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Certaines familles ne se disputent jamais. On pourrait les envier, mais si on n’y regarde pas de trop près. Car il existe une paix qui n’est pas une paix : une entente de façade, une cordialité obligatoire, un « nous sommes d’accord » qui fonctionne comme un verrou. La pseudo-mutualité désigne précisément cette apparence de réciprocité et d’accord, maintenue au prix de l’effacement des différences réelles.
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Il y a des enfants remarquablement « matures ». On les félicite. On s’appuie sur eux. On dit qu’ils sont « plus adultes que leurs parents ». Derrière le compliment se cache parfois une architecture relationnelle coûteuse : la parentification structurelle. L’enfant n’y est pas seulement sensible ou débrouillard ; il occupe une place qui n’est pas la sienne (confident, médiateur, soignant, garant du moral familial, parfois même substitut conjugal émotionnel).
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On passe sa vie à commenter ce qui a été dit et l’on rate, souvent, ce que l’autre a voulu dire. L’implicite n’est pas un manque de clarté : c’est un mode de communication à part entière, parfois plus puissant que l’explicite. Un silence, un sourire trop large, une question qui n’en est pas une, une politesse qui coupe : tout cela agit. La pragmatique de l’implicite s’intéresse précisément aux effets de ce qui n’est pas nommé, mais qui oriente la relation.
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Deux personnes peuvent employer les mêmes mots et ne pas parler de la même chose. Cela semble évident, presque banal, jusqu’au jour où un couple, une équipe, une famille se déchire non sur un désaccord, mais sur l’impossibilité de s’accorder sur ce que « désaccord » signifie. Les cadres de référence incompatibles désignent ces cartes mentales, affectives et culturelles qui ne se superposent plus. On croit négocier un contenu ; on se heurte à des ontologies privées.
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Il y a des familles où l’on se dispute et d’autres où l’on se tait. Dans les deux cas, quelque chose d’essentiel se joue : non pas « qui a raison », mais comment le couple parental organise (ou désorganise) le partage du réel. Le psychiatre américain Theodore Lidz a nommé ces deux architectures pathogènes le schisme marital et le skew marital. L’un clive. L’autre distord. Et l’enfant, lui, apprend à survivre dans un paysage relationnel où la vérité n’est jamais neutre.
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Ce texte part d'un cas clinique bref, la verrue d'Inès, pour en dégager une méthode générale. Ce premier cas sert de fil conducteur : c'est à partir de lui que le raisonnement se construit. Sept autres situations viennent ensuite en éprouver la portée, du deuil qu'on force à finir jusqu'au verre du soir qui sert deux fois, chacune montrant le même principe au travail dans une configuration différente.
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- par Jean-Lionel BAGOT
Diplômé de carcinologie clinique, le docteur Jean-Lionel Bagot est spécialisé dans les soins d'accompagnement en cancérologie. Précurseur dans ce domaine, il a fondé en 2006, la première consultation homéopathique de soins de support en milieu hospitalier. Les conseils nutritionnels et d'hygiène de vie, l’homéopathie et l’acupuncture, font partie des prises en charge qu'il propose pour accompagner les traitements du cancer.
Il est l’auteur du guide pratique : « cancer et homéopathie : rester en forme et mieux supporter les traitements » aux éditions Unimedica.
Il est Président de la Société Homéopathique Internationale de Soins de Support en Cancérologie (SHISSO) www.shisso-infos.com
Chargé de cours à la faculté de médecine et de pharmacie, il est responsable du diplôme universitaire d'homéopathie de l'université de Strasbourg.
Maître de stage des universités, il est accompagné dans ses consultations par un interne en médecine.
Il exerce en cabinet libéral 5, place des Halles à Strasbourg, en début de semaine ainsi qu'à l'hôpital de jour de soins intégratifs de la clinique de la Toussaint le vendredi. Il est également le correspondant homéopathique de l'Institut Rafael à Paris.
Jean-Lionel Bagot, pionnier de l'oncologie intégrative, défend une médecine qui articule approches conventionnelles, complémentaires et self-care autour du patient. À travers l'hôpital de jour de Strasbourg, il démontre qu'humanité, écoute et bienveillance ne sont pas des options — elles sont le soin.
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- par Jennifer DENIS
Psychologue clinicienne, docteure en psychologie. Psychothérapeute analytique et Thérapeute systémicienne. Spécialisée en psycho traumatologie et en clinique de crise. Professeure à l’Université de Mons, Service de Psychologie clinique (Belgique).
Responsable de l’Atelier Systémique : Groupe de formation et de recherche en thérapie familiale et en interventions systémiques en collaboration avec le CEFS (Centre d’Étude de la Famille et des Systèmes, Bruxelles) et l’UMONS. Autrice de plusieurs articles, chapitres de livre et livre, conférencière, formatrice et superviseure d’équipe.
Cet article propose une lecture systémique du changement : comment se réapproprier son histoire sans s’y réduire. Il met en lumière le rôle du lien thérapeutique, des ressources et du contexte pour soutenir l’agentivité du patient et ouvrir des possibilités de transformation durables au-delà des déterminismes.