ne sont pas dues à la consommation de drogues ou d'autres substances, à un problème médical ou à un autre problème de santé mentale, comme la phobie sociale ou un trouble obsessionnel-compulsif.
  • La panique est souvent diagnostiquée à tort comme un trouble anxieux généralisé, alors qu'en réalité il n'y a pas d'expérience de perte totale de contrôle, typique de la panique avec le TAG. Dans le trouble anxieux généralisé, l'état d'excitation est constant, mais il y a rarement, voire jamais, un point de basculement dans la peur. La panique, telle que nous l'avons définie, se caractérise par une forme extrême d'excitation de la peur, qui commence à bloquer les personnes dans leur vie ou, pourrait-on dire, devient "pathologique" et nécessite donc une aide professionnelle. Lorsque la personne est bloquée par le problème, malgré ses tentatives personnelles de le résoudre, l'aide d'un professionnel devient la solution la plus utile. Si nous voulons résoudre ce problème rapidement, nous utilisons alors un diagnostic stratégique, dans lequel nous concentrons notre attention, non pas sur la description du problème, mais sur l'intervention sur les fonctions ou les opérations du problème dans la vie de la personne et sur la manière dont nous pouvons intervenir sur les tentatives de solution du patient qui sont en fait à l'origine du problème.

Le traitement des troubles paniques par la thérapie brève systémique

Le systémicien Padraic Gibson nous éclaire sur le traitement du trouble panique et de l’agoraphobie avec la thérapie brève systémique. Padraic Gibson est thérapeute familial et superviseur. Il travaille en Irlande, en Italie et à Malte. Il est associé principal à la recherche et chargé de cours à la Dublin City University et directeur clinique de The OCD Clinic®.

Ils tentent d'éviter les situations de peur, ce qui les rend moins aptes à faire face à ce monstre qui consume leur pensée et leur comportement et augmente leur peur de ces situations évitées et donc leur confiance en eux.

Ils cherchent de l'aide et une protection contre la peur, ce qui provoque en même temps le sentiment de sécurité, mais alimente encore plus la perception de la peur et le sentiment d'être incapable de gérer leurs peurs. En déléguant nos peurs aux autres, nous devenons totalement incapables de faire face seuls à ces situations et nous alimentons ainsi notre sentiment de dépendance et d'incapacité. 

La tentative permanente et continuelle de contrôler ses propres réactions physiologiques à la peur, ce qui conduit paradoxalement à une perte totale de contrôle de nos réactions naturelles.

Comment la thérapie brève soigne-t-telle les troubles paniques et l’agoraphobie ?

Afin de résoudre ce type de difficulté, le clinicien doit agir sur le comportement d'évitement tel que nous l'avons décrit. Pour ce faire, il doit employer une série d'interventions suggestives capables de rediriger l'attention consciente de la personne pendant les situations redoutées, ce qui conduit le patient à adopter des mesures de contre-évitement. Enfin, grâce à l'utilisation de techniques raffinées et spécifiques (Gibson, 2021), nous pouvons interrompre leur tentative de supprimer volontairement leurs réactions spontanées et avec un effort minimal et nous pouvons alors produire un détachement émotionnel de la situation et créer une nouvelle capacité de la part du patient, de mieux gérer leurs situations. Dans un post ultérieur, je parlerai de la différence entre un type de panique qui est déclenché par une peur de perdre le contrôle et celui qui provient d'une peur de mourir, car le traitement est différent.  (Clarke., 2018 ; Gibson, 2016,,2021 ; Nardone, et Portelli et Nardone, 2005).

thérapie brève pour  les troubles paniques et l’agoraphobie

Les formations LACT pour traiter les phobies sociales avec l’approche systémique

Le traitement des phobies et des troubles paniques par l’approche systémique est enseigné dans la troisième année du cursus LACT du Clinicien de la Relation et dans le mastère clinique de Giorgio Nardone.  

Contenus abordés dans la formation sur le traitement des phobies

  • Monophobies, phobies spécifiques et phobies généralisées
  • Critères diagnostiques pour les monophobies ou phobies spécifiques (DSM-5).
  • Liste des formes les plus courantes de monophobies.
  • Les tentatives de solution dysfonctionnelles liées monophobies, de phobies spécifiques et phobie généralisée.
  • Le traitement des monophobies ou phobies spécifiques en thérapie brève stratégique (stratégie, communication et relation thérapeutique).
  • Explication de la manœuvre thérapeutique "étuder son ennemi".
  • Explication de la manœuvre thérapeutique "carnet de bord".

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Les phobies sociales - Trouble d'anxiété sociale et paranoïa

Les phobies sociales

Trouble d'anxiété sociale et paranoïa, la peur de soi et des autres

Padraic Gibson, PhD

Padraic Gibson est psychologue, thérapeute familial et superviseur. Il travaille en Irlande, en Italie, en France et à Malte. Il est associé principal à la recherche et chargé de cours chez LACT, à la Dublin City University et directeur clinique de La Clinique des TOC / The OCD Clinic®.

 

La phobie sociale, qu’est-ce que c’est ?

Les phobies sociales ou  trouble d'anxiété sociale touchent 15 millions d'adultes, soit 6,8 % de la population. Ce trouble est aussi fréquent chez les hommes que chez les femmes et, selon la plupart des recherches, il commence généralement vers l'âge de 13 ans. Selon une enquête réalisée en 2007, 36 % des personnes atteintes du trouble d'anxiété sociale déclarent avoir ressenti les symptômes pendant 10 ans ou plus avant de chercher de l'aide (AADA, 2007).

La nervosité dans les situations sociales est un sentiment que nous éprouvons tous de temps à autre, le plus souvent dans des situations où nous risquons d'être critiqués, rejetés ou évalués, par exemple lors d'un rendez-vous, d'une présentation ou d'un entretien. Pour la plupart d'entre nous, ce sentiment n'est guère plus qu'une dose de "papillons" ou de "nerfs". Cependant, dans le cas du trouble de l'anxiété sociale, également appelé phobie sociale ou ce que nous pourrions appeler paranoïa, les interactions sociales quotidiennes ou même le fait de les envisager provoquent une déficience significative, de l'anxiété, de la peur et une conscience de soi intense. L'embarras et la peur d'être examiné ou jugé par les autres peuvent souvent conduire à des formes d'évitement significatives qui peuvent s'étendre à toute la vie des personnes et affecter gravement leur développement social, professionnel et même leur personnalité. Pour certains, la phobie sociale peut amener les patients à développer des rituels qui semblent les aider à gérer des situations chargées de peur et peuvent, dans de nombreux cas, conduire à des troubles obsessionnels compulsifs. 

Les sentiments de timidité ou de gêne dans certaines situations ne sont pas nécessairement des signes de trouble de l'anxiété sociale, en particulier chez les enfants, et les niveaux de confort dans les situations sociales varient en fonction des traits de personnalité et des expériences de vie. Certaines personnes sont naturellement réservées et d'autres sont plus extraverties et grégaires. Contrairement à la nervosité de tous les jours, le trouble d'anxiété sociale comprend la peur, l'anxiété et l'évitement qui interfèrent avec la routine quotidienne, le travail, l'école ou d'autres activités. La littérature scientifique sur le sujet indique que le trouble d'anxiété sociale commence généralement au début ou au milieu de l'adolescence, bien qu'il puisse parfois débuter chez des enfants plus jeunes ou à l'âge adulte.

 La phobie sociale, qu’est-ce que c’est ?

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Les signes et symptômes du trouble de l'anxiété sociale

  • Peur des situations dans lesquelles on peut être jugé
  • Peur de se mettre dans l'embarras ou de s'humilier
  • Peur intense d'interagir ou de parler avec des inconnus
  • Peur que les autres remarquent que vous avez l'air anxieux
  • Peur des symptômes physiques qui peuvent vous mettre dans l'embarras, comme rougir, transpirer, trembler ou avoir la voix tremblante.
  • Éviter de faire des choses ou de parler aux gens par peur de l'embarras.
  • Éviter les situations où vous pourriez être le centre d'attention.
  • Avoir de l'anxiété en prévision d'une activité ou d'un événement redouté.
  • Endurer une situation sociale avec une peur ou une anxiété intense
  • Après une situation sociale, passer du temps à analyser votre performance et à identifier les défauts de vos interactions.
  • S'attendre aux pires conséquences possibles d'une expérience négative lors d'une situation sociale.

Symptômes physiques de la phobie sociale/paranoïa

  • Rougissement
  • Battements de cœur rapides
  • Tremblements
  • Transpiration
  • Maux d'estomac ou nausées
  • Difficulté à reprendre son souffle
  • Étourdissements ou vertiges
  • Sensation de vide mental
  • Tension musculaire
Traiter la phobie sociale et la paranoïa avec l’ approche systémique

Traiter la phobie sociale et la paranoïa
avec l’ approche systémique

Le systémicien Padraic Gibson nous éclaire sur l’approche systémique dans les cas de phobies sociales et de paranoïa. Padraic Gibson est thérapeute familial et superviseur. Il travaille en Irlande, en Italie et à Malte. Il est associé principal à la recherche et chargé de cours à la Dublin City University et directeur clinique de La clinique des TOC / The OCD Clinic®.

D'un point de vue systémique, la phobie sociale a été redéfinie comme une forme de paranoïa. La paranoïa est une croyance que la personne entretient et qui devient vraie, non pas parce qu'elle était inévitable, mais parce que le patient l'a rendue inévitable par les comportements qu'il a mis en place. Ces comportements, utilisés pour résoudre la peur de se sentir rejeté, persécuté ou traité injustement par les autres, provoquent l'événement même qu'ils ont prophétisé.  L'objectif du traitement, comme pour les autres troubles précédents, est d'interrompre les tentatives inefficaces et dysfonctionnelles des patients pour résoudre leur problème.  Une fois encore, le traitement est réalisé par des stratagèmes directs, indirects et paradoxaux. Ces stratagèmes éprouvés (Gibson et al., 2016,2018,2019 ; Nardone, 2002, 2007, 2009, 2013, Castlenuovo et al., 2013,2016) doivent amener la personne à surmonter complètement et définitivement sa phobie sociale et après avoir résolu son problème, et seulement après, elle peut alors prendre pleinement conscience de la façon dont son problème a existé, s'est maintenu et comment il a été possible de l'affronter et de le surmonter grâce à l'activation guidée de ses propres ressources personnelles.

Dans la phobie sociale, la peur de ne pas être assez bon, assez drôle ou assez intéressant dans les situations sociales amène souvent les patients à percevoir les autres comme les jugeant sévèrement et ceci est particulièrement vrai lorsqu'une personne est "convaincue" qu'elle n'est pas intéressante. Ainsi, la peur de rougir ou de faire des erreurs, etc., amène le patient à surréguler ses réactions physiques et à se concentrer de manière obsessionnelle sur la possibilité que les autres remarquent ses réactions physiques. Dans de telles situations, les gens peuvent devenir nerveux à l'idée de signer leur nom sur des documents officiels, certains craignent de transpirer, de rougir ou de faire une erreur. La tentative même de contrôler ce qui ne peut l'être par la force conduit à la perte de contrôle que la personne craint le plus.

L'un des paradoxes inhabituels est que ce phénomène est plus susceptible de se produire chez les personnes très obsessionnelles, le plus souvent celles qui craignent de ne pas être parfaites. Dans de telles situations, la tentative obsessionnelle de contrôle du patient est en fait à l'origine de son problème et son problème phobique s'aggrave du fait qu'il est si capable d'essayer de l'arrêter. Les bruits de digestion après le déjeuner, les mains qui tremblent, le rougissement, etc. produisent chez la personne une peur paranoïaque de recevoir le jugement négatif des autres. L'évitement du déjeuner ou du petit-déjeuner, le recours excessif au maquillage ou aux vêtements pour masquer ces réactions de peur, favorisent l'extension du problème à de nombreux domaines de la vie de la personne. Pour l'individu socialement paranoïaque, lorsque le problème a pris une rigueur pathologique, il peut soit adopter des mesures strictes d'évitement de toutes les relations sociales, soit souffrir de l'humiliation d'être obligé de les traverser, ce qui lui donne l'impression d'un parcours semé d'embûches et d'un échec à chaque fois. Ces expériences laissent la personne avec une "réalité" désagréable dans son esprit, à savoir qu'elle est "réellement" incapable, faible ou inintéressante. 

Comment fonctionnent la phobie sociale et la paranoïa ?

La vision systémique et circulaire de l'interaction humaine, de la formation et de l'entretien des problèmes est une caractéristique principale de notre travail. Ce processus est parfaitement illustré par la phobie sociale. C'est-à-dire que la prophétie même de l'événement redouté conduit à l'événement de cette prophétie. La focalisation obsessionnelle sur les réactions physiques et l'évitement de toute possibilité d'être rejeté ou critiqué, les conduit à apparaître et à se sentir différents. Ce phénomène de prophétie auto-réalisatrice, qui est à la base de la plupart des troubles paranoïaques, a été proposé par le sociologue américain Robert K. Merton. En 1948, il a déclaré qu'il s'agissait "d'une supposition ou d'une prophétie qui, par le simple fait d'avoir été prononcée, conduit à l'événement de la chose prophétisée, confirmant ainsi davantage la vérité de la prophétie". William Thomas a également dit un jour que "si les hommes définissent certaines situations comme réelles, elles sont réelles dans leurs conséquences." Dans les relations sociales, si nous nous attendons vraiment à ce qu'une personne soit froide ou distante, sociable ou extravertie, elle aura tendance à se conditionner pour agir de cette manière. Ces attentes sociales et personnelles influencent fortement la perception que nous avons de nous-mêmes et l'effet peut être à la fois positif et négatif. Ceux qui s'attendent à bien faire réussiront souvent mieux, ceux qui s'attendent à échouer dans la vie ont tendance à échouer plus souvent. C'est pour cette raison que nous avons tendance à éviter de parler de phobie sociale et à préférer parler de trouble paranoïaque. Cependant, le trouble paranoïaque peut se transformer en phobie à cause de l'évitement de la personne et peut finalement devenir une forme de paranoïa délirante.

Lorsque le centre d'intérêt psychologique est le "moi", l'attention est portée sur le "soi".

Un patient socialement paranoïaque peut être paranoïaque non seulement à l'égard des intentions des autres, mais aussi de ses propres capacités et de la relation que la personne entretient avec elle-même.  Les personnes qui entrent dans cette catégorie se sentent constamment mal, quoi qu'elles fassent. Leur sentiment permanent de dépression, à la suite de bons ou de mauvais résultats dans des situations spécifiques, les conduit à penser qu'elles ne sont "pas assez bonnes" et à ne pas avoir confiance en leurs propres capacités ou ressources.  Les interventions apparemment simples et peu compliquées que nous utilisons dans notre thérapie peuvent avoir un effet apparemment magique. Les effets de notre première séance, si elle est efficace, peuvent transformer le trouble et la pensée du patient dès le début. Lorsque les patients ont une vision négative et paranoïaque spécifiquement centrée sur eux-mêmes et leur relation à eux-mêmes, ils peuvent manifester des peurs de parler en public, de faire des présentations et des entretiens d'embauche et développeront, plus que d'autres, des performances bloquées ou un évitement total dans ces situations.

 Les dangers d une parentalité surprotectrice

Lorsque l'accent psychologique est mis sur "les autres ou le monde"

Les patients qui se sentent continuellement jugés et observés de manière critique par les autres, expriment des sentiments de persécution, d'abus ou ont l'impression d'être mal interprétés. Ces patients finissent par nourrir du ressentiment, de la colère et de la rage envers leurs employeurs, leurs collègues, leurs parents, leurs amis, leurs proches. Ils peuvent éprouver un sentiment intense d'envie et de jalousie à l'égard de leurs collègues et voisins et se laisser consumer par la colère, ce qui peut les amener soit à éviter tout contact avec les autres, soit, au contraire, à chercher à attaquer le prétendu persécuteur qui devient essentiellement la victime de la prétendue victime. Dans ce type de paranoïa, la personne se défend contre quelque chose qui n'existe pas en réalité. Dans leur esprit, ils voient des activités suspectes partout et croient que d'autres peuvent comploter contre eux et commencent à générer une logique d'autoprotection, croyant que leurs propres croyances et leurs observations sont la "preuve" de leur réalité.  Les épisodes paranoïaques de délire sont essentiellement une réalité inventée qui produit un effet concret conduisant le patient à se défendre contre quelque chose qui n'existe pas en réalité et dont il croit pourtant sincèrement l'existence.

Doute contre certitude

Quelle est donc la différence entre un scepticisme ou un doute sain et un véritable trouble, qui implique une paranoïa obsessionnelle.  Nous pouvons constater dans ce trouble, comme dans la plupart des pathologies, qu'il y a une répétition quantitative et rigide d'un comportement qui le transforme qualitativement en quelque chose de très différent. Celui qui soupçonne et craint, sans preuves fondées, mais sur la base de simples indices, réels ou présumés, peut se sentir persécuté ou menacé et peut croire que ces expériences ou événements émanent du destin, de Dieu, de la malchance ou de la fatalité. Cette attitude sceptique à l'égard de la vie conditionne la personne à avoir véritablement peur de vivre. Ces épisodes peuvent faire suite à des expériences d'hostilité extrême et ils peuvent être déclenchés par des événements réels ou imaginaires. Ces événements peuvent être réels et le sont parfois. Des événements tels qu'un rejet ou la rupture d'une relation, l'intimidation ou même un événement traumatique peuvent précipiter l'issue. Ces patients sont toujours méfiants, toujours en alerte, toujours prêts à se défendre et leurs prophéties sont presque toujours négatives. Un patient paranoïaque a un haut degré de certitude que ses soupçons sont justes, rationnels et entièrement justifiés, il a peu ou pas de doutes. Cette réaction est tout à fait typique d'une paranoïa obsessionnelle. C'est précisément le niveau de doute par rapport à la certitude qui constitue et distingue une idéation obsessionnelle d'une idéation paranoïaque. La certitude est la source de la pensée paranoïaque, qui convertit une connaissance subjective en une vérité objective et absolue pour le paranoïaque.

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Comment se passe le diagnostic de la phobie sociale ?

Un diagnostic traditionnel peut être basé sur :

  • Un examen physique pour évaluer si un état pathologique ou un médicament peut déclencher des symptômes d'anxiété.
  • Une discussion sur vos symptômes, leur fréquence et les situations dans lesquelles ils se produisent.
  • Examen d'une liste de situations pour voir si elles vous rendent anxieux.
  • Questionnaires d'auto-évaluation des symptômes de l'anxiété sociale.
  • Critères énumérés dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), publié par l'American Psychiatric Association.

Les critères du DSM-5 pour le trouble de l'anxiété sociale

  • Peur ou anxiété persistante et intense face à des situations sociales spécifiques, car vous pensez que vous pourriez être jugé, embarrassé ou humilié.
  • Éviter les situations sociales anxiogènes ou les endurer avec une peur ou une anxiété intense.
  • Anxiété excessive et disproportionnée par rapport à la situation
  • Anxiété ou détresse qui interfère avec votre vie quotidienne.
  • Une peur ou une anxiété qui ne s'explique pas mieux par un problème médical, un médicament ou un abus de substances.
 La phobie sociale, qu’est-ce que c’est ?

Le traitement de la phobie sociale dans l'approche cognitivo-comportementale

Le traitement dépend généralement de la mesure dans laquelle la phobie sociale affecte la capacité d'une personne à fonctionner dans sa vie quotidienne. Les deux types de traitement les plus courants de la phobie sociale sont la psychothérapie CB ou les médicaments, ou les deux. Dans le cadre de la thérapie cognitivo-comportementale (dont nous avons parlé plus haut), le patient apprend à reconnaître et à modifier de manière rationnelle les pensées négatives qu'il entretient à son égard et à l'égard des autres. La thérapie cognitivo-comportementale peut être menée individuellement ou en groupe. La TCC utilise une thérapie basée sur l'exposition, amenant progressivement le patient à faire face à ses peurs par la pratique, elle peut rencontrer une grande résistance bien que les gains ne soient pas toujours maintenus. Les patients peuvent également participer à des formations ou à des jeux de rôle afin de mettre en pratique leurs aptitudes sociales et de gagner en confort et en confiance dans leurs relations avec les autres, mais nombre de ces interventions peuvent être vécues comme très pénibles et le patient y résiste souvent.

Traitement de la phobie sociale dans l’approche systémique

Les symptômes de la phobie sociale peuvent évoluer avec le temps. Ils peuvent s'exacerber en cas de stress ou d'exigences. Bien que le fait d'éviter les situations qui produisent de l'anxiété puisse aider les personnes à se sentir mieux à court terme, l'anxiété risque de persister à long terme si elles ne se font pas soigner. Les expériences quotidiennes courantes qui peuvent être difficiles à supporter avec le trouble de la phobie sociale comprennent, par exemple :

  • Rencontres
  • Entrer dans une pièce dans laquelle des personnes sont déjà assises
  • Rapporter des articles dans un magasin
  • Manger devant d'autres personnes
  • Utiliser des toilettes publiques
  • Interagir avec des personnes non familières ou des inconnus
  • Participer à des fêtes ou à des rassemblements sociaux
  • Se rendre au travail ou à l'école
  • Entamer une conversation
  • Établir un contact visuel

Lors de notre travail stratégique avec les patients, nous avons observé ces principaux moyens par lesquels les gens tentent, sans succès, de résoudre leur problème et ce sont ces mécanismes sur lesquels nous devons agir en thérapie pour que le traitement soit efficace.

- Les patients choisissent de réagir continuellement en se défendant avant une attaque perçue par l'évitement ou l'isolement ;

- Certains patients se défendent en attaquant, verbalement ou physiquement, leur persécuteur perçu ;

Phobie sociale et paranoïa

Ces solutions fondamentales et typiques ci-dessus qui soutiennent la structure du trouble paranoïaque et elles sont la tentative d'évitement ou la défense excessive ou l'attaque anticipée envers les autres. C'est-à-dire que la personne réagit de manière excessive à la moindre provocation ou à la critique perçue des autres à cause de ce qu'elle ressent. Le patient voit l'agression ou le rejet partout. Un certain nombre d'interventions contre la phobie sociale sont décrites ci-dessous et se sont avérées très efficaces et efficientes ;

Paranoïa

  • La prescription de l'anthropologue - il s'agit d'une intervention qui demande au patient d'aller observer le comportement des autres dans la vie quotidienne et toute preuve concrète de refus des autres à son égard. Cette prescription simple mais complexe, déplace leur attention d'eux-mêmes vers les autres et fonctionne en nous aidant à remettre subtilement en question leur thèse et leurs croyances rigides. Cela " ouvre une porte mentale " que nous pouvons entrouvrir de plus en plus au fur et à mesure de l'évolution de chaque session, les faisant ainsi passer d'une croyance à une nouvelle plus fonctionnelle avec un minimum d'effort et sans les remettre en question directement.
  • Lettres de colère - en prescrivant l'écriture de lettres de colère, on demande à ces patients d'exprimer toute négativité qu'ils peuvent nourrir envers d'autres personnes sans l'exprimer à d'autres personnes figurant sur la liste de "haine". Cette intervention, aide à décanter leur émotion et à gérer leur affect.

Phobie sociale

Permettre une petite erreur, une perte de contrôle ou une critique - lorsque le thérapeute demande au patient de permettre une petite erreur ou une petite perte de contrôle, il l'aide à démanteler lentement ses tentatives habituelles de contrôle. À chaque séance, il passe de petites à de plus grandes pertes de contrôle, jusqu'à ce que le trouble soit complètement résolu.

Le pire fantasme - comme précédemment avec l'ensemble des troubles phobiques et comme décrit ci-dessus, cette intervention permet au patient de maîtriser ses réactions phobiques face à des situations effrayantes.

Les interventions ci-dessus sont basées sur le blocage des tentatives habituelles de solution. En thérapie, les relations avec ces patients, en particulier le type paranoïaque, impliquent d'être capable d'accepter pleinement leurs croyances sans qu'ils aient l'impression que vous les remettez directement en question. Nous devons travailler en remettant en question leurs méthodes, mais pas leurs croyances dès le départ. Si la relation est correctement calibrée, le clinicien peut aider le patient à restructurer rapidement sa perception et à recommencer à vivre. Une fois encore, la relation doit être adaptée aux exigences du problème à résoudre. Les individus paranoïaques peuvent sembler contrôlés, froids ou détachés et nous pouvons paraître banals et risquer de perdre leur confiance si notre langage corporel est trop ouvert et chaleureux dans les phases initiales, nous devons contrôler la façon dont nous interagissons avec ces patients dans les premiers stades de la thérapie et nous ouvrir lentement. Nous devons veiller à ce que le patient ne se sente en aucune façon critiqué ou rejeté par notre communication ou nos questions.

Les formations LACT pour traiter les phobies sociales avec l’approche systémique

Le traitement des phobies et des troubles paranoïaques par l’approche systémique est enseigné dans la troisième année du cursus LACT du Clinicien de la Relation et dans le mastère clinique de Giorgio Nardone.

Contenus abordés dans la formation sur le traitement des phobies

  • Monophobies, phobies spécifiques et phobies généralisées
  • Critères diagnostiques pour les monophobies ou phobies spécifiques (DSM-5).
  • Liste des formes les plus courantes de monophobies.
  • Les tentatives de solution dysfonctionnelles liées monophobies, de phobies spécifiques et phobie généralisée.
  • Le traitement des monophobies ou phobies spécifiques en thérapie brève stratégique (stratégie, communication et relation thérapeutique).
  • Explication de la manœuvre thérapeutique "étuder son ennemi".
  • Explication de la manœuvre thérapeutique "carnet de bord".

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Les dangers d'une parentalité surprotectrice

Les dangers d'une parentalité surprotectrice

Comment s'échapper de la cage dorée ?

Padraic Gibson, PhD

Padraic Gibson est psychologue, thérapeute familial et superviseur. Il travaille en Irlande, en Italie, en France et à Malte. Il est associé principal à la recherche et chargé de cours chez LACT, à la Dublin City University et directeur clinique de La clinique des TOC / The OCD Clinic®.

 

Le modèle familial surprotecteur,
qu’est-ce que c’est ?

La vie moderne est marquée par un degré croissant de narcissisme et de paranoïa alimentée par les médias sociaux, qui a empoisonné notre santé mentale. C'est sans doute aussi en partie parce que tant de jeunes craignent que l'aveu de leur vulnérabilité n'affecte leur emploi ou leurs relations, à un moment où leur avenir est déjà bien moins sûr ou prévisible que celui de leurs parents. L'indépendance, la réduction de l'orientation familiale et la recherche de l'épanouissement personnel ont conduit à une augmentation du malheur. Parmi les autres changements, citons :

  • L'évolution de la structure familiale a vu la disparition de la famille élargie, l'augmentation des séparations et des divorces, l'augmentation des heures de travail des parents et la diminution du temps que les parents passent avec leurs enfants.
  • Le mode de vie de la famille - il y a eu une augmentation de la mobilité, une diminution des communautés "enracinées" et une poursuite croissante de la gratification individuelle.
  • Le mode de vie des gens a connu une diminution de l'exercice physique, ce qui a entraîné une augmentation des activités intérieures telles que l'ordinateur, la télévision, la socialisation virtuelle par le biais de Facebook et d'autres formes de médias sociaux.)
  • La commercialisation de la vie quotidienne - l'augmentation du marketing ciblé des biens de consommation et la création de nouvelles opportunités commerciales, y compris le marketing de l'enfance. 
  • Les changements dans le système éducatif - l'idéologie de l'enseignement moderne est ancrée dans des méthodes telles que l'évaluation continue et les feuilles de travail à orientation sociale qui, selon certains, favorisent le style d'apprentissage des filles par rapport aux garçons (par exemple, Burman, 2005 ; Timimi ; 2010).
Le modèle familial surprotecteur qu est-ce que c est
  • Un plus grand accès à des solutions nouvelles, multiples et malheureusement contradictoires pour les problèmes psychologiques et comportementaux.
  • Une plus grande focalisation sur le soi et l'individualisme.
  • Une augmentation excessive de la prescription de médicaments psychiatriques.
  • Approches rationnelles de la résolution des problèmes humains - dont l'utilisation de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
  • L'évolution des rôles - comme la renégociation des rôles sexuels et familiaux.
  • Attentes de soi - nous attendons davantage de nous-mêmes et de la vie qu'auparavant.
  • Environnements surprotecteurs - les modèles parentaux, comme nous le verrons plus tard, ont eu un effet néfaste sur les jeunes.
  • Médias sociaux - utilisation et mauvaise utilisation de ces moyens de communication avec le monde.

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Nous recevons nos patients du lundi au vendredi. 
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Les conséquences de la surprotection parentale sur la construction de l’enfant

Le systémicien Padraic Gibson nous éclaire sur les conséquences de la surprotection parentale sur la construction de l’enfant. Padraic Gibson est thérapeute familial et superviseur. Il travaille en Irlande, en Italie et à Malte. Il est associé principal à la recherche et chargé de cours à la Dublin City University et directeur clinique de The OCD Clinic®.

Nous acquérons tous un sens de notre "moi" à travers les valeurs, les croyances et les pratiques de notre société et de notre culture. Nous apprenons à nous "connaître" à travers ces contextes, tout comme le langage qui nous est donné par les professionnels sur la santé et la maladie mentales et la façon dont elles sont décrites. Ces images et le langage que nous utilisons sont généralement largement propagés par les médias de masse ou les entreprises médicales. Il est également important de souligner que nous ne sommes pas seulement des victimes de notre société ou de notre famille, nous pouvons penser, agir et ressentir à un niveau personnel. Nous avons une responsabilité personnelle et un agenda personnel pour prendre nos propres décisions et nous pouvons créer un meilleur avenir et modeler nous-mêmes des modes de vie efficaces. L'augmentation du nombre d'heures de travail, l'inégalité accrue des revenus, la plus grande insécurité de l'emploi et la rupture des contacts sociaux avec la famille élargie, combinées à une société qui valorise un élan culturel vers les aspirations individuelles et le consumérisme, ont également un impact direct sur la santé mentale de tous les citoyens. 

Société et surprotection parentale

Société et surprotection parentale

Une société égocentrique ou narcissique signifie que nous devons continuer à nous occuper du numéro un et à sentir que nos besoins, souhaits et désirs personnels doivent être satisfaits, même parfois à tout prix. Sur le plan psychologique personnel, cette société de plus en plus égocentrique nous place dans un vide psychologique. Nous sommes devenus préoccupés par notre propre survie, dépourvus du sentiment de sécurité émotionnelle qui découle du sentiment d'être apprécié en tant que personne et non en tant que consommateur, et de la conviction que nous avons un sentiment durable d'appartenance aux autres dans notre monde. Lorsque nous n'apprenons pas à donner du plaisir, cela peut avoir des effets douloureux et néfastes sur notre vie personnelle. La montée du narcissisme dans la société a largement contribué à l'augmentation des problèmes comportementaux et émotionnels chez les jeunes, mais ce n'est pas tout. 

Les changements sociaux se sont accélérés récemment, notamment en ce qui concerne l'évolution des formations familiales. Les enfants du monde occidental naissent aujourd'hui dans des familles plus petites, disposant de plus de ressources et se concentrant davantage sur les besoins de leurs enfants. Il y a moins de concurrence pour l'attention des parents et des soignants dans les petits groupes et nos besoins personnels ont plus de chances d'être pleinement satisfaits dans ces contextes hautement protecteurs. Dans ces contextes, l'adulte qui s'occupe de l'enfant s'efforce continuellement d'éviter tout désagrément à ses enfants, cherchant souvent à se substituer à eux si une situation difficile ou potentiellement stressante se présente. Cela peut, par inadvertance, nuire à l'image que l'enfant a de lui-même et de ses capacités.

 

Dans ces situations, l'éducation des enfants se caractérise par une communication douce et chaleureuse, la protection et l'amour étant au cœur de ces interactions. Ces parents se retrouvent à parler et à se connecter continuellement avec leurs enfants afin de prévenir toute difficulté éventuelle. Le plus souvent, si l'enfant refuse d'accepter la protection et l'amour qui lui sont offerts, il se sent coupable et honteux. 

 

Le piège de la surprotection parentale

Les effets de ce style d'éducation sont désastreux et piègent les enfants dans une contradiction complexe. Les enfants sont forcés de se voir comme ayant une haute estime d'eux-mêmes, alors que beaucoup d'entre eux n'ont pas été confrontés à de nombreux problèmes pratiques du monde réel et ne les ont pas surmontés eux-mêmes pour gagner cette estime d'eux-mêmes. Ces jeunes, lorsqu'ils sont surparentés, nourrissent souvent une grande méfiance à l'égard de ceux qui les entourent et de leurs propres capacités. Combien d'enfants se font dire qu'ils peuvent devenir ce qu'ils veulent, même président de leur pays, alors que dans le même temps, leurs parents font tout et résolvent tous les problèmes pour eux ? Dans cette interaction, un double message dangereux est créé, car chaque fois que les parents se substituent à leurs enfants et résolvent les problèmes à leur place, ils disent en réalité à leurs enfants : "Je fais cela parce que je t'aime... mais je le fais vraiment parce que tu es incapable de le faire toi-même". Cette double contrainte sape de manière très subtile le sentiment de compétence et de capacité de l'enfant et les schémas relationnels décrits ci-dessous renforcent cette dynamique. 

Dans ce schéma, nous pouvons voir que :

  • Le message que l'enfant reçoit également de ses parents est qu'il n'est pas nécessaire que l'enfant en fasse trop et qu'il n'a pas à faire face aux conséquences effrayantes d'un échec.
  • Les parents ou les grands-parents peuvent intervenir et tout résoudre.
  • Les récompenses ne dépendent pas de ce qu'ils font ou des résultats qu'ils obtiennent, elles sont reçues parce qu'ils sont spéciaux et que les choses leur reviennent de droit. 
  • Il n'est pas nécessaire de faire des efforts pour obtenir la plupart des choses, ce qui conduit l'enfant à une vision irréaliste du monde.

Les formations LACT pour traiter les problème de surprotection parentale avec l’approche systémique

Le traitement des phobies et des troubles paniques par l’approche systémique est enseigné dans la troisième année du cursus LACT du Clinicien de la Relation et dans le mastère clinique de Giorgio Nardone

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Efficience de l’approche systémique stratégique dans la résolution des conflits au travail

Efficience de l’approche systémique stratégique dans la résolution des conflits au travail

Comment l’approche systémique et stratégique permet-elle de résoudre les conflits au travail ? Audrey Becuwe, maître de conférences HDR à l’université de Limoges et Grégoire Vitry, chercheur PhD à l’université de Paris Descartes et directeur de l’école LACT présentent les fondamentaux de cette approche et son protocole opératoire dans le cadre de l’étude d’un cas de conflit en entreprise.

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