Représentant École de Palo Alto

Approche Systémique Stratégique & Hypnose Conversationnelle

Portes Ouvertes en ligne le 20 octobre 2022 de 18h30 à 20h30
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Marie-Christine CABIÉ - Le choix comme éthique en psychothérapie

Lact a le plaisir de vous proposer en intégralité, la webconférence du Dr. Marie-Christine CABIÉ tirée de la 5ème édition International Webinar, intitulée :  « Le choix comme éthique en psychothérapie ».

Marie-Christine CABIÉ

Psychiatre, psychothérapeute, chef du pôle de psychiatrie Paris 11 aux Hôpitaux de Saint Maurice, formatrice en thérapie familiale systémique, en thérapies brèves et en hypnose ericksonienne. Elle est également directrice de la collection Relations aux éditions érès.

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Dire un petit « non »

Dire un petit « non »

Grégoire Vitry et Claude de Scorraille
Article paru dans Hypnose & thérapies brèves hors série n°16

Sans capacité de dire non, il n’y a pas de vrai oui.

« Etre libre, c’est savoir dire non. »  Jean-Paul SARTRE

Cas clinique : Samira se sacrifie

Lorsque je rencontre Samira, elle est aide à domicile. Elle est en arrêt maladie. La structure pour laquelle elle travaille m’a contacté en m’indiquant qu’ils sont inquiets pour elle, car elle ne va pas bien. Elle me dit : « Je n’en peux plus, je suis épuisée. Je passe mon temps à faire pour le mieux et à travailler nuit et jour pour que les personnes dont je m’occupe soient bien traitées. Je ne fais plus que ce que l’on me demande. Je m’efforce à fournir un travail parfait. Et je me rends compte que ça ne sert à rien quand je vois comment mon collègue Jean-Félix saccage mon travail. »

Samira en fait beaucoup plus qu’elle ne devrait. Par exemple, lorsque la famille pour laquelle elle travaille le plus souvent lui demande de s’occuper des courses en allant acheter des aliments qui sont difficiles à trouver, elle s’empresse de prendre sa voiture pour faire des kilomètres.

... « vous savez, un mauvais “oui”,
on le fait payer mille fois »

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L’éco-anxiété : De l’apprentissage de l’impermanence à l’action

L’éco-anxiété De l’apprentissage de l’impermanence à l’action

Par Emmanuelle Gallin 1

Eco-anxiété, solastalgie, biophobie, écophobie, terreur planétaire, tierratrauma, topoaversion, trouble du déficit de la nature, écoparalysie, toponésie, météoranxiété, collapsalgie 2… Tout un nouveau vocabulaire tente de décrire les nuances de ce mal du XXIème siècle lié à un environnement perçu comme dangereux. Peut-on parler d’une « nouvelle » notion d’éco-anxiété ? N’a-t-elle pas toujours accompagné les hommes au cours des siècles ? Pourquoi l’homme du XXIème siècle semble moins bien résister à l’incertitude de l’avenir ? Comment aborder ce nouveau mal pour soulager les patients ? Comment une approche constructiviste permet de transformer une représentation anxiogène du monde liée à l’impuissance en une dynamique radicale 3 et volontaire. Suite à la conférence sur l’éco-anxiété organisée par l’association Néo Sensus 4 le 9 mai 2022, interrogeons-nous sur ce qui apparaît comme un des maux du XXIème siècle.

Eco-anxiété, mal du XXIème siècle

En décembre 2021, les résultats d’une enquête internationale publiés par le journal Lancet Planet Health révélaient l’ampleur du phénomène d’éco-anxiété lié aux changements climatiques.  Sur un échantillon de dix mille personnes de 16-25 ans venant de 10 pays, 59 % des interrogés se sentent « très » ou « extrêmement inquiets » du changement climatique, 45 % affirment que l’anxiété climatique affecte leur vie quotidienne. L’étude fait également ressortir que ceux qui vivent dans des pays directement impactés par le changement climatique (Inde, Nigéria, Philippines) ressentent des émotions désagréables plus intenses.

L’éco-anxiété, théorisée par l’historien américain Theodore Roszak 5 dès les années 1970, est une peur par anticipation. Reprise en 1997 par Véronique Lapaige, chercheuse belgo-canadienne en santé mentale et définie comme une « inquiétude extrême face aux dommages actuels et futurs causés à l’environnement par l’activité humaine et le changement climatique » (Dictionnaire Oxford). Les psychiatres comparent cette anxiété d’anticipation d’une peur dirigée vers l’avenir à un « stress pré-traumatique ». Cliniquement, l’éco-anxiété se manifeste par des symptômes liés aux troubles anxieux : crises de panique, insomnies, pensées obsessionnelles, troubles alimentaires…

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Dr. Boris CYRULNIK - Peut-on vivre sans souffrance ?

Lact a le plaisir de vous proposer en intégralité, la webconférence du Dr. Boris CYRULNIK tirée de la 5ème édition International Webinar, intitulée : « Peut-on vivre sans souffrance ? ».

La souffrance commence dans l’utérus ; elle est à la fois d’origine chimique et mentale. Si la mère est stressée, cortisol et catecolamines passent la barrière placentaire provoquant une atrophie du système limbique, socle neurologique de la mémoire et des émotions.
 
L’ontogenèse de la parole commence dans l’utérus et se poursuit dans la niche sensorielle des bras de la mère mais ce n’est que vers l’âge de 6/7 ans que l’enfant accède à la représentation du temps et donc au récit.
 
La temporalité joue un rôle dans la réception et la représentation du temps. Les bébés et jeunes enfants vivent dans le temps contextuel, le temps présent, les adultes psycho-traumatisés sont prisonniers de leur syndrome tandis que les personnes âgées souffrent d’une atrophie bi-frontale qui les empêche d’anticiper l’avenir et les soumet au passé.
 
La mémoire saine est évolutive tandis que la mémoire épisodique s’altère si le trauma n’est pas élaboré.Alors, la souffrance ne s’éteint-elle vraiment qu’avec la mort ?

Boris CYRULNIK

est un neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste français. Responsable d'un groupe de recherche en éthologie clinique à l'hôpital de Toulon-la-Seyne (1972-1991), il publie son premier ouvrage Mémoire de singe et parole d’homme en 1983. Directeur d’enseignement depuis 1996 à la Faculté des lettres et sciences humaines de Toulon, président du Centre national de création et de diffusion culturelles de Châteauvallon (depuis 1998), président du Prix Annie et Charles Corrin sur la mémoire de la Shoah (depuis 2005). Boris Cyrulnik est surtout connu pour avoir développé le concept de «résilience» (renaître de sa souffrance). Il a publié une trentaine d’ouvrages.

Retranscription

le titre est très stimulant, parce qu'on ne pourrait pas mourir si  auparavant on n'était pas vivant. Donc, les deux sont associés et ce qui est associé aussi, c'est la vie et la souffrance. Pourrait-on vivre sans souffrance ?

Je propose de distinguer la douleur et la souffrance. La douleur, elle contient, elle est supportée par les voies de la douleur, c'est-à-dire que c'est de l'anatomie, de la physiologie, de la transmission synaptique et on partage ça avec beaucoup de mammifères et une grande partie du monde vivant, puisqu'on dit même que les plantes souffrent et on dit même que le sol peut aussi souffrir, mais je crois qu'il faut distinguer "douleur", qui est un socle neurologique, et "souffrance", qui est particulièrement développée quand on a une corticalisation, c'est-à-dire quand on peut développer un système nerveux qui nous permet de se soumettre à la pression de l'autre, des relations et du milieu.

Je crois qu'on peut faire cette distinction, parce que "souffrance", ça vient de "sulfero", "supporter", je supporte plus ou moins bien la douleur. Une même  information de douleur peut être plus ou moins bien supportée selon notre développement et nos relations, c'est-à-dire selon la corticalisation. Alors ça, c'est juste pour l'introduction, de quoi je vais essayer de parler.

La douleur est inévitable, elle est même nécessaire. J'ai eu l'occasion de voir un cas d'agénésie des fibres C, où la femme n'avait aucune douleur et un jour, en faisant sa cuisine, elle a senti une odeur de bifteck grillé. La porte du four s'était ouverte, c'était sa jambe qui était en train de griller et elle ne s'en rendait absolument pas compte.

Ça veut dire que la douleur est un mécanisme adaptatif qui nous permet d'éviter de nous adapter au milieu, de fuir, de s'adapter ou d'affronter, exactement comme la plupart des êtres vivants [....]

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Les tentatives de solutions redondantes

LES TENTATIVES DE SOLUTIONS REDONDANTES : DIAGNOSTICS OPÉRATIONNELS ET INTERVENTIONS STRATÉGIQUES POUR METTRE FIN À LA RÉPÉTITION DE LA MÊME CHOSE

Grégoire VITRY, Claude DE SCORRAILLE, Claudette PORTELLI, Michael F. HOYT

dr fr Résumé

En commençant par le Mental Research Institute (MRI) de Palo Alto, en Californie, un méta-modèle a été décrit dans lequel les tentatives de solutions redondantes (TSR) sont considérées comme entretenant les difficultés mentales qu'elles tentent de résoudre. Giorgio Nardone et ses collègues du Centro di Terapia Strategica d'Arezzo, en Italie, ont développé cette approche constructiviste par le biais d'une méthode de dialogue stratégique qui fait d'un entretien de diagnostic initial une intervention thérapeutique délibérée et collaborative. En utilisant SYPRENE, un réseau de recherche sur les pratiques systémiques (Vitry et al., 2020), cet article présente une lecture des problèmes psychologiques persistants en termes de TSR d'évitement et/ou de contrôle dans lesquels ils s'inscrivent, puis démontre à l'aide d'une vignette clinique comment cette grille peut guider les prescriptions thérapeutiques.

Mots-clés

tentative de solution redondante, thérapie stratégique, IRM, diagnostic opératoire, SYPRENE

dr en Abstract:

Beginning with the Mental Research Institute (MRI) in Palo Alto, California, a meta-model has been described in which redundant attempted solutions (RASs) are seen to maintain the mental difficulties that they attempt to resolve. Giorgio Nardone and his colleagues at the Centro di Terapia Strategica in Arezzo, Italy, have developed this constructivist approach via a strategic dialogue method that renders an initial diagnostic interview a deliberate and collaborative therapeutic intervention. Using SYPRENE, a systemic practice research network (Vitry et al., 2020), this article presents a reading of persistent psychological problems in terms of the RASs of avoidance and/or control in which they are embedded, and then demonstrates with a clinical vignette how this grid can guide therapeutic prescriptions.

Keywords

redundant attempted solution, strategic therapy, MRI, operative diagnosis, SYPRENE

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Le systémicien, nouveau démineur de conflits en entreprise

Le systémicien, nouveau démineur de conflits en entreprise

Selon un travail de recherche, l’intervention d’un systémicien aboutit à la résolution du problème ou au moins amélioration tangible dans 88 % des cas.

Par Audrey Becuwe & Grégoire Vitry

Selon l’Observatoire du coût des conflits au travail, plus de deux salariés sur trois se déclarent en situation de conflit. Une étude plus ancienne d’OPP Ltd, cabinet de consultants spécialisé dans la psychologie du travail, précise que les salariés français « passent, en moyenne, 1,8 heure par semaine » à gérer ces difficultés. Et que 51 % des salariés des départements ressources humaines y consacrent de 1 à 5 heures hebdomadaires.

Or le temps, c’est de l’argent. La perte pour les entreprises de l’Hexagone est estimée à l’équivalent d’un mois de travail par an, soit une facture de plus de 152 milliards d’euros chaque année. Ainsi, la question de la résolution des conflits dans un cadre professionnel représente un enjeu économique autant que social.

Pour prendre en charge ces tensions, les entreprises ont aujourd’hui généralement recours à la médecine du travail, à des médiateurs, des coachs, des juristes ou des organisations syndicales. Autant d’acteurs – particulièrement la médecine du travail –, qui sont généralement démunis face à des situations à la croisée de la santé individuelle et du bien-être collectif. La seule réponse est trop souvent l’arrêt de travail, le licenciement ou la mutation. Mais il existe une autre approche, encore méconnue, bien que particulièrement efficace : l’intervention d’un systémicien.

Des situations qui se sont « dégonflées d’elles-mêmes »

De quoi s’agit-il ? L’approche dite systémique est issue de l’école de pensée de Palo Alto, en Californie. Une théorie des sciences de la communication qui consiste à aborder les conflits entre personnes comme un dysfonctionnement du système de relations qu’un individu entretient avec lui-même, avec les autres, et avec le monde. Pour parler simplement, le systémicien est un expert des dynamiques relationnelles et de leur régulation.

Un exemple – réel – permet de comprendre comment il procède. Magali*, 35 ans, travaille dans une entreprise de presse. Elle dirige deux personnes, dans un contexte tendu de transformation digitale. Plus elle se sent en difficulté, plus elle consacre d’énergie à se montrer irréprochable, notamment en planifiant à l’extrême les tâches de son service. « Je finis par me dire que je suis trop exigeante », s’inquiète-t-elle. De fait, ses collaboratrices lui reprochent de ne pas tenir compte de leurs difficultés personnelles.

C’est dans ce contexte que sa N + 1 est affectée à une autre mission. Magali se retrouve alors en prise directe avec Édouard, son N + 2. Celui-ci reçoit les plaintes des subordonnées de Magali et reproche publiquement à cette dernière ses insuffisances managériales. Magali vit ces reproches comme une injustice. Plus elle cherche à se justifier, plus Édouard s’emporte et plus elle-même ressent colère et peur de ne plus être à la hauteur. « Si rien ne change, je vais chercher un autre travail »…

C’est la directrice des ressources humaines, saisie de la question, qui a adressé Magali à une systémicienne. Les premières séances permettent la « délimitation » du problème. L’intervenante cerne les difficultés de sa cliente. Tant vis-à-vis de son supérieur que de ses collaboratrices, cette femme qui veut être parfaite est sur le qui-vive et « redoute sans cesse qu’on lui reproche un problème de management ».

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Intervenir
sur la souffrance au travail

Elle met en place ce que les systémiciens appellent des « tentatives de solution », des stratégies qui aggravent et enkystent le conflit au lieu de le résoudre. Ainsi, Magali prépare soigneusement son argumentation avant de rencontrer son manager, se plaçant sur la défensive. Avec ses collaboratrices, elle évite à tout prix d’aller sur le terrain émotionnel, quitte à s’isoler.

L’intervenante va donc lui proposer des stratégies alternatives, souvent paradoxales. Par exemple, avec Édouard, la « technique du pare-choc » : commencer une intervention par « Je sais que je vais vous décevoir, mais… », pour désamorcer les reproches redoutés. C’est la deuxième phase de l’intervention, dite de la « perturbation ». Enfin, le travail s’achève par un « ajustement » de la stratégie en fonction des résultats de l’expérimentation.

À sa huitième séance, Magali estime qu’« il y a des enjeux que j’ai réussi à démêler, ce n’est plus du tout mélangé comme ça pouvait l’être il y a quelques mois ». Et la séance suivante – la dernière –, elle tire ce bilan : « je pense que ça va beaucoup mieux. Des situations se sont dégonflées d’elles-mêmes et j’ai repensé à ce que vous m’aviez dit : ça a pris du sens ». L’intervenante propose à sa cliente un questionnaire d’évaluation. Sur une échelle de 0 à 10, pour Magali, le problème est résolu à hauteur de 8. Le coaching de Magali aura duré neuf séances sur un an.

« Le cœur a ses raisons… »

Notre recherche, menée sur une population de 357 clients du réseau SYPRENE/LACT sur les pratiques pour les thérapeutes et les chercheurs en stratégie et en systémique, montre plutôt une moyenne de six séances sur une durée de 6 mois. Avec une efficacité notable : résolution du problème ou au moins amélioration tangible dans 88 % des cas.

L’intérêt pour une entreprise paraît évident : une économie de moyens, en temps et en ressources. « Généralement, au bout de 6 semaines, on observe une baisse de la crise », confirme ce HR Talent Developer d’un groupe de luxe, interrogé dans le cadre de notre recherche. Un autre professionnel, développeur RH et coach exécutif d’un fournisseur d’énergie, se dit impressionné. « J’ai vu à quel point en 1 ou 2 interventions, les gens se disent « mais quel était le problème ? », ils en ont oublié l’acuité et l’existence même. Ils sont passés tellement vite à autre chose, et ça, c’est le propre d’une action réussie ».

De manière générale, les interventions correspondent à trois types de difficultés : des problématiques de conduite du changement (perte de sens, démotivation), de souffrance au travail (burn-out, harcèlement, dépression) ou de crise (grèves, menaces de tentatives de suicide). L’approche systémique stratégique est particulièrement indiquée pour dénouer des conflits enkystés au fil du temps, où l’émotionnel a pris le dessus sur le rationnel. Car comme le rappelle Blaise Pascal : « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ». « C’est plus rapide et plus efficace quand le conflit est profond, car il y a des symptômes dysfonctionnels forts », acquiesce notre HR Talent Developer.

Les entreprises peuvent donc d’ores et déjà ajouter un outil performant à leur dispositif d’amélioration de la qualité de vie au travail, indépendamment de la médiation et des plates-formes d’écoute téléphonique. Un nouvel outil de résolution des problèmes, nous l’avons dit. Mais aussi un outil de prévention, avec la mise en place de formations/interventions sur le management relationnel (à partir de modules collectifs de 2 heures) appliqué aux sujets sensibles de l’entreprise par exemple la discrimination, la gestion de conflits, le télétravail… Un outil, de surcroît, qui permet d’impliquer, lorsque c’est nécessaire, l’ensemble des parties prenantes : direction, management, médecine du travail, syndicats. Une saine gestion des ressources humaines peut-elle se passer d’un tel atout ?

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Efficience et mécanismes de mise en œuvre de l’approche systémique stratégique dans la résolution des conflits au travail

Efficience et mécanismes de mise en œuvre de l’approche systémique stratégique dans la résolution des conflits au travail

Audrey BECUWE, Grégoire VITRY

dr fr Résumé

Plusieurs auteurs montrent que l’approche systémique et stratégique des interventions en organisation est efficiente. Cependant, ces démonstrations se basent sur des études de cas ou de petits échantillons qui ne permettent pas de généraliser les résultats. C’est pourquoi nous mesurons quantitativement l’efficience des interventions systémiques stratégiques. La population de l’étude quantitative est basée sur les données issues du réseau de recherche Syprene. L’efficience est mesurée sur la base de trois indicateurs : le GHQ-12, l’échelle de résolution des problèmes, et le nombre de séances d’intervention réalisées. Nous complétons ces données par l’observation d’un intervenant systémique missionné pour résoudre un double conflit de hiérarchie et d’autorité afin de décrire les processus de changement et d’intervention à l’origine des résultats obtenus.

Mots-clés

efficience, approche systémique et stratégique, tentative de solution, SYPRENE, conflits au travail

dr en Abstract:

Several authors show that the systemic and strategic approach to organizational interventions is efficient. However, these demonstrations are based on case studies or small samples that do not allow us to generalize the results. Therefore, we quantitatively measure the efficiency of strategic systemic interventions. The quantitative study population is based on data from the Syprene research network. Efficiency is measured on the basis of three indicators: the GHQ-12, the problem-solving scale, and the number of intervention sessions completed. We supplement these data with the observation of a systemic intervener who was asked to resolve a double conflict of hierarchy and authority in order to describe the processes of change and intervention that led to the results obtained.

Keywords

efficiency, systemic and strategic approach, solution attempt, SYPRENE, conflicts at work

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Dan Short - Trois choses à savoir pour faire face à la peur

Lact a le plaisir de vous proposer en intégralité, la webconférence du Dr. Dan SHORT tirée de la 5ème édition International Webinar, intitulée :  « Trois choses à savoir pour faire face à la peur ».

Le Dr Dan Short est formateur chez Lact, vous pouvez retrouver ses cours ici

Dan Short

Psychologue clinicien en exercice qui donne des cours sur l'hypnose médicale au Southwest College of Naturopathic College of Medicine. Il est expert en psychothérapie ericksonienne et hypnose clinique et directeur exécutif de l'Institut Milton H. Erickson de Phoenix.

Retranscription

Bonjour, je suis Dan Short et je vais aborder le sujet de la peur dans le contexte de la psychothérapie. Je travaille sur la question de la peur depuis près de 30 ans maintenant et je peux affirmer que la peur est presque toujours un problème lié à la colère. Même les problèmes d'anxiété liés à la dépression trouvent toujours leurs racines dans la peur. La peur est primaire parce qu'elle est liée à la survie et est étroitement liée à toutes les autres émotions. Nous en faisons l'expérience aujourd’hui avec la pandémie, avec la vie bouleversée incluant la peur de la maladie et de la mort. La peur devient de plus en plus aiguë dans notre société et plus encore plus maintenant et nous devons apprendre à y répondre. 

Dans certains cas, pour certaines personnes, le problème se développe parce qu'elles ont trop peu de peurs ou trop peu d'émotions, d’une manière générale. Ce sont des gens lisses qui n'ont pas peur et quand vient le temps de la décision ils réfléchissent deux fois avant d'agir. Il existe aussi des situations thérapeutiques dans lesquelles la peur va être augmentée. Mais aujourd'hui, nous allons partir d'un excès de peur chronique intense qui interfère avec une personne capable de penser clairement et de fonctionner normalement dans des activités quotidiennes ordinaires. 

Je viens de rencontrer quelqu'un avant de commencer cet enregistrement qui était terrifié, une femme qui vient d'être diagnostiquée diabétique de type 1. On lui a dit qu'elle ne pourrait plus mener la vie qu'elle veut, son nouveau médecin lui a dit qu'elle ne pourrait plus faire de camping ou de randonnée, ce qui est la seule chose qui lui donne de la joie dans la vie. On lui a dit que les médicaments qu'elle prend vont provoquer d'horribles effets secondaires et elle a peur de perdre son travail parce qu'elle a déjà fait l'expérience de la confusion mentale. Elle est actuellement en congé. Je l'avais aidée à organiser cela avec les ressources humaines de son entreprise pour qu'elle ait un peu de temps libre pour s'ajuster mais elle doit maintenant reprendre le travail. Elle craint, si elle ne peut pas retourner au travail, de retomber dans la peur d'un traumatisme sévère vécu dans l'enfance fait d'abus et de négligence de ses deux parents.Elle avait donc beaucoup de raisons d’avoir peur ! Pour travailler avec une personne comme ça, qui peut être submergée par l'émotion,  la peur, l'anxiété et la dépression et d'autres sentiments, il y a trois choses fondamentales à savoir :  

La première affecte les deux protagonistes, tout doit toujours commencer par un ajustement à deux. Ce n'est même pas ce que vous dites à un client qui est le plus important ; c'est ce que vous ressentez et comment vous réagissez face à lui, et si jamais vous ressentez quelque chose qui est contraire à ce qu'il ressent ou incompatible avec ce qu'il est, alors la relation ne fonctionnera pas. Vos mots n'auront aucun sens ni aucune valeur, il se sentira simplement incompris et se dira pour une raison ou pour une autre, qu'il ne peut pas vous faire confiance. Si vous agissez dans un climat de confiance ou à partir d'un sentiment de gratitude, un fort sentiment d'espoir mais qu'il y a un sentiment de terreur, c'est comme si vous parliez deux langues différentes. Comme si vous ne le comprenez pas et vous ne serez donc pas en mesure de le traiter et de lui dire comment il doit se comporter. Mais une fois que vous pouvez ressentir la peur chez ces personnes, ce qui les affecte et leur dire “je ressens ce que vous ressentez”, vous pouvez alors entrer en résonance avec elles et être en mesure de les guider plus facilement.

Mon deuxième point est la co-création, l'histoire que les gens se racontent. Ainsi, la quasi-totalité de nos émotions ne proviennent pas de faits bruts mais viennent d’ histoires telles que : « Cela va me tuer, cela va me faire souffrir comme j'ai déjà souffert dans le passé, j'ai été humilié à cause de ça et maintenant je sais que je suis stupide! » Il y a toujours une histoire que les gens se racontent et une histoire qu'ils vous racontent et dans laquelle vous serez aspiré très rapidement comme si vous étiez dans un film. Et quand nous vivons dans un film, nous perdons rapidement conscience du fait que nous participons à une histoire et que cette histoire peut être racontée de plusieurs manières différentes. Une même histoire peut être racontée de mille façons et provoquer différentes réactions émotionnelles. Vous devez donc savoir que les gens viennent vous voir avec des histoires en tête mais au fur et à mesure qu'ils interagissent avec cette histoire, cette histoire va potentiellement subir des transformations, s'étendre ou se contracter. Il va y avoir une co-création de l'histoire comme si vous étiez tous les deux des scénaristes qui l’écrivent, et donc vous devez être conscient que vous êtes sur la bonne histoire et non celle de votre propre vie ou celle d'autres clients avec lesquels vous avez travaillé. Plus vous reconnaissez leur histoire, plus vous pouvez impliquer la personne et l'aider à avoir une réaction positive.

La troisième chose dont je veux parler, c'est de ce que les chercheurs appellent la « contre-régulation des émotions » ou « contre-régulation émotionnelle ». La « contre-régulation », c'est l'idée que lorsque le système nerveux est excité par certaines émotions comme la peur, la charge reste dans le système jusqu'à ce que nous soyons, soit épuisés, en manque d'énergie totale, terrassés par cette émotion, soit remplacé par une autre émotion, comme quand quelqu'un se met à pleurer et est juste trop épuisé pour que cela continue. Et donc parfois la peur peut se transformer en colère. Je l’ai constaté à plusieurs reprises, par exemple dans des situations extrêmes où quelqu'un a peut-être été volé ou menacé par un couteau ou une arme à feu pointée vers lui, il crie soudainement et hurle sur l'agresseur ou il se met dans une position de domination, ce qui rend l'attaquant confus et effrayé et le fait fuir. On peut dire qu’une émotion en fait naître une autre et, quand la nouvelle émotion arrive, elle apporte avec elle une nouvelle série de comportements et de nouvelles idées. Ce sont des émotions spécifiques. 

Ce sont trois points importants à garder à l’esprit qui font que, lorsque vous vous adressez à quelqu'un qui se trouve dans un état émotionnel particulier, il faut intégrer les effets de la peur. On assiste alors à « l’affect two man », la « co-création narrative » et « la contre-réaction émotionnelle ». Et il ne s'agit pas d'un processus en étapes par exemple 1, 2, 3, mais ce sont trois choses qui vous permettent d'avoir un impact maximal et bénéfique. Quand vous vous êtes confronté à ce type de cas-là, influencez et aidez la personne d'une manière qui va au-delà de la conscience. Vous ressentez alors une sorte de comportement cognitif, essayez de penser ceci ou essayer de vous dire cela, il n'y a rien de mal à ça mais ces messages vont plus loin et ont des implications plus durables. 

Commençons donc par le premier concept : "Affect two-man" ; il y a certaines choses que nous devons garder à l'esprit et surtout, c'est un peu plus facile si la personne se sent triste et que vous ressentez de la tristesse avec elle. Peut-être que leurs parents sont morts, ils pleurent et peut-être que vous pleurez aussi ou que c'est juste votre visage qui affiche de la tristesse. Ne vous inquiétez pas de l'effet que la tristesse créerait chez eux. Quelqu'un est joyeux, ils célèbrent quelque chose et vous êtes enthousiaste et plein d'énergie, une énergie joyeuse. Nous ne nous soucions pas de ces deux émotions qui sont un peu délicates à imiter et si vous voulez apporter de l'énergie émotionnelle c'est sur la colère et la peur. J'ai vu des gens arriver dans mon bureau en criant et en jurant littéralement parce qu'ils étaient mécontents de quelque chose dans leur vie. En fait, la meilleure réponse est d'être en colère et de faire preuve de la même énergie. En revanche, vous ne pouvez pas être en colère contre le client parce vous risquez de vous battre et vous pourriez même être agressif. Vous ne devez jamais être en colère contre la personne que vous essayez d'aider, contre elle ou contre autre chose. Mais peut-être vous êtes en colère contre sa femme qui l'a trompé, ou vous êtes en colère parce que son meilleur ami l'a abandonné, vous pouvez les rejoindre, même si quelqu'un est en colère contre vous, parce que vous n'avez pas suffisamment de temps pour le recevoir aujourd'hui. Vous pouvez même être mécontent de votre emploi du temps parce que vos horaires ne permettent pas de le voir. Avec la peur, c'est un peu différent, nous voulons avoir peur avec les clients, mais nous ne voulons pas leur causer plus de peur, donc votre peur doit toujours être un peu moins élevée. Ma cliente a peur de devenir folle, c'est peut-être ce qui va se passer, elle a mentionné l'hôpital psychiatrique, elle en est terrifiée. J'ai donc peur avec elle de ce qu'elle va devenir dans un hôpital, j'ai peur qu'elle soit sérieusement atteinte psychologiquement. Je sais qu'elle est très déprimée et donc ma préoccupation est qu'elle pourrait être tellement suicidaire qu'il n'est pas sécurisant pour elle d'être à la maison. Si elle pense à se suicider et pourrait passer à l'acte, c'est une chose qui me préoccupe. Alors je lui ai fait remarquer: "vous savez que si quelqu'un essayait de vous hospitaliser contre votre volonté, ce ne serait pas moi mais si quelqu'un d'autre devait essayer de vous faire entrer à l'hôpital contre votre volonté, on ne vous garderait probablement que pendant une semaine environ". Ici en Arizona, les hôpitaux vous gardent pendant 7 jours pour vous stabiliser sous médicaments, et ensuite ils vous libèrent ; donc on parle de sept jours. 

Après cela on se lance un peu dans la « co-création narrative », parce que je l'aide à construire une histoire, l'histoire qu'elle a commencée, l’histoire selon laquelle elle pourrait devenir folle. A l'intérieur de cette histoire, j'ai peur avec elle, tout en étant plus préoccupé par le fait qu'elle pourrait passer sept jours en hôpital l'esprit éveillé. C'est comme si elle vieillissait et mourait dans une institution. Elle craignait donc de ne plus pouvoir faire son travail. Je crains aussi qu'elle puisse aller travailler dès le premier jour et qu'elle puisse passer son temps à pleurer parce qu'elle est déprimée - c'est ce que d'autres clients ont fait -et j'ai donc eu peur qu'elle soit gênée de retourner au travail et de pleurer. Je lui ai demandé la durée de son temps de travail, et lui ai fait remarquer que trois fois dans la journée, elle devait se préparer à cela. Nous devions avoir une solution sur la façon dont elle aurait besoin d'aller aux toilettes pour se rafraîchir le visage. Elle m’a dit qu’elle travaillait pendant 12 heures, j’ai dit qu'elle ne ferait peut-être pas trois mais quatre allers-retours aux toilettes. Je suis donc inquiet et je pense à des choses qui doivent la rendre anxieuse. C'est ma préoccupation et que cela ne dépasse pas la sienne puisque sa peur est "ça ne va pas marcher au travail et je vais être licenciée". Alors me voilà en train de ressentir ce qu'elle ressent mais de telle manière qu'elle peut ressentir moins de peur. Si quelqu'un la rend faussement confiante, si le patient a l'idée que vous pensez qu'il peut faire plus que ce qu'il peut vraiment faire ou est plus capable que ce qu'il peut faire alors, il ne peut pas vous faire confiance. Donc elle sait qu'elle peut me faire confiance.

Nous construisons maintenant l'histoire ensemble et elle raconte ses émotions. Les histoires peuvent porter sur le passé, les histoires peuvent porter sur l'avenir, mais ce que vous faites, c'est essayer d'amener la personne à expérimenter d'autres façons de penser pour qu'elle dise qu'elle ira travailler. Les gens me demandent "vous savez ce qui ne va pas chez vous ?"et je ne pourrai rien dire. Ce serait terriblement humiliant. Et donc je l'ai aidée à construire une autre histoire possible en imaginant que quelqu'un vient la voir et lui demande comment elle va et ce qu'elle ressent, pourquoi elle est venue au travail. Elle doit s'imaginer en train de dire "Merci d'avoir demandé, j'apprécie votre inquiétude mais je ne suis pas prête à en parler ici même". Et à ce moment-là, nous construisons une nouvelle histoire dans laquelle elle s'occupe des choses avec compétence et succès. Nous passons donc par toutes les différentes situations auxquelles elle peut penser, au passé et au futur.

"- Dans le passé, j'ai déjà eu des problèmes de pleurs au travail et je suis allée aux toilettes".

«- Ok, est-ce que cela a amené votre responsable à remettre en cause votre travail, ou bien est-ce que votre responsable a menacé de vous licencier ? » 

«- Non il m'a complimentée sur mon travail! » 

« Ok, alors ce n'est pas ça ; ça n'a pas été un un problème dans le passé, vos supérieurs hiérarchiques sont ok avec cela ». Nous travaillons actuellement sur une histoire qui remonte dans le temps et reprend les mêmes faits qui sont d'aller dans les toilettes pour pleurer, mais nous le faisons sous un angle différent. Ceci est donc très important pour que les émotions des patients entrent dans leur histoire et les aident à réorganiser ou à revoir d'un point de vue différent certains détails du passé, certains détails du futur, ce qu'ils attendent, comment cela va jouer, comment ils vont se comporter. Et pour la « co-régulation », demandez-leur plutôt ce qu'ils aimeraient ressentir à la place ! C'est ce que je viens de demander à ma cliente : "Au lieu d'avoir peur, qu'aimeriez-vous ressentir ?" Elle dit qu'elle aimerait ressentir de la confiance. Nous commençons donc à parler de la façon dont elle pourrait y arriver et l'une des choses importantes c'est que je lui dise qu'elle va y arriver, que le meilleur moyen d'y arriver est de fixer l'objectif consciemment : "Je veux avoir plus confiance en moi", mais elle ne doit pas essayer d’y parvenir consciemment parce que le conscient ne contrôle pas les émotions ; elle doit fixer un objectif et ensuite faire confiance à l'inconscient qui trouvera un moyen de lui donner un peu plus confiance ou d'apporter un peu plus d'émotionnel. Et chaque fois qu'elle le fera, elle ira de mieux en mieux. La peur sera écrasée par la confiance et si vous voulez, vous pouvez mettre ça en pratique en thérapie avec un jeu de rôle durant lequel ils vont découvrir quelle histoire ils se racontent eux-mêmes, tout en leur faisant identifier les émotions. Ils veulent ressentir de la paix, de la gratitude, de la compassion ou autre chose. Vous les aidez ensuite à raconter une nouvelle histoire et à faire un jeu de rôle d'une manière différente afin qu'ils ressentent une autre émotion, afin qu'ils retrouvent une certaine assurance, car après l'avoir fait dans votre bureau ils pourront le faire ensuite dans le monde extérieur.

Donc si vous vous souvenez de ces trois concepts simples, je pense que vous aurez plus qu'il n'en faut pour travailler et pour aider vos clients.

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