Représentant École de Palo Alto

Approche Systémique Stratégique & Hypnose Conversationnelle

Webinar Portes Ouvertes 9 Mai 2022 de 18h30 à 20h30
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Les tentatives de solutions redondantes

LES TENTATIVES DE SOLUTIONS REDONDANTES : DIAGNOSTICS OPÉRATIONNELS ET INTERVENTIONS STRATÉGIQUES POUR METTRE FIN À LA RÉPÉTITION DE LA MÊME CHOSE

Grégoire VITRY, Claude DE SCORRAILLE, Claudette PORTELLI, Michael F. HOYT

dr fr Résumé

En commençant par le Mental Research Institute (MRI) de Palo Alto, en Californie, un méta-modèle a été décrit dans lequel les tentatives de solutions redondantes (TSR) sont considérées comme entretenant les difficultés mentales qu'elles tentent de résoudre. Giorgio Nardone et ses collègues du Centro di Terapia Strategica d'Arezzo, en Italie, ont développé cette approche constructiviste par le biais d'une méthode de dialogue stratégique qui fait d'un entretien de diagnostic initial une intervention thérapeutique délibérée et collaborative. En utilisant SYPRENE, un réseau de recherche sur les pratiques systémiques (Vitry et al., 2020), cet article présente une lecture des problèmes psychologiques persistants en termes de TSR d'évitement et/ou de contrôle dans lesquels ils s'inscrivent, puis démontre à l'aide d'une vignette clinique comment cette grille peut guider les prescriptions thérapeutiques.

Mots-clés

tentative de solution redondante, thérapie stratégique, IRM, diagnostic opératoire, SYPRENE

dr en Abstract:

Beginning with the Mental Research Institute (MRI) in Palo Alto, California, a meta-model has been described in which redundant attempted solutions (RASs) are seen to maintain the mental difficulties that they attempt to resolve. Giorgio Nardone and his colleagues at the Centro di Terapia Strategica in Arezzo, Italy, have developed this constructivist approach via a strategic dialogue method that renders an initial diagnostic interview a deliberate and collaborative therapeutic intervention. Using SYPRENE, a systemic practice research network (Vitry et al., 2020), this article presents a reading of persistent psychological problems in terms of the RASs of avoidance and/or control in which they are embedded, and then demonstrates with a clinical vignette how this grid can guide therapeutic prescriptions.

Keywords

redundant attempted solution, strategic therapy, MRI, operative diagnosis, SYPRENE

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Le systémicien, nouveau démineur de conflits en entreprise

Le systémicien, nouveau démineur de conflits en entreprise

Selon un travail de recherche, l’intervention d’un systémicien aboutit à la résolution du problème ou au moins amélioration tangible dans 88 % des cas.

Par Audrey Becuwe & Grégoire Vitry

Selon l’Observatoire du coût des conflits au travail, plus de deux salariés sur trois se déclarent en situation de conflit. Une étude plus ancienne d’OPP Ltd, cabinet de consultants spécialisé dans la psychologie du travail, précise que les salariés français « passent, en moyenne, 1,8 heure par semaine » à gérer ces difficultés. Et que 51 % des salariés des départements ressources humaines y consacrent de 1 à 5 heures hebdomadaires.

Or le temps, c’est de l’argent. La perte pour les entreprises de l’Hexagone est estimée à l’équivalent d’un mois de travail par an, soit une facture de plus de 152 milliards d’euros chaque année. Ainsi, la question de la résolution des conflits dans un cadre professionnel représente un enjeu économique autant que social.

Pour prendre en charge ces tensions, les entreprises ont aujourd’hui généralement recours à la médecine du travail, à des médiateurs, des coachs, des juristes ou des organisations syndicales. Autant d’acteurs – particulièrement la médecine du travail –, qui sont généralement démunis face à des situations à la croisée de la santé individuelle et du bien-être collectif. La seule réponse est trop souvent l’arrêt de travail, le licenciement ou la mutation. Mais il existe une autre approche, encore méconnue, bien que particulièrement efficace : l’intervention d’un systémicien.

Des situations qui se sont « dégonflées d’elles-mêmes »

De quoi s’agit-il ? L’approche dite systémique est issue de l’école de pensée de Palo Alto, en Californie. Une théorie des sciences de la communication qui consiste à aborder les conflits entre personnes comme un dysfonctionnement du système de relations qu’un individu entretient avec lui-même, avec les autres, et avec le monde. Pour parler simplement, le systémicien est un expert des dynamiques relationnelles et de leur régulation.

Un exemple – réel – permet de comprendre comment il procède. Magali*, 35 ans, travaille dans une entreprise de presse. Elle dirige deux personnes, dans un contexte tendu de transformation digitale. Plus elle se sent en difficulté, plus elle consacre d’énergie à se montrer irréprochable, notamment en planifiant à l’extrême les tâches de son service. « Je finis par me dire que je suis trop exigeante », s’inquiète-t-elle. De fait, ses collaboratrices lui reprochent de ne pas tenir compte de leurs difficultés personnelles.

C’est dans ce contexte que sa N + 1 est affectée à une autre mission. Magali se retrouve alors en prise directe avec Édouard, son N + 2. Celui-ci reçoit les plaintes des subordonnées de Magali et reproche publiquement à cette dernière ses insuffisances managériales. Magali vit ces reproches comme une injustice. Plus elle cherche à se justifier, plus Édouard s’emporte et plus elle-même ressent colère et peur de ne plus être à la hauteur. « Si rien ne change, je vais chercher un autre travail »…

C’est la directrice des ressources humaines, saisie de la question, qui a adressé Magali à une systémicienne. Les premières séances permettent la « délimitation » du problème. L’intervenante cerne les difficultés de sa cliente. Tant vis-à-vis de son supérieur que de ses collaboratrices, cette femme qui veut être parfaite est sur le qui-vive et « redoute sans cesse qu’on lui reproche un problème de management ».

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Réussir la transformation organisationnelle

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Intervenir
sur la souffrance au travail

Elle met en place ce que les systémiciens appellent des « tentatives de solution », des stratégies qui aggravent et enkystent le conflit au lieu de le résoudre. Ainsi, Magali prépare soigneusement son argumentation avant de rencontrer son manager, se plaçant sur la défensive. Avec ses collaboratrices, elle évite à tout prix d’aller sur le terrain émotionnel, quitte à s’isoler.

L’intervenante va donc lui proposer des stratégies alternatives, souvent paradoxales. Par exemple, avec Édouard, la « technique du pare-choc » : commencer une intervention par « Je sais que je vais vous décevoir, mais… », pour désamorcer les reproches redoutés. C’est la deuxième phase de l’intervention, dite de la « perturbation ». Enfin, le travail s’achève par un « ajustement » de la stratégie en fonction des résultats de l’expérimentation.

À sa huitième séance, Magali estime qu’« il y a des enjeux que j’ai réussi à démêler, ce n’est plus du tout mélangé comme ça pouvait l’être il y a quelques mois ». Et la séance suivante – la dernière –, elle tire ce bilan : « je pense que ça va beaucoup mieux. Des situations se sont dégonflées d’elles-mêmes et j’ai repensé à ce que vous m’aviez dit : ça a pris du sens ». L’intervenante propose à sa cliente un questionnaire d’évaluation. Sur une échelle de 0 à 10, pour Magali, le problème est résolu à hauteur de 8. Le coaching de Magali aura duré neuf séances sur un an.

« Le cœur a ses raisons… »

Notre recherche, menée sur une population de 357 clients du réseau SYPRENE/LACT sur les pratiques pour les thérapeutes et les chercheurs en stratégie et en systémique, montre plutôt une moyenne de six séances sur une durée de 6 mois. Avec une efficacité notable : résolution du problème ou au moins amélioration tangible dans 88 % des cas.

L’intérêt pour une entreprise paraît évident : une économie de moyens, en temps et en ressources. « Généralement, au bout de 6 semaines, on observe une baisse de la crise », confirme ce HR Talent Developer d’un groupe de luxe, interrogé dans le cadre de notre recherche. Un autre professionnel, développeur RH et coach exécutif d’un fournisseur d’énergie, se dit impressionné. « J’ai vu à quel point en 1 ou 2 interventions, les gens se disent « mais quel était le problème ? », ils en ont oublié l’acuité et l’existence même. Ils sont passés tellement vite à autre chose, et ça, c’est le propre d’une action réussie ».

De manière générale, les interventions correspondent à trois types de difficultés : des problématiques de conduite du changement (perte de sens, démotivation), de souffrance au travail (burn-out, harcèlement, dépression) ou de crise (grèves, menaces de tentatives de suicide). L’approche systémique stratégique est particulièrement indiquée pour dénouer des conflits enkystés au fil du temps, où l’émotionnel a pris le dessus sur le rationnel. Car comme le rappelle Blaise Pascal : « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ». « C’est plus rapide et plus efficace quand le conflit est profond, car il y a des symptômes dysfonctionnels forts », acquiesce notre HR Talent Developer.

Les entreprises peuvent donc d’ores et déjà ajouter un outil performant à leur dispositif d’amélioration de la qualité de vie au travail, indépendamment de la médiation et des plates-formes d’écoute téléphonique. Un nouvel outil de résolution des problèmes, nous l’avons dit. Mais aussi un outil de prévention, avec la mise en place de formations/interventions sur le management relationnel (à partir de modules collectifs de 2 heures) appliqué aux sujets sensibles de l’entreprise par exemple la discrimination, la gestion de conflits, le télétravail… Un outil, de surcroît, qui permet d’impliquer, lorsque c’est nécessaire, l’ensemble des parties prenantes : direction, management, médecine du travail, syndicats. Une saine gestion des ressources humaines peut-elle se passer d’un tel atout ?

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Efficience et mécanismes de mise en œuvre de l’approche systémique stratégique dans la résolution des conflits au travail

Efficience et mécanismes de mise en œuvre de l’approche systémique stratégique dans la résolution des conflits au travail

Audrey BECUWE, Grégoire VITRY

dr fr Résumé

Plusieurs auteurs montrent que l’approche systémique et stratégique des interventions en organisation est efficiente. Cependant, ces démonstrations se basent sur des études de cas ou de petits échantillons qui ne permettent pas de généraliser les résultats. C’est pourquoi nous mesurons quantitativement l’efficience des interventions systémiques stratégiques. La population de l’étude quantitative est basée sur les données issues du réseau de recherche Syprene. L’efficience est mesurée sur la base de trois indicateurs : le GHQ-12, l’échelle de résolution des problèmes, et le nombre de séances d’intervention réalisées. Nous complétons ces données par l’observation d’un intervenant systémique missionné pour résoudre un double conflit de hiérarchie et d’autorité afin de décrire les processus de changement et d’intervention à l’origine des résultats obtenus.

Mots-clés

efficience, approche systémique et stratégique, tentative de solution, SYPRENE, conflits au travail

dr en Abstract:

Several authors show that the systemic and strategic approach to organizational interventions is efficient. However, these demonstrations are based on case studies or small samples that do not allow us to generalize the results. Therefore, we quantitatively measure the efficiency of strategic systemic interventions. The quantitative study population is based on data from the Syprene research network. Efficiency is measured on the basis of three indicators: the GHQ-12, the problem-solving scale, and the number of intervention sessions completed. We supplement these data with the observation of a systemic intervener who was asked to resolve a double conflict of hierarchy and authority in order to describe the processes of change and intervention that led to the results obtained.

Keywords

efficiency, systemic and strategic approach, solution attempt, SYPRENE, conflicts at work

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Dan Short - Trois choses à savoir pour faire face à la peur

Lact a le plaisir de vous proposer en intégralité, la webconférence du Dr. Dan SHORT tirée de la 5ème édition International Webinar, intitulée :  « Trois choses à savoir pour faire face à la peur ».

Le Dr Dan Short est formateur chez Lact, vous pouvez retrouver ses cours ici

Dan Short

Psychologue clinicien en exercice qui donne des cours sur l'hypnose médicale au Southwest College of Naturopathic College of Medicine. Il est expert en psychothérapie ericksonienne et hypnose clinique et directeur exécutif de l'Institut Milton H. Erickson de Phoenix.

Retranscription

Bonjour, je suis Dan Short et je vais aborder le sujet de la peur dans le contexte de la psychothérapie. Je travaille sur la question de la peur depuis près de 30 ans maintenant et je peux affirmer que la peur est presque toujours un problème lié à la colère. Même les problèmes d'anxiété liés à la dépression trouvent toujours leurs racines dans la peur. La peur est primaire parce qu'elle est liée à la survie et est étroitement liée à toutes les autres émotions. Nous en faisons l'expérience aujourd’hui avec la pandémie, avec la vie bouleversée incluant la peur de la maladie et de la mort. La peur devient de plus en plus aiguë dans notre société et plus encore plus maintenant et nous devons apprendre à y répondre. 

Dans certains cas, pour certaines personnes, le problème se développe parce qu'elles ont trop peu de peurs ou trop peu d'émotions, d’une manière générale. Ce sont des gens lisses qui n'ont pas peur et quand vient le temps de la décision ils réfléchissent deux fois avant d'agir. Il existe aussi des situations thérapeutiques dans lesquelles la peur va être augmentée. Mais aujourd'hui, nous allons partir d'un excès de peur chronique intense qui interfère avec une personne capable de penser clairement et de fonctionner normalement dans des activités quotidiennes ordinaires. 

Je viens de rencontrer quelqu'un avant de commencer cet enregistrement qui était terrifié, une femme qui vient d'être diagnostiquée diabétique de type 1. On lui a dit qu'elle ne pourrait plus mener la vie qu'elle veut, son nouveau médecin lui a dit qu'elle ne pourrait plus faire de camping ou de randonnée, ce qui est la seule chose qui lui donne de la joie dans la vie. On lui a dit que les médicaments qu'elle prend vont provoquer d'horribles effets secondaires et elle a peur de perdre son travail parce qu'elle a déjà fait l'expérience de la confusion mentale. Elle est actuellement en congé. Je l'avais aidée à organiser cela avec les ressources humaines de son entreprise pour qu'elle ait un peu de temps libre pour s'ajuster mais elle doit maintenant reprendre le travail. Elle craint, si elle ne peut pas retourner au travail, de retomber dans la peur d'un traumatisme sévère vécu dans l'enfance fait d'abus et de négligence de ses deux parents.Elle avait donc beaucoup de raisons d’avoir peur ! Pour travailler avec une personne comme ça, qui peut être submergée par l'émotion,  la peur, l'anxiété et la dépression et d'autres sentiments, il y a trois choses fondamentales à savoir :  

La première affecte les deux protagonistes, tout doit toujours commencer par un ajustement à deux. Ce n'est même pas ce que vous dites à un client qui est le plus important ; c'est ce que vous ressentez et comment vous réagissez face à lui, et si jamais vous ressentez quelque chose qui est contraire à ce qu'il ressent ou incompatible avec ce qu'il est, alors la relation ne fonctionnera pas. Vos mots n'auront aucun sens ni aucune valeur, il se sentira simplement incompris et se dira pour une raison ou pour une autre, qu'il ne peut pas vous faire confiance. Si vous agissez dans un climat de confiance ou à partir d'un sentiment de gratitude, un fort sentiment d'espoir mais qu'il y a un sentiment de terreur, c'est comme si vous parliez deux langues différentes. Comme si vous ne le comprenez pas et vous ne serez donc pas en mesure de le traiter et de lui dire comment il doit se comporter. Mais une fois que vous pouvez ressentir la peur chez ces personnes, ce qui les affecte et leur dire “je ressens ce que vous ressentez”, vous pouvez alors entrer en résonance avec elles et être en mesure de les guider plus facilement.

Mon deuxième point est la co-création, l'histoire que les gens se racontent. Ainsi, la quasi-totalité de nos émotions ne proviennent pas de faits bruts mais viennent d’ histoires telles que : « Cela va me tuer, cela va me faire souffrir comme j'ai déjà souffert dans le passé, j'ai été humilié à cause de ça et maintenant je sais que je suis stupide! » Il y a toujours une histoire que les gens se racontent et une histoire qu'ils vous racontent et dans laquelle vous serez aspiré très rapidement comme si vous étiez dans un film. Et quand nous vivons dans un film, nous perdons rapidement conscience du fait que nous participons à une histoire et que cette histoire peut être racontée de plusieurs manières différentes. Une même histoire peut être racontée de mille façons et provoquer différentes réactions émotionnelles. Vous devez donc savoir que les gens viennent vous voir avec des histoires en tête mais au fur et à mesure qu'ils interagissent avec cette histoire, cette histoire va potentiellement subir des transformations, s'étendre ou se contracter. Il va y avoir une co-création de l'histoire comme si vous étiez tous les deux des scénaristes qui l’écrivent, et donc vous devez être conscient que vous êtes sur la bonne histoire et non celle de votre propre vie ou celle d'autres clients avec lesquels vous avez travaillé. Plus vous reconnaissez leur histoire, plus vous pouvez impliquer la personne et l'aider à avoir une réaction positive.

La troisième chose dont je veux parler, c'est de ce que les chercheurs appellent la « contre-régulation des émotions » ou « contre-régulation émotionnelle ». La « contre-régulation », c'est l'idée que lorsque le système nerveux est excité par certaines émotions comme la peur, la charge reste dans le système jusqu'à ce que nous soyons, soit épuisés, en manque d'énergie totale, terrassés par cette émotion, soit remplacé par une autre émotion, comme quand quelqu'un se met à pleurer et est juste trop épuisé pour que cela continue. Et donc parfois la peur peut se transformer en colère. Je l’ai constaté à plusieurs reprises, par exemple dans des situations extrêmes où quelqu'un a peut-être été volé ou menacé par un couteau ou une arme à feu pointée vers lui, il crie soudainement et hurle sur l'agresseur ou il se met dans une position de domination, ce qui rend l'attaquant confus et effrayé et le fait fuir. On peut dire qu’une émotion en fait naître une autre et, quand la nouvelle émotion arrive, elle apporte avec elle une nouvelle série de comportements et de nouvelles idées. Ce sont des émotions spécifiques. 

Ce sont trois points importants à garder à l’esprit qui font que, lorsque vous vous adressez à quelqu'un qui se trouve dans un état émotionnel particulier, il faut intégrer les effets de la peur. On assiste alors à « l’affect two man », la « co-création narrative » et « la contre-réaction émotionnelle ». Et il ne s'agit pas d'un processus en étapes par exemple 1, 2, 3, mais ce sont trois choses qui vous permettent d'avoir un impact maximal et bénéfique. Quand vous vous êtes confronté à ce type de cas-là, influencez et aidez la personne d'une manière qui va au-delà de la conscience. Vous ressentez alors une sorte de comportement cognitif, essayez de penser ceci ou essayer de vous dire cela, il n'y a rien de mal à ça mais ces messages vont plus loin et ont des implications plus durables. 

Commençons donc par le premier concept : "Affect two-man" ; il y a certaines choses que nous devons garder à l'esprit et surtout, c'est un peu plus facile si la personne se sent triste et que vous ressentez de la tristesse avec elle. Peut-être que leurs parents sont morts, ils pleurent et peut-être que vous pleurez aussi ou que c'est juste votre visage qui affiche de la tristesse. Ne vous inquiétez pas de l'effet que la tristesse créerait chez eux. Quelqu'un est joyeux, ils célèbrent quelque chose et vous êtes enthousiaste et plein d'énergie, une énergie joyeuse. Nous ne nous soucions pas de ces deux émotions qui sont un peu délicates à imiter et si vous voulez apporter de l'énergie émotionnelle c'est sur la colère et la peur. J'ai vu des gens arriver dans mon bureau en criant et en jurant littéralement parce qu'ils étaient mécontents de quelque chose dans leur vie. En fait, la meilleure réponse est d'être en colère et de faire preuve de la même énergie. En revanche, vous ne pouvez pas être en colère contre le client parce vous risquez de vous battre et vous pourriez même être agressif. Vous ne devez jamais être en colère contre la personne que vous essayez d'aider, contre elle ou contre autre chose. Mais peut-être vous êtes en colère contre sa femme qui l'a trompé, ou vous êtes en colère parce que son meilleur ami l'a abandonné, vous pouvez les rejoindre, même si quelqu'un est en colère contre vous, parce que vous n'avez pas suffisamment de temps pour le recevoir aujourd'hui. Vous pouvez même être mécontent de votre emploi du temps parce que vos horaires ne permettent pas de le voir. Avec la peur, c'est un peu différent, nous voulons avoir peur avec les clients, mais nous ne voulons pas leur causer plus de peur, donc votre peur doit toujours être un peu moins élevée. Ma cliente a peur de devenir folle, c'est peut-être ce qui va se passer, elle a mentionné l'hôpital psychiatrique, elle en est terrifiée. J'ai donc peur avec elle de ce qu'elle va devenir dans un hôpital, j'ai peur qu'elle soit sérieusement atteinte psychologiquement. Je sais qu'elle est très déprimée et donc ma préoccupation est qu'elle pourrait être tellement suicidaire qu'il n'est pas sécurisant pour elle d'être à la maison. Si elle pense à se suicider et pourrait passer à l'acte, c'est une chose qui me préoccupe. Alors je lui ai fait remarquer: "vous savez que si quelqu'un essayait de vous hospitaliser contre votre volonté, ce ne serait pas moi mais si quelqu'un d'autre devait essayer de vous faire entrer à l'hôpital contre votre volonté, on ne vous garderait probablement que pendant une semaine environ". Ici en Arizona, les hôpitaux vous gardent pendant 7 jours pour vous stabiliser sous médicaments, et ensuite ils vous libèrent ; donc on parle de sept jours. 

Après cela on se lance un peu dans la « co-création narrative », parce que je l'aide à construire une histoire, l'histoire qu'elle a commencée, l’histoire selon laquelle elle pourrait devenir folle. A l'intérieur de cette histoire, j'ai peur avec elle, tout en étant plus préoccupé par le fait qu'elle pourrait passer sept jours en hôpital l'esprit éveillé. C'est comme si elle vieillissait et mourait dans une institution. Elle craignait donc de ne plus pouvoir faire son travail. Je crains aussi qu'elle puisse aller travailler dès le premier jour et qu'elle puisse passer son temps à pleurer parce qu'elle est déprimée - c'est ce que d'autres clients ont fait -et j'ai donc eu peur qu'elle soit gênée de retourner au travail et de pleurer. Je lui ai demandé la durée de son temps de travail, et lui ai fait remarquer que trois fois dans la journée, elle devait se préparer à cela. Nous devions avoir une solution sur la façon dont elle aurait besoin d'aller aux toilettes pour se rafraîchir le visage. Elle m’a dit qu’elle travaillait pendant 12 heures, j’ai dit qu'elle ne ferait peut-être pas trois mais quatre allers-retours aux toilettes. Je suis donc inquiet et je pense à des choses qui doivent la rendre anxieuse. C'est ma préoccupation et que cela ne dépasse pas la sienne puisque sa peur est "ça ne va pas marcher au travail et je vais être licenciée". Alors me voilà en train de ressentir ce qu'elle ressent mais de telle manière qu'elle peut ressentir moins de peur. Si quelqu'un la rend faussement confiante, si le patient a l'idée que vous pensez qu'il peut faire plus que ce qu'il peut vraiment faire ou est plus capable que ce qu'il peut faire alors, il ne peut pas vous faire confiance. Donc elle sait qu'elle peut me faire confiance.

Nous construisons maintenant l'histoire ensemble et elle raconte ses émotions. Les histoires peuvent porter sur le passé, les histoires peuvent porter sur l'avenir, mais ce que vous faites, c'est essayer d'amener la personne à expérimenter d'autres façons de penser pour qu'elle dise qu'elle ira travailler. Les gens me demandent "vous savez ce qui ne va pas chez vous ?"et je ne pourrai rien dire. Ce serait terriblement humiliant. Et donc je l'ai aidée à construire une autre histoire possible en imaginant que quelqu'un vient la voir et lui demande comment elle va et ce qu'elle ressent, pourquoi elle est venue au travail. Elle doit s'imaginer en train de dire "Merci d'avoir demandé, j'apprécie votre inquiétude mais je ne suis pas prête à en parler ici même". Et à ce moment-là, nous construisons une nouvelle histoire dans laquelle elle s'occupe des choses avec compétence et succès. Nous passons donc par toutes les différentes situations auxquelles elle peut penser, au passé et au futur.

"- Dans le passé, j'ai déjà eu des problèmes de pleurs au travail et je suis allée aux toilettes".

«- Ok, est-ce que cela a amené votre responsable à remettre en cause votre travail, ou bien est-ce que votre responsable a menacé de vous licencier ? » 

«- Non il m'a complimentée sur mon travail! » 

« Ok, alors ce n'est pas ça ; ça n'a pas été un un problème dans le passé, vos supérieurs hiérarchiques sont ok avec cela ». Nous travaillons actuellement sur une histoire qui remonte dans le temps et reprend les mêmes faits qui sont d'aller dans les toilettes pour pleurer, mais nous le faisons sous un angle différent. Ceci est donc très important pour que les émotions des patients entrent dans leur histoire et les aident à réorganiser ou à revoir d'un point de vue différent certains détails du passé, certains détails du futur, ce qu'ils attendent, comment cela va jouer, comment ils vont se comporter. Et pour la « co-régulation », demandez-leur plutôt ce qu'ils aimeraient ressentir à la place ! C'est ce que je viens de demander à ma cliente : "Au lieu d'avoir peur, qu'aimeriez-vous ressentir ?" Elle dit qu'elle aimerait ressentir de la confiance. Nous commençons donc à parler de la façon dont elle pourrait y arriver et l'une des choses importantes c'est que je lui dise qu'elle va y arriver, que le meilleur moyen d'y arriver est de fixer l'objectif consciemment : "Je veux avoir plus confiance en moi", mais elle ne doit pas essayer d’y parvenir consciemment parce que le conscient ne contrôle pas les émotions ; elle doit fixer un objectif et ensuite faire confiance à l'inconscient qui trouvera un moyen de lui donner un peu plus confiance ou d'apporter un peu plus d'émotionnel. Et chaque fois qu'elle le fera, elle ira de mieux en mieux. La peur sera écrasée par la confiance et si vous voulez, vous pouvez mettre ça en pratique en thérapie avec un jeu de rôle durant lequel ils vont découvrir quelle histoire ils se racontent eux-mêmes, tout en leur faisant identifier les émotions. Ils veulent ressentir de la paix, de la gratitude, de la compassion ou autre chose. Vous les aidez ensuite à raconter une nouvelle histoire et à faire un jeu de rôle d'une manière différente afin qu'ils ressentent une autre émotion, afin qu'ils retrouvent une certaine assurance, car après l'avoir fait dans votre bureau ils pourront le faire ensuite dans le monde extérieur.

Donc si vous vous souvenez de ces trois concepts simples, je pense que vous aurez plus qu'il n'en faut pour travailler et pour aider vos clients.

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Linda Metcalf - L'état d'esprit intrépide

Lact a le plaisir de vous proposer en intégralité, la webconférence du Dr. Linda METCALF tirée de la 5ème édition International Webinar, intitulée :  « L'état d'esprit intrépide : utiliser la thérapie narrative axée sur les solutions pour aider les enfants et les adolescents à faire face à la peur ».

Linda METCALF

M.Ed., PhD, LMFT est actuellement présidente de la Texas Association for Marriage and Family Therapy. Elle est l'ancienne directrice des programmes de conseil aux études supérieures à la Texas Wesleyan University à Fort Worth, Texas.

Retranscription

Bonjour, je suis le docteur Linda Metcalf et je vous parle aujourd'hui depuis Fort Worth au Texas, Etats-Unis, de Fearless Mindset, au sujet de l’approche de thérapie narrative orientée solution tout à fait adaptée pour travailler avec les enfants et adolescents qui ont un problème de peur. 

Cette approche ciblée découle d'une conviction selon laquelle, lorsque les clients se trouvent dans un contexte où ils peuvent identifier leurs forces, leurs capacités, et les exceptions, ils peuvent se construire un avenir meilleur où tous leurs espoirs sont permis.

Dans le cas de la peur, la thérapie orientée solution se concentre souvent sur des contextes dans lesquels le client a pu faire face à sa peur, ou a réussi à mieux la gérer. Lorsqu'un enfant ou un adolescent vient parler avec vous de sa peur, c'est ce qu'il ressent au moment où il est face à vous, sans se rendre compte qu’il l’a fait alors qu'il était dans votre bureau les deux pieds bien à plat sur le sol en train de vous parler, ce qui signifie qu'il a les moyens de faire face. Dans une thérapie orientée solution, le thérapeute pourrait vouloir poser des questions sur la façon dont le patient a géré jusqu'à présent cette peur :“Comment avez-vous su qu'il fallait que vous veniez me parler aujourd'hui ? L'avez-vous fait ? - C'est incroyable ; je suis impressionnée !"

L'approche narrative de la thérapie se concentre sur la perception qu'une personne a d'elle-même, et qui peut résulter de plusieurs choses, y compris le discours qui occupe une place importante dans sa vie. Le discours peut émerger de relations familiales ou d'autres contextes créant une histoire problématique. La personne vit sa vie en se basant sur le discours ou sur cette histoire problématique. Dans le cas de la peur, le thérapeute narratif peut aider le client à cartographier sa peur, à déconstruire l'auto-description actuelle du client en tant que personne qui a peur et peut-être l'aider à élaborer un plan pour alléger cette peur et, dans notre cas aujourd'hui, commencer à développer un état d'esprit plus serein. Les idées de cette présentation sont basées sur un livre que J'ai écrit en 2017 : « une thérapie narrative axée sur les solutions ». Et en tant que thérapeute narratif centré sur la solution, j'ai suggéré dans ce livre qu'il y avait trois chemins différents à suivre en me basant sur les histoires que les clients m'ont présentées au fil de mes années de thérapie, en entrant dans leur vision du monde qui est une construction axée sur les solutions. 

Premièrement, je trouve un moyen de coopérer en regardant où ils sont dans la description de leur problématique qui est également une construction de la thérapie narrative. J'essaie d'explorer avec eux, à leur côté (jamais en m'imposant) ce qu'ils font de mieux pour avoir un bel avenir, et avec leur aide, et une fois qu’ils ont commencé à me dire, à quoi cela ressemblerait. Mais parfois il faut un peu plus de temps pour leur faire dire autre chose que ce à quoi ressemblent leurs plus grands espoirs. Faire ça pour certains clients très craintifs, qui ont été traumatisés, qui sont très déprimés ou anxieux, c'est presque irrespectueux d'une certaine manière. J'aime donc leur donner une petite chance de me parler un peu de leur problème, pas beaucoup, mais assez pour que je puisse voir et comprendre le discours qui les entoure et fait perdurer l'histoire problématique.J'emprunte cette première voie avec les clients qui semblent être dépassés par un problème tel que la peur. Je vais commencer par cartographier l'influence de la peur sur le problème pour avoir une idée de l'impact du problème. Puis, je vais vous montrer les questions que j'ai tendance à poser. Je pourrais dire: "-dites-moi comment nous pourrions parler de ce problème qui essaie de prendre le contrôle de votre vie" et j'attendrais d'eux qu'ils me donnent quelques idées. Parfois ils éludent cette question qui est pourtant une question importante car elle nous donne à tous les deux une chance d'accéder à un langage qui semble correspondre à ce que le client vit. Pour les jeunes et les enfants j’utilise même des crayons et du papier, et leur demande de faire un dessin de ce à quoi ressemble le problème. Ensuite je leur demande de m’expliquer comment cela s'est passé et par exemple parler du "le monstre de la peur qui vous a empêché de vivre votre vie comme vous le souhaitiez".

Quelle est l’étape suivante ? La cartographie des effets du problème que Michael White a suggérés dans son travail : quand je fais ça, je commence à dresser une liste, je vais appeler cette liste la liste numéro un, je vais écrire toutes les réponses qu'ils me donnent.

Comment vous vole-t-on d'autres choses, comment l'ingérence se fait-elle ? Nous voyons souvent émerger une dizaine de choses. Plus vous obtenez d'éléments sur ‘comment quelque chose a eu un impact sur leur vie’, plus vous avez de chances de construire quelque chose contre le problème. J'ai appelé cela "construire un dossier contre le problème". 

Je vais continuer ensuite avec "que pensez-vous de ce que la peur du monstre suscite comme sentiments, pensées, croyances ?" "Et que disent les autres sur la façon dont ce monstre de peur a pesé sur votre vie. Que disent les enseignants, que disent vos parents ? Que disent vos meilleurs amis ?"Quoi d'autre au sujet de ce monstre ? A la fin de cette conversation vous devriez avoir toute une liste et vous remarquerez qu'ils continuent à répondre et qu'ils ne cessent de parler de plus en plus profondément, presque émotionnellement. A la fin de cette première partie, j'évalue l'impact sur une échelle de 1 à 10, le 10 signifiant que le monstre de la peur a complètement pris le dessus. Vous êtes le numéro un dans votre vie et vous en êtes le responsable. Où se trouve-t-il en ce moment ? Pour les jeunes enfants j'aime utiliser mes mains « si le monstre de la peur est épais comme ça en tenant compte du fait qu’il rend les choses difficiles et que ça veut dire que vous n'êtes plus responsable de votre vie, c'est-à-dire que c'est lui qui prend tout en charge et pense à votre place et que cette épaisseur-là signifie que vous êtes davantage responsable, que ça va mieux, et qu'alors, vous viendrez me dire que vous vous sentez bien et que les choses vont bien ». C'est une autre façon de travailler avec les jeunes enfants. 

Il faut rester curieux et demander au client de penser à vaincre le monstre de peur et suggérer avec sa permission, la façon dont il se sentira après, et ce qui pourrait l'aider. Je lui demande aussi, avec sa permission, et je vérifie : "Que feriez-vous si vous veniez à bout de votre monstre, comment cela pourrait-il être utile ?" Je lui demande aussi s'il est d'accord pour parler d'intrépidité. Que pourrez-vous faire de différent une fois que l'intrépidité aura pris le dessus par rapport à la peur ? et quoi d'autre....? C'est l'occasion pour eux de rêver, c'est le début d'une construction de l'avenir privilégié. Et puis quoi d'autre ? Vous vous voyez faire quoi d'autre ? Nous voulons vraiment une description complète.Une longue liste est donc très utile. Vous serez surpris qu'il puisse s'interrompre pendant un certain temps, et s'il ne sait pas quoi répondre, donnez-lui un peu de temps et il continuera en vous donnant des réponses : Écrivez-les !

Nous arrivons ensuite à la question miracle : "Supposons que demain vous vous réveillez et le monstre de peur est devenu beaucoup plus petit du jour au lendemain, dites-moi ce que vous pourriez faire alors que le monstre de peur n'est plus aussi grand quand vous vous levez et au cours de la journée ? Que feriez-vous d'autre ? Que feraient les autres en vous voyant faire et que leur diriez-vous ?"Votre monstre a diminué de taille et il continue à rétrécir et c'est en train de redevenir comme avant, parlez-moi des moments où vous avez fait certaines choses juste un petit peu ». Nous pouvons ensuite renforcer leurs capacités en parlant des exceptions :« Parlez-moi de ce que vous avez fait de ces choses-là juste un peu, quand votre monstre était proche et même quand il était là, bien présent, vous l'avez quand même fait ? » Demandez-lui de les écrire, l’idéal est d’obtenir 10 à 15 réponses différentes. Vous allez être surpris, continuez à poser des questions. Par exemple, que diraient vos amis de ce que vous avez fait ? Que diraient vos parents ? Votre coach a dit que vous l'avez fait, votre chat a dit que vous l'avez fait, et vous obtenez toutes sortes de réponses que vous listez. 

Ensuite j'ai trouvé très utile de relire les deux listes et en particulier la première, je ralentis, je vais vraiment très très lentement, en faisant une pause entre chaque réponse, à l'endroit où commence l'impact du monstre, et ensuite je lis ce qu'ils ont dit, au moment où ils ont pu faire les choses, les choses qu’ils ont prévu de faire dans l’avenir, quand le courage va prendre le dessus par rapport à la peur du monstre. A la fin de la conversation je leur dis quelque chose d'aussi simple que :"j'espère vous revoir bientôt et apprendre ce que vous avez décidé de faire à partir de ces deux listes : Ce sera vraiment passionnant pour moi de voir ce que vous décidez de faire. ou « J'ai hâte de vous revoir ». Après, je laisse mes clients me dire quand ils veulent revenir.Je vais faire ensuite une copie de chaque liste et la donner au jeune pour qu'il l'emporte avec lui. 

Je souhaite terminer cet entretien en parlant brièvement d'un cas que j'ai intégré dans mon livre sur la thérapie narrative orientée solution. Il s'agit d'une jeune femme prénommée Olive, le jour où sa mère l'a amenée en thérapie, elle s'est assise et a dit "ma fille dit qu'elle a un monstre dans la tête" et quand la mère a commencé à pleurer, j'ai imaginé qu'elle était très préoccupée par sa fille dont elle pensait qu'elle était troublée par quelque chose de terrible, comme un trouble mental à cause des choses qu'elle faisait depuis qu'elle avait 10 ans : elle allait tous les matins et tous les soirs à chaque porte de la maison qu'elle ouvrait et faisait un geste de la main avant de la fermer deux fois, elle ne buvait pas à une fontaine d'eau à l'école avant d'avoir regardé le plafond trois fois, elle se coiffait 15 fois chaque matin et se brossait les dents cinq fois par jour, elle était implacable dans son besoin de faire toutes ces activités et beaucoup plus et, quand j'en ai parlé avec elle, elle m'a dit qu'elle avait peur que ce ne soit pas parfait. “ je ne vais pas être capable de faire les choses comme il faut et j'ai peur d'échouer, dans l'une de ces tâches”. Quand je lui ai demandé comment ces actions l'ont aidée, elle a dit qu'elle avait un monstre dans la tête et qu'elle ne savait pas dire comment c’est arrivé. Elle a même dit que cela l'avait empêchée de regarder son émission préférée :"Le pouvoir des sirènes". Ce sont des sirènes qui sont dotées de super pouvoirs. J'ai écouté Olive pendant un certain temps, et j'ai appris qu'il y avait des moments où le monstre n'était plus dans sa tête, avec des exemples dans plusieurs situations courantes et qu'actuellement, il n'y en avait pas autant qu'il y a quelques années. 

C'était encourageant et j'ai donc écrit toutes ces choses sur ma deuxième liste et lui ai ensuite posé une question : "suppose que j'ai saupoudré de la poussière de fée sur ta maison ce soir et que quand tu vas te réveiller demain, le monstre ne sera plus là, que se passera t-il au premier réveil, qui te dira que ça va mieux, quelles seront les améliorations ?" et elle les a décrites en détail : elle serait une jeune femme très enthousiaste, elle ferait beaucoup de bricolage, plus souvent, et regarderait dans la série "super héros" son super héros préféré! Elle irait à un spectacle de sirènes, irait prendre un verre avec quelques amis, boirait à la fontaine de l'école sans regarder le plafond à trois reprises et lirait un chapitre entier d'un livre sans s'arrêter et ne ferait pas ce truc avec la main qui est de verrouiller et déverrouiller les portes parce qu'elle avait  tellement peur que les serrures de la maison ne fonctionnent pas.La façon dont elle a l'a fait m'a fait penser que c'était une jeune personne vraiment vive !

Je lui ai donc demandé si elle pouvait écrire ses pensées sur le papier pendant qu'elle commençait à dessiner sur le thème de ce qu’elle fera un jour quand elle n’aura plus de monstre dans sa tête. Alors qu'elle était occupée à dessiner, je lui ai également dit que je serais curieuse de voir cette série de super héros. Je lui ai demandé ce qu'elle avait aimé à ce sujet en espérant trouver d'autres choses à utiliser dans notre conversation, et j'ai appris que les sirènes de l'émission avaient des super pouvoirs. Je me suis demandée à voix haute si elle aussi pourrait prétendre avoir des super pouvoirs comme les sirènes et elle a souri, a ri, et a regardé sa mère elle a donc pu, ce jour-là, m'en dire bien plus sur ce qu'elle faisait pour ne pas laisser le monstre entrer dans sa tête. Ça a été fascinant de l'entendre soudainement parler de ce qu'il se passait à l'école, elle a même dit qu’à certains moments, ça arrivait aussi à la maison, elle jouait avec son frère et le monstre est moins apparu, pendant qu'elle dessinait aussi . Voilà ce à quoi ressemble le dessin, elle m'a dit que le monstre défendait le pouvoir et que c'était ce qu'elle appréciait. C’est la preuve que dans certains cas, elle ne voulait pas répéter ce qu'elle entendait dans les show. Elle avait tendance à faire beaucoup de ces choses d'une manière qui faisait penser à un trouble obsessionnel compulsif mais pas une seule fois je n'ai fait allusion à ça et à la place, nous avons parlé du monstre dans sa tête. Il s’agit d’une autre raison pour laquelle j'aime travailler de cette façon, cela permet d'éviter de se tromper de diagnostic. Ne pas faire de longues phrases, faire davantage parler des choses qui se produisent dans sa vie qui sont bonnes pour elle, ce sont toutes les idées qui ont émergé pour l’aider à se défendre et qui ont fait partir le monstre.

La thérapie a duré 3 séances et, un jour, je lui ai demandé si elle souhaitait faire un certificat. Elle a aimé l'idée. J'ai donc apporté le certificat avec l'intention de ne mettre qu'une chose ou deux qu'elle avait à faire pour réussir à chasser le monstre de sa tête, mais elle a trouvé tant de choses différentes que je les ai toutes écrites, nous avons donc écrit ensemble tout ce qu'Olive avait réussi à faire pour réduire le monstre dans sa tête. Et elle a accompli cette tâche : refuser de fermer les portes, ne se brosser les cheveux que cinq fois, lire des livres et faire beaucoup d'autres grands changements. Elle a développé des super pouvoirs pour chasser le monstre de sa tête, elle peut donc s'amuser bien plus en faisant des activités graphiques, en jouant avec ses amis, et en regardant son émission sur les super héros! J'ai fait une copie du certificat et je l'ai gardée. Elle a gardé l'original et sa maman m'a dit plus tard dans un mail qu'elle se portait très bien, et qu'elle continuait à ajouter des choses dans le certificat. 

Pour compléter cette présentation de la thérapie narrative orientée solution, je dirais que la thérapie peut combiner le meilleur des thérapies postmodernes et que chacune se déroule selon le même état d'esprit, à savoir que les clients sont débrouillards et confiants dans le fait que la solution est ciblée. Le modèle de thérapie narrative permet également au thérapeute d'utiliser le côté orienté vers l'action et la recherche de solutions par étapes et que le modèle de thérapie narrative est également très adaptée dans les problèmes tels que la peur. Nous sommes ensemble, le thérapeute a une façon d'impliquer les clients pour identifier ses valeurs, ses croyances, mais aussi à rechercher des exceptions et des compétences qui peuvent annihiler leur peur. C'est la fin de ma présentation et si vous avez des questions je les attends avec impatience dans notre discussion,  je vous donne mes coordonnées. Il y a le livre que j'ai écrit en 2017 dont je suis très fière parce qu'il utilise le modèle de thérapie narrative axé sur les solutions même si à cette époque, je ne le savais pas. J'ai continué à me dire que j'étais un thérapeute axé sur la recherche de solutions qui utilisait la thérapie narrative mais je peux voir maintenant quel en était l'esprit. Je vous remercie vivement.

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Olivier Brosseau - Résultats sur l’addiction et les évolutions de la recherche

Résultats sur l’addiction et
les évolutions de la recherche

Olivier Brosseau

Thérapeute, coach, superviseur et formateur en approche systémique stratégique, associé à LACT. Il enseigne à l'IAE de Paris au sein du Master des Administrations et des Entreprises le module "Organisations et comportements".

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Vous connaissez, pour certains, les résultats de la base de SYPRENE. Il y a 27 contributeurs actifs et aujourd’hui, la base compte 2 643 cas traités. Sur l’ensemble de cette base, vous avez 1 222 cas d’intervention qui ont été terminés et évaluées. Audrey l’a évoqué tout à l’heure, 82 %, c’est le taux de réussite ou d’amélioration qui est qualifié à la fin des interventions. La durée moyenne est de 5,8 séances par patient et la durée moyenne de l’intervention est de 5,4 mois. Je vous avais promis quelques premiers chiffres sur la base SYPRENE.

Concernant les problématiques d’alcool et d’addiction, plus spécifiquement, 96 cas ont été traités par l’ensemble des intervenants qui contribuent à ces résultats. Le nombre moyen de séances est un peu plus élevé, 6,7, et la durée moyenne est de six mois. 33 cas sont clôturés et évalués avec un taux de résolution de 73 %. C’est un taux légèrement inférieur à l’ensemble de la base et des pathologies rencontrées, ce qui est conforme évidemment à la grande difficulté de traiter les cas de l’addiction. Historiquement, on a toujours observé une réelle difficulté par rapport à ça.

Ce que je voulais vous montrer plus spécifiquement aujourd’hui, par rapport à tous les cas, les principales tentatives de solution que l’on rencontre chez ces patients concernés par l’addiction à l’alcool et qui ont pour point commun d’avoir tous une logique d’évitement. On a commencé à en parler tout à l’heure, on l’a entendu et vous allez beaucoup le retrouver au fur et à mesure des ateliers. La principale tentative de solution : éviter les situations sociales générant la peur, s’interdire de consommer une substance, nier les informations ou les émotions, chercher à y échapper, éviter les régulations relationnelles, cacher un défaut, une faiblesse, chercher à échapper à des souvenirs douloureux, etc.

Ces données ne restituent pas tout le travail d’accompagnement, de restructuration et de recadrage qui est en plus associé à l’accompagnement et à l’intervention, mais il permet de bien décrire le processus en jeu dans ces pathologies. Les principales prescriptions mises en œuvre et qui apparaissent sur l’écran, il y a : comment aggraver qui permet de mettre en lumière l’enjeu et les tentatives de solutions pour le patient. Les lettres émotionnelles qui sont centrées sur la sensation, que le patient tente d’éviter le plus souvent.

La prescription va l’amener à s’y confronter. Un verre obligatoire, c’est une tâche paradoxale pour contrer l’interdiction que lui ou son entourage se donne sans résultats probants. La technique de l’échelle permet d’évaluer les progrès. Afficher plutôt que de cacher, pour accompagner tous ceux qui dissimulent, cachent, évitent de montrer leurs difficultés et d’en parler. Pour tous ceux qui voudraient plus de précisions, toute l’équipe reste à votre écoute et vous pouvez nous contacter.   

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Claudette Portelli - Approche stratégique des addictions

Lact a le plaisir de vous proposer en intégralité, la webconférence du Dr. Claudette Portelli tirée de la 4ème édition International Webinar, intitulée : « Approche stratégique des addictions ».

« Le moindre mouvement importe à toute la nature ; la mer change pour une pierre. Ainsi, dans la grâce, la moindre action importe par ses suites à tout. Donc tout est important. En chaque action, il faut regarder, outre l’action, notre état présent, passé, futur et les autres à qui elle importe, et voir les liaisons de toutes ces choses». (Pascal, 1869-1872, p. 378)

L’addiction serait-elle une problématique uniquement individuelle au niveau psychologique ou biologique c’est à dire intrinsèque à l’individu lui-même ? Ne prend-on pas le risque dans ce cas d’isoler l’individu dans un étiquetage pathologisant et déresponsabilisant pour son environnement ? L’addiction serait-elle le reflet du fonctionnement d’une société qui fabriquerait des situations pathogènes ? Mais dans ce cas ne prend-on pas le risque de déresponsabiliser l’individu de son comportement ? 

Dans ce congrès nous allons réfléchir ensemble à comment prendre en compte la complexité du monde des addictions et éviter d’isoler l’individu de son milieu et de la société.

La dépendance est d'abord utilisée comme un outil, une illusion de contrôle qui persiste pendant un certain temps mais plus l'addiction s'installe, plus l'addict perd le contrôle et l'addiction devient un problème qui s'ajoute au problème initial. Le première chose que nous devons faire, c'est de discriminer pour comprendre la fonction de l'addiction : est-ce un moyen de créer une sensation ou d'anesthésier une difficulté ou une douleur ? Le réponse à ces questions détermine la façon dont nous allons aborder le travail thérapeutique.

Claudette Portelli

Psychologue, psychothérapeute et formatrice. Elle pratique à Malte et en Italie. Elle est chargée de cours à l'Université de Malte et à la Dublin City University, où elle enseigne les comportements difficiles dans le contexte scolaire. Elle est chargée de cours à la School of Specialization in Brief Strategic Therapy (Arezzo, Italie) dirigé par le Pr. Giorgio Nadone. Co-auteur des manuels scolaires Knowing Through Changing : L'évolution de la thérapie stratégique brève (2010) avec Giorgio Nardone et Nouvelles addictions (2017) avec Matteo Papantuono. 

Retranscription

Bonjour à toutes et à tous.
Alors, dans le cadre de ce webinar sur le thème "repenser les relation". Je vous propose qu'on réfléchisse aux leçons du confinement.
Il y en a beaucoup évidemment, des leçons économiques, notamment des leçons de choix de politique de la ville, politique nationale, mais je vais me centrer sur un problème très particulier, c'est ce que nous avons appris pendant ce confinement de la possibilité d'utiliser  des outils numériques, donc des outils qu'on appelle parfois de communication distancielle pour rester, malgré tout, reliés entre nous, rester dans une forme de présence malgré l'éloignement physique.

Donc il faut bien comprendre que cette période a été très difficile pour beaucoup d'entre nous.
Pas pour tout le monde, il y en a qui ont trouvé refuge dans leur maison de campagne, plus tranquilles presque parfois, que dans la grande ville, mais pour beaucoup ça a été difficile

Il y a eu des angoisses de mort importantes, puisqu'on savait qu'on pouvait être contagieux sans symptôme, donc risquer de transmettre la maladie ou que nos proches nous transmettent la maladie [....]

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Audrey Becuwe - les avancées de l’institutionnalisation du métier de systémicien

les avancées de l’institutionnalisation
du métier de systémicien

Audrey Becuwe

Audrey Becuwe est Maître de Conférences HDR en sciences de gestion au sein de l'IAE Limoges, chercheur en gestion des ressources humaines et comportement organisationnel.

Retranscription

Effectivement, je vais vous parler d'un travail de recherche que nous menons, actuellement, avec Grégoire Vitry sur le métier de systémicien et sur sa reconnaissance. J'en profite, d'ailleurs, pour adresser mes remerciements à Grégoire pour nos échanges stimulants et lui redire le plaisir que j'ai à travailler avec lui.

Je vais me présenter très rapidement, en quelques mots. Je suis Audrey Becuwe. Je suis actuellement maître de conférences en gestion des ressources humaines à l'université de Limoges et chercheur au CREOP. Donc, je vais vous présenter un travail qui n'est pas terminé et que nous menons ensemble avec Grégoire Vitry, que tout le monde doit connaître et qui, pour rappel, est titulaire d'un doctorat de l'université de Paris, directeur de LACT et président du syndicat Sypres.

 Effectivement, on a vu combien la santé mentale s'était détériorée avec la crise sanitaire. Or, comme vous savez, une prise en charge globale biopsychosociale permet de prévenir et de résoudre les problématiques psychologiques et relationnelles dans les situations complexes. C'est pourquoi, former des professionnels à la systémie et participer à la reconnaissance d'un métier, à savoir le métier de systémicien paraît être un élément de réponse face à l'enjeu que constitue la santé mentale. Mais la question qui se pose est : quelles actions mener pour faire reconnaître et donc pour institutionnaliser un nouveau métier, en l'occurrence le métier de systémicien ? La recherche scientifique est à même de nous éclairer sur le processus d'institutionnalisation d'un métier, en particulier sur les enjeux, le travail institutionnel à réaliser et les difficultés à surmonter pour que ce métier, justement, soit reconnu.

C'est pourquoi, avec Grégoire, nous avons décidé d'initier une recherche sur cette thématique que nous positionnons en sciences de gestion. Alors, c'est vrai qu'on dit souvent "sciences de gestion, sciences pour l'action" et cela renvoie à l'idée que les sciences de gestion ont, non seulement, pour projet la production de connaissances, mais aussi l'action qui peut prendre la forme de recommandation aux décideurs économiques et politiques, mais aussi, bien sûr, la participation active aux changements en cours initiés par des acteurs. Donc, nous nous appuyons, dans cette recherche, sur une grille d'intelligibilité ancrée dans la sociologie des professions et dans la sociologie néo-institutionnelle, et nous avons mis en place une démarche méthodologique en trois étapes.

Donc, nous avons déjà démarré et nous menons en chœur, avec l'aide précieuse de Claude de Scorraille et d'Olivier Brosseau, des entretiens individuels auprès de prescripteurs tels que les directeurs des ressources humaines ou des médecins du travail, mais aussi auprès des experts, auprès des acteurs qui sont experts du sujet. Donc, bien évidemment, il s'agit des présidents de clubs du syndicat Sypres, des directeurs d'école qui forment la systémie et, de manière générale, des professionnels qui connaissent bien ce champ, ainsi que des enseignants-chercheurs spécialisés également sur la systémie.

Nous complétons cette première étude par l'animation de trois focus groups. Nous en avons déjà réalisé deux. Un sur le métier de systémicien de l'éducation, l'autre sur celui de systémicien du travail. Et nous avons un troisième focus group qui se tiendra la semaine prochaine sur le métier de systémicien clinique. La troisième étape de cette méthodologie inclut une étude quantitative que nous construirons sur la base de ce qui émerge dans cette première phase qualitative. Alors, naturellement, aujourd'hui, nous n'allons pas vous présenter les premiers résultats qui émergent de façon exhaustive, mais nous allons axer notre propos autour de deux points.

À savoir, premièrement, vous partager nos réflexions sur la systémie comme pouvant produire, à la fois, une compétence et un métier. Et deuxièmement, sur les actions concrètes à mener pour que le métier de systémicien soit reconnu. Ces éléments relèvent, bien évidemment, de ce qu'on a pu nous dire les professionnels qui ont participé aux focus groups, notamment.

Alors, effectivement, pour répondre à la question de savoir si la systémie est une compétence ou un métier, il faut, au préalable, être clair sur la distinction entre ces deux notions. La compétence est une combinaison de capacité à agir, regroupée au sein de savoirs, de savoir-faire et de savoir-faire relationnels qu'on appelle encore aujourd'hui les "soft skills". Elle est mobilisée, généralement, de façon appropriée par rapport à une situation de travail donné pour obtenir un résultat. Donc, cette compétence peut être commune à plusieurs métiers. Le métier, quant à lui, se centre sur les compétences, mais aussi sur les activités.

Il comprend également un ensemble de règles morales spécifiques à la communauté d'appartenance et à une identité professionnelle qui permet de se définir socialement. "Je suis coach", ce n'est pas pareil que si "je suis médiateur" ou si "je suis systémicienne". Concrètement, pour illustrer davantage cette distinction entre compétences et métier, Grégoire prend souvent un exemple qui est très parlant, c'est celui de l'ostéopathie. L'ostéopathe, c'est un métier qui peut être exercé à plein temps par certains à l'issue de plusieurs années de formation. Mais ça peut être aussi des compétences acquises, par exemple, par des kinésithérapeutes et dont ces derniers vont se servir de façon plus marginale dans l'exercice de leur activité.

Une fois qu'on a dit ça, il est intéressant également de préciser ce qu'on entend par la reconnaissance d'un métier. Là encore, nos échanges avec Grégoire Vitry permettent de distinguer trois niveaux de reconnaissance pour un métier. Le premier niveau, c'est le niveau de psychopraticien qui peut correspondre aussi à l'inscription au répertoire spécifique de France Compétences qui reconnaît donc, là, des compétences. Le niveau deux, au-dessus, c'est l'inscription du métier au RNCP, au Répertoire national des certifications professionnelles. Là, encore, via France Compétences. L'exemple typique, c'est l'exemple des métiers d'ostéopathe, de sophrologue ou encore d'art-thérapeute.

Puis, enfin, le troisième niveau, encore un peu plus ambitieux, c'est lorsqu'un métier est déployé par un ministère, lorsqu'on a un titre d'État, comme c'est le cas pour le métier de psychologue. Ces notions étant définies, nous pouvons maintenant vous faire part, en avant-première, des premiers résultats de notre étude qualitative.

Première question, la question de savoir si c'est une compétence ou si la systémie est un métier. On peut, d'ores et déjà, répondre que, bien sûr, ça peut être une compétence détenue par des professionnels, par un professeur, par un manager, mais ça peut être aussi un métier parce que, comme l'ont dit nos experts, la systémie, le systémicien se caractérise par le fait, bien sûr, de prendre en charge des problèmes collectifs, c'est-à-dire qu'il s'occupe des systèmes et des groupes. Son rôle est alors différent de celui du médecin qui s'occupe davantage de l'individu seul (pris élément).

Puis, la prise en charge se fait à un niveau où la complexité a pris le dessus, c'est-à-dire où l'irrationnel et l'émotionnel ont pris le dessus. Nos experts nous disaient que finalement, ce métier, c'est un peu le métier de "problem-solver", résoudre des problèmes de situations complexes qui impliquent le système, le groupe et l'individu dans son contexte. Comme les médiateurs qui interviennent dans des sphères variées, le métier de systémicien se décline dans plusieurs champs pour prendre aujourd'hui trois formes principales. Celle de systémicien clinique, celle de systémicien du travail et enfin, celle de systémicien de l'éducation.

Les compétences inhérentes à ces métiers ont été formalisées par des groupes de travail et sont visibles sur le site du syndicat Sypres. Nous allons poursuivre cette présentation en évoquant les actions à mettre en place pour institutionnaliser le métier de systémicien telles qu'elles ont été priorisées par nos experts. Comment reconnaître le métier ? Première action : communiquer. Communiquer, oui, mais quels sont les arguments à mettre en avant ? Nos experts nous ont donc dit que le premier argument, selon eux, qui était à mettre en évidence, c'est celui de l'efficience. L'un d'eux a même eu la jolie phrase "l'efficience, c'est le changement en douceur et à moindres frais" sur des situations très sensibles, typiquement les situations de harcèlement ou de conflit. Et c'est vrai que les articles scientifiques publiés par Grégoire Vitry et ses collègues montrent clairement l'efficience de l'approche systémique puisque, en moyenne, Grégoire Vitry montre que la durée de traitement est évaluée à 5,5 mois — 5,3 séances — et que le taux de réussite, la résolution du problème est de 81 %.

Deuxième argument à communiquer, c'est que le systémicien participe à une approche globale de la santé. Enfin, troisième argument à mettre en avant, c'est qu'il agit à un niveau où la complexité a pris le dessus et qu'il est apte à faire face à l'incertitude. Néanmoins, deux grands points de vigilance ont émergé des focus groups concernant ces actions de communication. Le premier insiste vraiment sur l'idée de ne pas être théorique dans notre façon de communiquer.

Ainsi, rentrer dans des explications, par exemple, sur ce qu'est l'homéostasie est susceptible de perdre un auditoire non initié à l'approche systémique. Le second point de vigilance invite à éviter d'être dans une logique comparative en disant, par exemple, que l'approche systémique serait meilleure que d'autres approches. Deuxième grande action qui est à mettre en œuvre pour institutionnaliser ce métier, c'est, bien sûr, recruter ; recruter des systémiciens. Là, on s'est finalement demandé où ces systémiciens exerceraient. Ils exercent d'abord dans des cabinets indépendants selon nos professionnels. En termes de recrutement, selon nos experts, l'idéal serait que les politiques publiques recommandent le recrutement de systémiciens du travail pour les entreprises qui ont plus de 500 salariés.

Dans le champ de l'éducation, il s'agirait de recruter au moins 1000 systémiciens, voire davantage jusqu'à 5000. Alors, le focus group sur le métier de systémicien clinique n'ayant pas eu lieu, nous n'avons pas encore de premiers résultats en la matière sur l'axe du recrutement. Troisième grande action à mener, c'est former et former sur ces métiers, systémicien du travail, systémicien clinicien, systémicien de l'éducation, et proposer des formations qui peuvent également être diplômantes et universitaires a minima, telles que des diplômes d'université qui sont des diplômes locaux d'université et non pas nationaux — mais à terme, nationaux, c'est également quelque chose qui est préconisé.

Puis, quatrième grande action pour institutionnaliser le métier, c'est le lobby, c'est-à-dire des actions politiques. Il s'agirait évidemment d'améliorer encore la visibilité institutionnelle du syndicat Sypres qui existe déjà et qui a déjà fait un énorme travail, et peut-être de valoriser encore davantage le travail normatif qui a été effectué et qui permettra, de plus en plus, de légitimer le fait que la systémie est un métier. Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que Sypres précise, en se basant, par ailleurs, sur les pratiques d'acteurs institutionnels œuvrant dans des champs connexes, qu'il est nécessaire d'avoir suivi au moins 500 heures de formation sur trois années pour prétendre au métier de systémicien.

Au-delà de cette visibilité, il s'agit également de continuer les actions politiques, notamment de rencontrer des parlementaires comme l'ont déjà initié Grégoire Vitry et ses collègues, en venant avec des propositions telles que celle, bien évidemment, la première, reconnaître le métier de systémicien avec un diplôme d'État, proposer des formations à la systémie dans les cursus universitaires. Puis, bien d'autres propositions telles que sensibiliser, telles que le fait que les politiques publiques puissent sensibiliser, par exemple, les entreprises à la prise en charge biopsychosociale pour accompagner les salariés. Donc, j'ai été, bien évidemment, très synthétique et bien d'autres choses sont ressorties de cette première étude qualitative. Pour respecter le temps imparti, je vais m'arrêter là et je vous remercie pour votre écoute.

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Vers un humanisme pragmatique

Vers un humanisme pragmatique

Claude de Scorraille & Grégoire Vitry

dr fr Résumé

En réponse au Covid-19, nous avons reçu l’ordre de nous confiner puis de porter des masques. La vie que l’on croyait stable a fait place à un monde de peur et d’angoisse, générés par des paradoxes où l’isolement a pu devenir synonyme de torture mentale.

La crise s’est installée dans nos vies bousculant nos besoins de certitudes et d’incertitudes. Elle a mis en lumière à quel point la relation est vitale pour l’être humain. Ces besoins viennent questionner les tentatives de solutions redondantes incarnées dans un monde systémique centré sur des valeurs individualistes.

Nous présentons ici les principes et stratégies qui rendent possible le passage de la performance individuelle à un humanisme pragmatique.

Mots-clés

Humanisme pragmatique Paradoxes Individualisme Approche Systémique Stratégique Tentatives de solution redondantes Mental Research Institute

dr en Abstract: Toward a pragmatic humanism

In response to Covid-19 we were ordered to shelter in place and wear masks.

The life we thought was stable gave way to a world of fear and anxiety generated by paradoxes where isolation could become synonymous of mental torture. This crisis has taken a hold of our lives, bringing out our need for certainties and uncertainties, reminding us of how vital relationships are for humans.

These needs challenge our attempts to find redundant solutions embodied in a systemic world centered on individualistic values. We propose here the principles and strategies that will allow to move from a society of individualistic performances to a pragmatic humanism.

Keywords

Pragmatic Humanism Paradoxes Individualism Systemic and Strategic Approach Redundant Solution Attempts Mental Research Institute

 

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Redundant Attempted Solutions: 50 Years of Theory, Evolution, and New Supporting Data

50 Years of Theory, Evolution, and New Supporting Data

Gregoire Vitry, Claude de Scorraille and Michael F. Hoyt

dr fr Résumé

La théorie des tentatives de solutions redondantes (RAS) est décrite depuis ses origines jusqu'à aujourd'hui. Fondée sur la cybernétique et introduite au Mental Research Institute de Palo Alto, en Californie, le principe fondamental des RAS est que la répétition d'une solution infructueuse peut en fait servir à perpétuer et à ancrer davantage un problème. Véritable réducteur de complexité, une définition des RAS est présentée qui apprécie les dimensions biopsychosociales du diagnostic et de l'intervention. Des données sont également présentées à partir de SYPRENE, un réseau de recherche sur la pratique de la thérapie systémique qui documente l'utilisation d'interventions stratégiques pour mettre fin au RAS.

Mots-clés

Tentatives de solutions redondantes, mécanismes de changement, thérapie stratégique-systémique, cybernétique, Mental Research Institute

Points clés:

1. Le concept de tentatives de solutions redondantes (RAS) est né au Mental Research Institute de Palo Alto, en Californie.
2. Le principe principal de la RAS, fondé sur la pensée systémique, est que la répétition d'une tentative infructueuse de résoudre un problème peut en fait servir à perpétuer et à renforcer le problème.
3. L'objectif principal du thérapeute est donc d'interrompre les répétitions de la RAS.
4. Les RAS sont souvent basés sur les (il)logiques d'évitement ou de faux contrôle - ou une combinaison de celles-ci.
5. Des preuves sont présentées à partir de SYPRENE, un réseau international de recherche sur la pratique de la thérapie systémique, soutenant l'efficacité thérapeutique de l'arrêt des RAS dans la résolution des problèmes.

dr en Abstract:

The theory of redundant attempted solutions (RAS) is described from its origins to today. Based in cybernetics and introduced at the Mental Research Institute in Palo Alto, California, the main principle of RAS is that repeating an unsuccessful solution may actually serve to perpetuate and further entrench a problem. A true reducer of complexity, a definition of RAS is presented that appreciates biopsychosocial dimensions of diagnosis and intervention. Data are also presented from SYPRENE, a systemic therapy practice research network that documents the use of strategic interventions to stop RAS

Keywords

redundant attempted solutions, mechanisms of change, strategic-systemic therapy, cybernetics, Mental Research Institute

Key Points:

1. The concept of redundant attempted solutions (RAS) originated at the Mental Research Institute in Palo Alto, California.
2. The main principle of RAS, based in systemic thinking, is that repeating an unsuccessful attempt to solve a problem may actually serve to perpetuate and further entrench the problem.
3. The main purpose of the therapist, therefore, is to disrupt repetitions of RAS.
4. RAS are often based on the (il)logics of avoidance or false control or some combination of these.
5. Evidence is presented from SYPRENE, an international systemic therapy practice research network, supporting the therapeutic problem-solving effectiveness of stopping RAS.

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Efficacité et efficience de la thérapie stratégique et systémique dans des contextes naturalistes : Résultats préliminaires d'un réseau de recherche sur la pratique systémique (SYPRENE)

Efficacité et efficience de la thérapie stratégique et systémique dans des contextes naturalistes : Résultats préliminaires d'un réseau de recherche sur la pratique systémique (SYPRENE)

Grégoire Vitry, Rytis Pakrosnis, Olivier Gabriel Brosseau, et Nathalie Duriez

dr fr Résumé

SYPRENE, un réseau numérique international de recherche sur les pratiques systémiques (PRN), a été créé en 2014 pour combler le manque de recherche fondée sur la pratique concernant l'efficacité et l'efficience des thérapies systémiques, en commençant par les thérapies stratégiques. Cet article rapporte les premiers résultats des résultats. Jusqu'à présent, vingt-sept thérapeutes de plusieurs pays utilisant l'approche stratégique de la thérapie brève du MRI ont recueilli des données pour un large éventail de diagnostics de problèmes. Les données sont rapportées ici pour 1 150 cas terminés. Le taux d'abandon était de 19%. Une amélioration significative ou une résolution complète du problème a été signalée par les thérapeutes dans 80 % des cas et par les patients dans 90 % des cas, avec une moyenne de 5,4 séances et 5,3 mois de traitement. Les patients ont signalé une amélioration significative sur le GHQ-12 avec une taille d'effet importante, et 76% des cas ont été évalués comme ayant atteint un changement fiable et cliniquement significatif.

Mots-clés

thérapie brève ; MRI ; recherche sur les résultats ; méthodologie de recherche ; thérapie stratégique ; consultation systémique.

Points clés pour le praticien:

1. SYPRENE est un réseau numérique de recherche sur les pratiques
2. Des données sur les résultats ont été recueillies sur 1 079 cas.
3. Les données probantes soutiennent l'efficacité de la thérapie stratégique.

dr en Abstract:

SYPRENE, an international digital systemic practice research network (PRN), was established in 2014 to fill the gap in practice- based research on the effectiveness and efficiency of systemic therapies, starting with strategic therapies. This article reports initial outcome results. So far, twenty- seven therapists from several countries using the MRI brief therapy strategic approach have collected data for a wide range of problem diagnoses. Data are reported here for 1,150 completed cases. The drop- out rate was 19%.
Significant improvement or complete problem resolution was reported by therapists in 80% and by patients in 90% of cases, with an average of 5.4 sessions and 5.3 months of treatment. Patients reported significant improvement on the GHQ- 12 with a large effect size, and 76% of cases were evaluated as reaching reliable and clinically significant change.

Keywords

brief therapy; MRI; outcome research; research methodology; strategic therapy; systemic consultation.

Practitioner Points:

1. SYPRENE is a digital practice research network
2. Outcome data have been collected on 1,079 cases.
3. Evidence supports the effectiveness of strategic therapy.

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Présentation de SYPRENE : un réseau international de recherche sur les pratiques pour les thérapeutes et les chercheurs en stratégie et en systémique

Présentation de SYPRENE : un réseau international de recherche sur les pratiques pour les thérapeutes et les chercheurs en stratégie et en systémique.

GRÉGOIRE VITRY, NATHALIE DURIEZ, SOPHIE LARTILLEUX-SUBERVILLE, RYTIS PAKROSNIS, ALEXANDRINA BEAU, TERESA GARCIA-RIVERA, OLIVIER BROSSEAU, PEDRO VARGAS AVALOS, ERIC BARDOT, WENDEL A. RAY

dr fr Résumé

SYPRENE, un nouveau réseau international de recherche sur la pratique systémique (PRN), a été créé pour combler le manque de recherche fondée sur la pratique concernant l'efficacité et l'efficience des thérapies stratégiques. Cet article présente les raisons de la création de SYPRENE et décrit les méthodes de collecte de données, ainsi que le système d'encodage mis en place au sein de ce PRN. D'autres développements sont attendus concernant le recrutement des praticiens, les types de données collectées, les résultats et la mise en œuvre de SYPRENE dans les supervisions, les formations et les écoles professionnelles.

Mots-clés

Thérapie stratégique brève ; recherche sur l'efficacité et l'efficience ; réseau de recherche sur la pratique ; institut de recherche sur la santé mentale.

dr en Abstract:

SYPRENE, a new international Systemic Practice Research Network (PRN), has been established to fill the gap in practice-based research on the effectiveness and efficiency of strategic therapies. This article presents the rationale for the creation of SYPRENE and  describes data collection methods, and the encoding system implemented within this PRN.
More developments are expected in the recruitment of practitioners, the types of data collected, findings, and the implementation of SYPRENE in supervision, trainings, and professional schools.

Keywords

Brief Strategic Therapy; Effectiveness and Efficiency Research; Practice Research Network; Mental Research Institute

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Serge Tisseron - Repenser les relations

Lact a le plaisir de vous proposer en intégralité, la webconférence du Dr. Serge Tisseron tirée de la 4ème édition International Webinar, intitulée : « Gérer les apprentissages du confinement ».

La crise sanitaire mondiale sans précédent a révélé l’extrême vulnérabilité de nos sociétés :

1. l’acuité des impasses économiques (interdépendance, pénurie), écologiques (réchauffement climatique), sociales (communautarisme, paupérisation), politiques (autoritarisme, défiance, extrémisme) vers lesquelles les a conduites une vision individualiste et fragmentaire des enjeux sociétaux,

2. la nécessité d’apprendre à naviguer autrement sur une « mer d’incertitude », seul et ensemble, face aux défis de transformation économie et sociétale qui s’annonce, enjeux de santé globale.

Pendant l’expérience du confinement, la communication digitale s’est immiscée au-delà de ses frontières initiales propres aux jeunes générations et a envahi les espaces professionnels et personnels de tous. Ces échanges digitaux ont donné lieu à des expérimentations et des découvertes impensées jusqu’alors, (travail, famille), qui nous amènent à réinterroger la nature même de nos relations et de leurs enjeux (de soi à soi, de soi à l’autre, de soi aux institutions et au monde) au delà des frustrations de ne plus se voir physiquement.

Un besoin émerge de porter un regard global nouveau et repenser la prise en charge de la santé (et des souffrances) dans les champs du soin (physique et mental) mais aussi de l’éducation, de l’aide à l’enfance, de la famille, de la justice, de l’économique, du politique. Avec en ligne de mire, une transformation de nature systémique de la notion de performance vers une performance relationnelle (et non plus individuelle), pour "faire évoluer simultanément, nos comportements, nos émotions, nos conceptions sur notre façon d’investir nos rôles" et de réguler nos interactions, au service de l’intérêt commun.

Serge Tisseron

Psychiatre, membre de l'Académie des technologies docteur en psychologie HDR, membre du conseil scientifique du CRPMS, Université de Paris. Il a réalisé sa thèse de médecine en 1975 sous la forme d'une bande dessinée et découvert le secret familial de Hergé uniquement à partir de la lecture des albums de Tintin. Il a publié une quarantaine d'essais personnels, notamment sur les secrets de famille et nos relations aux images, traduits dans douze langues. Dernier ouvrage : L'Emprise silencieuse des machine parlantes, plus jamais seul (Ed. LLL).

Retranscription

Bonjour à toutes et à tous.
Alors, dans le cadre de ce webinar sur le thème "repenser les relation". Je vous propose qu'on réfléchisse aux leçons du confinement.
Il y en a beaucoup évidemment, des leçons économiques, notamment des leçons de choix de politique de la ville, politique nationale, mais je vais me centrer sur un problème très particulier, c'est ce que nous avons appris pendant ce confinement de la possibilité d'utiliser  des outils numériques, donc des outils qu'on appelle parfois de communication distancielle pour rester, malgré tout, reliés entre nous, rester dans une forme de présence malgré l'éloignement physique.

Donc il faut bien comprendre que cette période a été très difficile pour beaucoup d'entre nous.
Pas pour tout le monde, il y en a qui ont trouvé refuge dans leur maison de campagne, plus tranquilles presque parfois, que dans la grande ville, mais pour beaucoup ça a été difficile

Il y a eu des angoisses de mort importantes, puisqu'on savait qu'on pouvait être contagieux sans symptôme, donc risquer de transmettre la maladie ou que nos proches nous transmettent la maladie [....]

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