When family and psychological systems become references and create their own realities, between identity construction and relational traps.
Quand les systèmes familiaux et psychiques deviennent des références et créent leurs propres réalités, entre construction identitaire et pièges relationnels.
Introduction : le miroir du soi et du système
Imaginez un instant une famille comme un organisme vivant qui, pour définir ce qu’il est, ne peut que se référer à lui-même. “Nous sommes les Dupont, et chez les Dupont, on ne pleure pas.” Cette simple phrase, prononcée par un parent à son enfant, illustre parfaitement ce mécanisme fascinant qu’est l’autoréférence. Le système familial se définit par lui-même, crée ses propres règles, et façonne ainsi sa réalité distinctive.
L’autoréférence constitue ce processus par lequel un système – qu’il soit psychique ou familial – devient lui-même la référence pour construire son identité, établir ses frontières et déterminer ses modes de fonctionnement. Ce concept, bien que rarement exploré de manière explicite, représente pourtant l’un des mécanismes les plus fondamentaux de la construction identitaire et relationnelle.
C’est ainsi que Robert Neuburger comparait les familles à des mafias : elles ont leurs propres lois, leurs propres rituels, et malheur à celui qui trahit l’omerta familiale ! Les systèmes autoréférentiels créent leur propre réalité, parfois au mépris du monde extérieur.
L’autoréférence : fondements théoriques et implications cliniques
Aux origines du concept : une boucle étrange
Le concept d’autoréférence trouve ses racines dans diverses disciplines, de la cybernétique à la théorie des systèmes. Gregory Bateson, l’un des pères fondateurs de l’École de Palo Alto, avait déjà identifié ce phénomène à travers sa théorie des types logiques et des paradoxes communicationnels. L’autoréférence apparaît lorsqu’un système se prend lui-même comme référence, créant ce que Douglas Hofstadter appellerait plus tard une “boucle étrange”.
Dans le contexte familial, l’autoréférence se manifeste par des phrases comme : “Dans notre famille, on a toujours fait comme ça” ou “Un vrai Durand ne se comporte pas ainsi”. Ces affirmations illustrent comment le système se définit par lui-même, sans référence extérieure, créant ainsi sa propre mythologie familiale.
Les cinq axiomes de la communication pragmatique développés par Paul Watzlawick nous aident à comprendre comment ces processus autoréférentiels s’installent et se maintiennent. Le cinquième axiome, qui stipule que toute communication est symétrique ou complémentaire, illustre particulièrement bien comment les systèmes familiaux établissent leurs propres règles relationnelles.
La double contrainte : piège autoréférentiel par excellence
L’un des exemples les plus frappants d’autoréférence pathologique est la double contrainte (double bind), concept développé par Bateson et son équipe. Dans ce type de situation, le système familial crée un contexte communicationnel où l’individu est soumis à des injonctions contradictoires, sans possibilité d’y échapper ou de les commenter.
La théorie de la double contrainte nous montre comment certains systèmes familiaux peuvent générer des situations intenables pour leurs membres, tout en maintenant l’illusion de cohérence grâce à l’autoréférence. “Je veux que tu sois spontané” représente l’archétype de ces injonctions paradoxales qui créent des impasses relationnelles.
Le paradoxe de la spontanéité illustre parfaitement cette dynamique : plus on cherche à être spontané, moins on l’est. Ce paradoxe, étudié en profondeur dans l’approche systémique, montre comment l’autoréférence peut créer des situations où la solution devient le problème.
Robert Neuburger, dans ses travaux sur les couples et les familles, a particulièrement développé le concept de “mythe familial” comme élément central de l’autoréférence. Ce mythe constitue l’ensemble des croyances partagées qui définissent l’identité du groupe familial.
Le mythe familial ne serait pas une fiction, mais une réalité psychique structurante. Il s’agit d’un récit que la famille se raconte sur elle-même, définissant ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas. Cette narration autoréférentielle joue un rôle crucial dans la transmission intergénérationnelle et dans la construction identitaire de chaque membre.
Dans les couples et les familles, l’autoréférence se manifeste également à travers les rituels, ces moments qui ponctuent la vie familiale et renforcent son identité collective. Qu’il s’agisse du repas dominical, des vacances annuelles ou des célébrations spécifiques à cette famille, ces rituels constituent des moments privilégiés où le système se célèbre lui-même, renforçant ainsi son caractère autoréférentiel.
L’appartenance et la loyauté : les gardiens de l’autoréférence
L’appartenance au système familial implique souvent une forme de loyauté invisible aux règles autoréférentielles du groupe. Ivan Boszormenyi-Nagy a développé le concept de “loyauté invisible” pour décrire ces engagements inconscients qui lient les membres d’une famille à travers les générations.
Ces loyautés peuvent parfois entrer en conflit avec le développement personnel, créant ce que les systémiciens appellent des “conflits de loyauté”. L’individu se trouve alors tiraillé entre sa fidélité au système autoréférentiel familial et son besoin d’autonomie ou d’adaptation à d’autres systèmes (professionnels, conjugaux, etc.).
La question de l’estime de soi et de la confiance en soi est intimement liée à ces dynamiques autoréférentielles. Un système familial qui valorise et reconnaît ses membres tout en permettant leur différenciation favorisera une estime de soi saine. À l’inverse, un système rigide ou dévalorisant peut générer des problématiques d’estime de soi durables.

Pathologies de l’autoréférence : quand le système s’enferme
Les systèmes fermés : l’autoréférence excessive
Lorsque l’autoréférence devient excessive, le système familial peut se fermer progressivement aux influences extérieures, créant ce que les systémiciens appellent un “système fermé”. Ces familles développent une vision du monde autocentrée, où tout ce qui vient de l’extérieur est perçu comme une menace potentielle à l’intégrité du système.
Cette fermeture peut prendre des formes diverses, allant de l’isolement social à des croyances rigides sur le monde extérieur. Dans les cas extrêmes, on observe des phénomènes sectaires familiaux, où la réalité interne du système devient la seule réalité admise, au mépris de toute information contradictoire.
Les troubles obsessionnels compulsifs peuvent parfois être compris comme une manifestation individuelle d’une autoréférence excessive. Le système psychique de la personne souffrant de TOC crée ses propres règles et rituels, qui deviennent la référence absolue pour déterminer ce qui est “bien” ou “sûr”.
Le doute pathologique : l’autoréférence défaillante
À l’opposé, certains individus souffrent d’une autoréférence défaillante, manifestée par un doute pathologique chronique. Incapables de se fier à leur propre perception ou jugement, ils cherchent constamment des validations externes.
Ce phénomène, étudié dans le cadre des TOC avec doute pathologique, illustre comment un déficit d’autoréférence peut être tout aussi problématique qu’un excès. La personne ne parvient pas à établir une référence interne stable, ce qui la conduit à une quête sans fin de certitude.
Applications thérapeutiques : travailler avec l’autoréférence
Le dialogue stratégique : déjouer l’autoréférence rigide
L’approche systémique stratégique a développé des outils spécifiques pour travailler avec les systèmes autoréférentiels rigides. Le dialogue stratégique, élaboré par Giorgio Nardone, constitue l’une de ces méthodes particulièrement efficaces.
Cette technique d’entretien permet d’introduire des distinctions et des nuances dans un système de pensée autoréférentiel fermé, sans provoquer de résistance. En utilisant des questions paradoxales et des reformulations stratégiques, le thérapeute amène progressivement la personne à élargir son cadre de référence.
Les études menées par le Centre de Thérapie Stratégique d’Arezzo montrent que cette approche permet de résoudre efficacement les problématiques liées à des systèmes de croyances rigides.
Recadrer l’autoréférence : changer le cadre sans briser le tableau
Le recadrage, technique centrale de l’approche systémique, consiste à modifier le cadre de référence d’une situation sans nécessairement en changer le contenu. Cette technique s’avère particulièrement utile pour travailler avec l’autoréférence familiale ou individuelle.
En proposant une nouvelle lecture des mêmes événements, le thérapeute permet au système de maintenir son intégrité autoréférentielle tout en évoluant vers une plus grande flexibilité. Par exemple, un comportement perçu comme de la “désobéissance” peut être recadré comme une “recherche d’autonomie”, offrant ainsi une nouvelle perspective sans invalider l’expérience du système.
L’approche narrative développée par Michael White et David Epston s’inscrit dans cette lignée en proposant de “ré-authorer” les récits familiaux. Cette approche reconnaît la nature autoréférentielle des récits identitaires tout en ouvrant la possibilité de les enrichir ou de les transformer.

L’autoréférence à l’ère numérique : nouveaux défis
Réseaux sociaux et fragmentation de l’autoréférence
L’ère numérique introduit de nouveaux défis concernant l’autoréférence des systèmes psychiques et familiaux. Les réseaux sociaux, en particulier, créent des espaces où l’individu peut développer des identités multiples, parfois contradictoires avec son identité familiale.
Cette multiplication des contextes identitaires peut conduire à une fragmentation de l’autoréférence, où l’individu développe différents “soi” selon les contextes. Si cette flexibilité peut être adaptative, elle peut également générer des conflits internes lorsque ces différentes autoréférences deviennent incompatibles.
Bulles informationnelles : l’autoréférence algorithmique
Un autre phénomène contemporain lié à l’autoréférence est celui des “bulles de filtres” ou “chambres d’écho” créées par les algorithmes des réseaux sociaux et moteurs de recherche. Ces systèmes techniques renforcent l’autoréférence en exposant principalement l’utilisateur à des contenus qui confirment ses croyances préexistantes.
Ce mécanisme peut amplifier les tendances autoréférentielles déjà présentes chez l’individu ou dans le système familial, créant des boucles de renforcement qui rigidifient progressivement les croyances et perceptions. L’impact psychologique du mensonge et de l’auto-illusion se trouve ainsi potentiellement amplifié par ces mécanismes algorithmiques.
Bulles informationnelles : l’autoréférence algorithmique
Les thérapeutes systémiques doivent désormais intégrer ces dimensions dans leur compréhension des systèmes autoréférentiels contemporains, reconnaissant que l’environnement numérique constitue une extension du système familial et individuel, avec ses propres règles autoréférentielles.
Comme le souligne l’approche systémique, ces nouvelles formes d’autoréférence algorithmique peuvent contribuer à la formation de ce que certains appellent des “réalités alternatives”, où des groupes entiers partagent des systèmes de croyances autoréférentiels déconnectés d’autres groupes sociaux. Ce phénomène pose des défis inédits pour les thérapeutes travaillant avec des familles divisées par ces réalités parallèles.
L’autoréférence dans les contextes professionnels et éducatifs
Culture d’entreprise : systèmes autoréférentiels organisationnels
Les organisations professionnelles constituent également des systèmes autoréférentiels puissants. La “culture d’entreprise” représente l’ensemble des croyances, valeurs et comportements qui définissent l’identité d’une organisation, souvent exprimée par des phrases comme “Chez nous, on fait les choses ainsi”.
Le management systémique s’intéresse particulièrement à ces dynamiques autoréférentielles dans les organisations. En comprenant comment une entreprise se définit elle-même et maintient son identité, les consultants systémiques peuvent intervenir plus efficacement sur les problématiques organisationnelles.
Systèmes éducatifs : entre transmission et autoréférence
Dans le domaine éducatif, l’autoréférence joue également un rôle crucial. Les établissements scolaires développent leur propre culture, leurs propres règles et valeurs, créant ainsi un système autoréférentiel qui influence profondément les élèves qui y évoluent.
L’approche systémique de l’éducation met en lumière comment ces systèmes autoréférentiels peuvent générer des “prophéties autoréalisatrices”. Lorsqu’un élève est catégorisé d’une certaine manière par le système (comme “en difficulté” ou “perturbateur”), cette étiquette tend à influencer son comportement dans le sens de la prédiction, renforçant ainsi l’autoréférence du système.
Les interventions systémiques en milieu scolaire visent souvent à assouplir ces mécanismes autoréférentiels rigides. En introduisant de nouvelles perspectives et en recadrant les comportements problématiques, les interventions systémiques en milieu scolaire permettent de briser les cercles vicieux autoréférentiels qui maintiennent certains problèmes.
Autoréférence et troubles psychologiques : perspectives cliniques
Troubles anxieux : l’autoréférence négative amplifiée
Les troubles anxieux illustrent parfaitement comment une autoréférence dysfonctionnelle peut générer et maintenir des problématiques psychologiques. Dans l’anxiété, le système psychique développe une autoréférence centrée sur le danger et la menace, interprétant systématiquement les situations ambiguës comme potentiellement dangereuses.
Cette vision clinique des troubles anxieux montre comment le système anxieux devient progressivement autoréférentiel : l’anxiété génère des comportements d’évitement qui, à leur tour, confirment la perception de danger, renforçant ainsi l’anxiété dans une boucle autoréférentielle.
Dépression : l’autoréférence dévalorisante
Dans la dépression, l’autoréférence prend souvent la forme d’une vision négative systématique de soi, du monde et de l’avenir. Le système dépressif interprète les événements à travers ce prisme dévalorisant, confirmant ainsi sa vision négative dans une boucle autoréférentielle.
Les recherches en thérapie systémique stratégique montrent que ces boucles autoréférentielles dépressives peuvent être interrompues en modifiant non pas directement les croyances, mais les comportements qui les maintiennent. En prescrivant des comportements contradictoires avec l’autoréférence dépressive, le thérapeute crée une dissonance qui peut amorcer le changement.
Troubles de la personnalité : autoréférence et identité
Les troubles de la personnalité peuvent être conceptualisés comme des systèmes autoréférentiels particulièrement rigides et envahissants. Dans le trouble de la personnalité borderline, par exemple, l’autoréférence oscille souvent entre des extrêmes, créant une instabilité identitaire caractéristique.
L’approche systémique de ces troubles se concentre sur l’identification des boucles autoréférentielles qui maintiennent les patterns problématiques. En travaillant sur les interactions plutôt que sur les traits de personnalité supposément stables, cette approche offre des perspectives thérapeutiques prometteuses pour des troubles longtemps considérés comme difficiles à traiter.
Stratégies thérapeutiques pour travailler avec l’autoréférence
Prescrire le symptôme : utiliser l’autoréférence contre elle-même
L’une des stratégies les plus paradoxales et efficaces pour travailler avec les systèmes autoréférentiels consiste à “prescrire le symptôme”. Cette technique, développée par l’École de Palo Alto et perfectionnée par les thérapeutes stratégiques, consiste à demander au patient de produire volontairement le symptôme qu’il subit habituellement.
Cette prescription paradoxale modifie profondément la nature autoréférentielle du symptôme : ce qui était subi devient choisi, transformant ainsi la relation du patient à son problème.
Ritualisation thérapeutique : créer de nouvelles autoréférences
Les rituels thérapeutiques constituent un autre outil puissant pour travailler avec l’autoréférence. En créant de nouveaux rituels qui marquent symboliquement des transitions ou des changements, le thérapeute aide le système à intégrer ces changements dans son identité autoréférentielle.
Ces rituels peuvent prendre diverses formes : cérémonies de célébration d’un progrès, rituels d’adieu à un symptôme, ou encore rituels de passage marquant une transition identitaire. Leur efficacité repose sur leur capacité à créer une expérience émotionnelle forte qui s’intègre dans la narration autoréférentielle du système.
L’approche systémique stratégique a développé de nombreux rituels thérapeutiques spécifiques, comme le “rituel de la lettre non envoyée” pour le travail sur le deuil, ou le “rituel du mur des lamentations” pour les ruminations obsessionnelles. Ces techniques permettent de transformer l’autoréférence du système de manière profonde et durable.

Perspectives d’avenir : vers une autoréférence adaptative
Résilience et autoréférence positive
La recherche sur la résilience offre des perspectives prometteuses pour comprendre comment certains systèmes développent une autoréférence positive malgré l’adversité. Les cinq cercles de la résilience identifient les facteurs qui permettent cette construction autoréférentielle adaptative.
Boris Cyrulnik, pionnier de la recherche sur la résilience, souligne l’importance des “tuteurs de résilience” dans ce processus. Ces figures significatives offrent un regard alternatif qui permet à l’individu de développer une autoréférence positive malgré un contexte familial ou social défavorable.
Les interventions thérapeutiques inspirées de la résilience visent précisément à cultiver cette capacité à développer une autoréférence adaptative. En identifiant et en amplifiant les ressources et les exceptions aux problèmes, ces approches aident les systèmes à construire une identité autoréférentielle plus positive et flexible.
Intelligence collective et autoréférence partagée
Les recherches sur l’intelligence collective ouvrent également des perspectives fascinantes sur l’autoréférence des systèmes humains. Ces travaux montrent comment des groupes peuvent développer une forme d’autoréférence partagée qui transcende les limitations individuelles.
Dans le contexte thérapeutique, ces insights peuvent être appliqués au travail avec les familles et les organisations. En facilitant l’émergence d’une autoréférence collective plus adaptative, le thérapeute peut aider ces systèmes à développer de nouvelles capacités de résolution de problèmes et d’adaptation.
Le coaching systémique s’inspire de ces principes pour accompagner les équipes et les organisations vers une performance accrue. En travaillant sur l’autoréférence collective, cette approche permet de transformer en profondeur la culture et les dynamiques organisationnelles.
Conclusion : l’autoréférence, entre piège et libération
L’autoréférence constitue un mécanisme fondamental des systèmes psychiques et familiaux, à la fois source d’identité et potentiellement de souffrance. Comprendre et travailler avec ce mécanisme représente l’un des défis les plus stimulants de l’approche systémique et stratégique.
Comme nous l’avons vu, l’autoréférence peut devenir pathologique lorsqu’elle se rigidifie ou devient excessivement fermée aux influences extérieures. Mais elle peut également constituer une ressource puissante lorsqu’elle est suffisamment flexible et adaptative.
La thérapie systémique et stratégique offre un riche arsenal de techniques pour travailler avec l’autoréférence, depuis le dialogue stratégique jusqu’aux prescriptions paradoxales, en passant par les rituels thérapeutiques. Ces approches permettent d’intervenir efficacement sur des problématiques variées, des troubles anxieux aux dynamiques familiales dysfonctionnelles.
Pour ceux qui souhaitent approfondir leur compréhension de ces mécanismes ou qui se trouvent confrontés à des difficultés liées à des systèmes autoréférentiels rigides, les consultations spécialisées offrent un espace pour explorer et transformer ces dynamiques. La formation en approche systémique permet également aux professionnels d’acquérir les outils nécessaires pour travailler efficacement avec ces mécanismes complexes.
As Gregory Bateson said, “Wisdom is recognizing that I am a part of the larger system, and that the larger system is a part of me.” This circular and self-referential perspective invites us to a deeper and more nuanced understanding of ourselves and our relationships, thus paving the way for greater freedom and creativity in our lives.
References
Bateson, G. (1972). Steps to an ecology of mind . University of Chicago Press.
Cyrulnik, B. (2001). The Ugly Ducklings. Odile Jacob.
Haley, J. (1963). Strategies of psychotherapy. Grune & Stratton.
Hofstadter, D. (1979). Gödel, Escher, Bach: An eternal golden braid . Basic Books.

