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​Selon les chiffres de l’OMS, 70,4 % des personnes interrogées dans 24 pays ont vécu au moins un événement potentiellement traumatique (accident, agression, guerre, etc.). Pourtant, moins de 20 % développent un trouble de stress post-traumatique. Comment certaines personnes restent elles piégées dans la souffrance quand d’autres parviennent à se reconstruire ? Comment accompagner concrètement ce mouvement naturel de résilience dans une approche stratégique et systémique ?

Traumatisme et résilience : les deux faces d’une même pièce

Inégalités face au trauma : une histoire de perception et de liens d’attachements

Freud s’étonnait déjà de la grande inégalité des traumatismes. Certaines personnes s’effondrent à la suite d’événements que la plupart jugeraient insignifiants, tandis que d’autres parviennent à se relever après des épreuves immenses. Comment expliquer ce phénomène ?

L’impact d’un traumatisme dépend moins de l’événement lui-même que de la perception et du sens que la personne lui attribue. Celle-ci peut alors s’enfermer dans un statut de victime ou poussée vers une métamorphose des représentations et des affects invalidants.

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« Il faut frapper deux fois pour faire un traumatisme », explique A. Freud, une fois dans le réel (il s’agit de l’épreuve, la souffrance, l’humiliation, la perte) et une fois dans la représentation du réel et le discours des autres sur la personne après l'événement. 

L’approche systémique invite à penser le traumatisme comme une pathologie du lien : les événements traumatiques « recadrent » de manière dysfonctionnelle le sentiment de la réalité et la perception de soi, aux autres et au monde. 

Alexander (1946) définit le traumatisme comme une sorte d’« expérience émotionnelle correctrice négative », qui introduit un changement « catastrophique » dans la vie de l’individu (Nardone, 2012) ouvrant une brèche dans son équilibre personnel et son sentiment de réalité.

Au-delà du sens attribué par la personne, l’impact de l'événement traumatique dépend également de la qualité des liens d’attachement précoces comme l’ont montré Bowlby et Ainsworth. Plus tard, les recherches de Werner (1955) et Rutter (1970) montrent que les facteurs de protection (estime de soi, autonomie, soutien social) jouent un rôle clé dans la capacité naturelle à rebondir : la résilience.

La résilience : un processus naturel et dynamique à soutenir

La résilience, du latin resilire (« rebondir »), est la capacité à résister et à se reconstruire après un choc. 

L’approche de la résilience a évolué au fil du temps pour être considérée aujourd’hui comme une aptitude – que chacun possède à un degré ou un autre, qui est liée à des caractéristiques personnelles en partie innées et aussi influencée par l’environnement

Plusieurs facteurs influencent la capacité de résilience:

  • La perception et le sens attribué à l’événement
  • Les ressources internes développées dès la vie prénatale
  • La qualité des liens d’attachement précoces
  • La présence de tuteurs de développement et de résilience mise en exergue par Cyrulnik.

 « Ce qui ne tue pas rend plus fort » ! Comme le souligne Cyrulnik, l’être humain est en constant développement et chaque âge possède ses propres rattrapages possibles. La résilience n’est pas une capacité innée et figée, mais un processus dynamique, une « reprise d’UN développement » (Dolto), et non du développement.

Si l’activation du processus de résilience est innée, celui-ci peut cependant se retrouver bloqué, laissant la personne piégée par son passé. 

Pour Cyrulnik, « on n’est pas résilient tout seul ». La résilience est une « métaphore de la rencontre et du tricot » : elle nécessite un autre qui permet de se « retisser » et repose sur deux piliers : l’affectivité et le sens.

 

Au commencement est la relation… 

De nombreuses recherches, dont celles de Scott Miller, confirment ce que les cliniciens expérimentent chaque jour : la réussite d’une thérapie dépend moins de la technique employée que de la qualité de la relation.

-        40 % : les ressources et la motivation du patient,

-        30 % :  la qualité de la relation thérapeutique,

-        15 % : la technique utilisée,

-        Le reste s’explique par l’effet placebo, soit la confiance du patient dans la thérapie et le thérapeute

Autrement dit : « C’est la relation qui soigne. Il n’y a pas de vérité plus grande en psychothérapie. » - Irvin D. Yalom

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Le paradoxe du patient traumatisé : entre urgence et blocage émotionnel

Pour faire face à l'événement traumatique, les patients mettent en place des stratégies de coping, dont le processus est centré sur l’évitement, avec des tentatives de :

-    Contrôle : tentative d’effacer le souvenir traumatique ou de rationaliser à outrance ;

-     Évitement : fuite de toutes les situations associées au trauma ;

-   Demande d’aide et de réassurance : liée à un sentiment de honte ou de culpabilité, « Est-ce de ma faute ? « 

Si ces stratégies peuvent sembler utiles à court terme, elles aggravent le problème à long terme, créant une chaîne d’évitements qui peut mener à des troubles supplémentaires (attaques de panique, addictions, etc.). 

Les personnes arrivant en thérapie se trouvent souvent dans une situation paradoxale :

-       Une urgence : elles veulent voir disparaître les symptômes qui handicapent leur quotidien et se libérer d’un passé encombrant ;

-        Un blocage émotionnel : la peur de revivre la douleur, la colère ou la tristesse les empêche de décrire l’origine de leur problème ou de communiquer ce qu’elles éprouvent

Leur demande est donc à la fois pressante et empêchée, ce qui rend toute approche purement rationnelle inefficace. 

La réponse thérapeutique doit alors s’axer sur des stratagèmes suggestifs, visant à toucher les émotions et le corps pour aider le patient à sortir de ce cercle vicieux. Le tout, en transformant la relation du patient à son problème au lieu de chercher à comprendre les causes passées.

 

Passer d’un monde traumatique à un monde vivant : les mécanismes relationnels à mobiliser

Chez les personnes ayant vécu des traumatismes, le thérapeute se révèle souvent le premier passeur d’un monde traumatique reposant sur l’abandon, la trahison, à un monde vivant où la relation humaine est en place, où mon intention d’entrer en relation avec l’autre se traduit par des actions dont les effets contribuent à enrichir la vie de l’autre, me procurant en retour une meilleure estime de moi-même.

Rejoindre le patient et s’accorder : 

La première rencontre est cruciale, comme le rappelait Aristote : “Un bon départ représente la moitié du travail accompli.” Pour les personnes ayant vécu un traumatisme, la recherche d’une proximité relationnelle est essentielle.

Le thérapeute doit créer une relation de forte participation émotionnelle, faisant sentir au patient qu’il comprend sa douleur, sa peur, sa colère. Il offre au patient une figure d’attachement sécurisante lui permettant de vivre une nouvelle expérience relationnelle réparatrice.

Pour ce faire, plusieurs éléments sont fondamentaux :

-       La synchronisation verbale et non verbale adapter son langage, son ton, son rythme à ceux du patient à la manière d’Erickson) ;

-        

-       L’accordage corporel (posture, regard, voix, position dans l’espace) ;

-       La pleine présence : au- delà de la présence physique, il s’agit d’un acte intentionnel, dynamique, témoignant d’un engagement dans la rencontre allant jusqu’à se manifester dans le ressenti corporel. Cette rencontre authentique – bien loin d’une posture de toute puissance - favorise la résonance (Elkaïm, 2014). Soit le phénomène par lequel thérapeute et client s’influencent mutuellement, invitant alors le thérapeute à prendre en compte ses émotions et à les considérer comme des sources d’informations qui contribuent à maintenir l’homéostasie du système.

« Une vraie rencontre provoque une influence réciproque. Deux mondes intimes interagissent et chacun modifie l’autre » – Boris Cyrulnik

Accueillir le récit traumatique sans le forcer

Contrairement à l’idée reçue, « la liberté de parler vient de la liberté de se taire ». Le thérapeute veille alors à

-        Respecter le rythme du patient ;

-        Être attentif aux signes de dissociation (décrochage, évitement) ;

-        Utiliser des questions à illusion d’alternative (Nardone, Salvini, 2012) pour éviter la répétition douloureuse du récit.

L’enjeu n’est pas de confronter brutalement au trauma, mais d’accompagner le patient sans lui faire revivre son vécu douloureux.

Sécuriser le lien

Pour prévenir l’abandon ou le rejet, le thérapeute peut :

-        Vérifier régulièrement la confiance du patient : « De quoi avez-vous besoin pour vous servir de moi comme point d’appui ? » ;

-        Offrir des choix pour renforcer son autonomie ;

-        Établir un signal d’arrêt si le vécu devient trop inconfortable.

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Les techniques pour activer la résilience

Le vécu traumatique bouleverse la perception de soi, des autres et du monde. Dans la mesure où on ne peut changer le passé, l’approche systémique et stratégique se concentre sur les effets du traumatisme dans le présent du patient que ce soit au sein du couple, de la famille ou dans le contexte professionnel. Plutôt que de s’enliser dans le « pourquoi », elle se concentre sur le « comment » pour permettre au patient de recréer du sens et changer sa perception.

Changer sa perception via : 

-       Les recadrages (Watzlawick) au travers des métaphores, des anecdotes afin de modifier le contexte émotionnel d’une situation pour en changer le sens. Comme le souligne l’approche constructiviste « il n’y a pas de vérités ». Chaque individu construit sa propre réalité à travers ses perceptions, ses expériences, et ses interactions avec son environnement. Ainsi certaines perceptions se révèlent plus fonctionnelles que d’autres pour résoudre le problème.

-       L’humour  - « Rire ensemble, c’est déjà commencer à guérir ensemble. » : utilisé avec art, il favorise la mise en récit d’une nouvelle histoire, une narration où le sujet reprend sa place d’auteur. Le patient perçoit une autre vision du monde, lui permettant de se responsabiliser et l’événement perd son pouvoir d’intrusion. Cette technique constitue une suggestion positive soulignant la capacité du patient à prendre de la distance. Son usage permet également de réduire la distance dans la relation complémentaire thérapeute-patient.

-       Le « Roman du Trauma » : une technique d’écriture pour traverser la douleur du vécu traumatique et progressivement atténuer ses effets. La personne passe alors de victime passive du souvenir à une posture volontaire et délibérée de poursuivre ses effets, créant une habituation et une mise à distance de l’évènement. 

« Quand on a les deux pieds dans l’enfer, la meilleure façon de s’en sortir, c’est de le traverser. » - Richard Frost

Reconnecter aux ressources

-        Utiliser la connotation positive (Selvini) : celle-ci consiste à reconnaître que la solution mise en œuvre jusque-là par la personne pour résoudre son problème est la plus adaptée malgré ses effets dysfonctionnels et qu’elle a joué une fonction utile pour maintenir l’équilibre du système. Cette technique permet de déculpabiliser les comportements dysfonctionnels adoptés et d’introduire la capacité de transformation.

-        Valoriser les compétences déjà mobilisées ;

-        La tâche du « Comme si » (Watzlawick) permet quant à elle de mettre en mouvement quelqu’un qui naturellement ne le ferait pas, soit parce qu’il n’y croit pas, soit par ce qu’il se sent incapable.

« Repérez chaque jour trois choses que vous feriez différemment si votre problème était résolu, et mettez en œuvre la plus petite. »

Rechercher les exceptions

Face au vécu de détresse et d’impuissance, le thérapeute souffle ‘sur toutes les braises de vie’. L’hypothèse fondamentale est qu’il existe toujours des exceptions, même infimes, aux patterns problématiques. Identifier les moments où le problème est moins présent permet de construire une histoire alternative. Ces exceptions représentent le point de passage entre une histoire dominante inscrite dans la survie et une histoire alternative où le patient peut redevenir auteur de sa vie.

Redevenir auteur de sa vie et créer une histoire alternative grâce à l’approche narrative

Les personnes avec des vécus traumatiques, envahies par des émotions de honte ou de culpabilité peuvent se raconter à elles-mêmes : « Je suis nulle, je l’ai peut-être bien cherché » ou d’autres pourraient raconter cela à leur propos.  L’approche narrative permet de sortir de ces identités négatives pour passer à une histoire alternative correspondant à ce qu’elles veulent dans la vie, alignée avec leurs intentions et leurs valeurs. 

Les pièges à éviter pour le thérapeute

-      Vouloir plus que le patient et fixer des objectifs qui ne sont pas les siens ;

-      Le « but conscient » (Bateson), soit vouloir à tout prix que le patient résolve son problème. Le thérapeute s’enferme alors dans une logique de « but conscient » le conduisant à sélectionner les informations. Un rétrécissement du champ perceptuel s’opère, réduisant le champ des possibles. La poursuite acharnée du but va générer des feedbacks contre-productifs, la pensée linéaire empêchant de prendre en compte l’entièreté de la boucle de rétroaction que le thérapeute est en train de modifier. Ce qui conduit in fine à l’échec de la thérapie. 

-      L’hyper-empathie ou l’incrédulité : se laisser submerger par les émotions du patient ou, à l’inverse, douter de son récit

Conclusion 

La résilience se révèle avant tout un chemin relationnel : chacun construit sa résilience et on ne sait comment elle va se manifester chez une personne à un moment donné

« Quand on a été blessé, on est contraint à la métamorphose. Il faut réapprendre à vivre autrement. Ce combat est nécessaire toute sa vie, même dans le troisième et quatrième âge. Je crois que les résilients doivent trouver des engagements, des combats, etc. Ils doivent faire quelque chose de leur blessure sous peine d’être soumis à leur blessure. » - Cyrulnik

En thérapie stratégique et systémique, le thérapeute prend la responsabilité d’influencer directement le comportement et la vision du monde du patient, recadrant comme des alliés les symptômes que le patient combat, l’invitant à cesser la lutte. Pour autant, il n’impose pas le changement et adopte une démarche non interventionniste.

En définitive, accompagner la résilience ne consiste pas à effacer les cicatrices du passé, mais à aider la personne à les intégrer dans une nouvelle narration où elles deviennent des marques de courage et de transformation. C’est permettre à chacun de redécouvrir sa capacité innée à se relever, encore et toujours, pour continuer à écrire son histoire.

 

Pour aller plus loin

  •   Bardot, E. , Bardot, V., Roy, S., (2022). De l’HTSMA à la Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels, Satas.
  •   Betbèze, J. (2019 ). Thérapies brèves plurielles : principes et outils pratiques, pp. 252-261.
  •   Cabié, M.C., Delluci, H. , Isebaert, L. (2015). Alliance thérapeutique et thérapies brèves, Eres.
  •   Cagnoti, F., Milanese, R. (2017). Surmonter les expériences traumatiques avec la thérapie stratégique : changer le passé, Satas.
  •   Cyrulnik, B., Elkaïm, M. (2009). Entre résilience et résonance, Fabert.
  •   Cyrulnik, B., Seron, C. (2003). La Résilience ou comment renaître de sa souffrance ? Fabert.
  •   Gerbinet, D, (2017). Le thérapeute et le philosophe, Enrick B Editions.
  •   Nardone, G., Watzlawick, P. (1996). L’art du changement, L’esprit du temps.
  •   Ostermann, G. (2019). Présence, hypnose et travail de résilience, Journal de l’hypnose et de la santé intégrative, Dunod, 2019/2, N°7, pp.81-90.
  •   Panichelli, C. (2007). L’humour en psychothérapie : le recadrage peut-il être recadrôle ?, Thérapie familiale, Genève, 2006, Vol. 27, No 4, pp. 399-418
  •   Tisseron, S. (2007). La Résilience, Que sais je ?
  •   Van der Kolk, B. (2018). Le corps n’oublie rien, AlbinMichel.

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