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Nora Bateson : « la communication, matrice sociale de la psychiatrie »

Colloque IGB

 

Jean-Jacques Wittezaele : pouvez-vous nous donner un « résumé » de la pensée de Gregory Bateson

blog batesonLa différence entre Gregory Bateson et les autres penseurs : un style de vie. Il avait de la considération pour les autres, pour tout ce qui était autre, même les forêts de pluie, tout l’environnement. Les dynamiques presque invisibles qui tiennent ensemble la structure sociale. Cette considération c’était la base pour une forme de perception, d’enquête, d’interrogation, qui était très précise, attentive. Dans le monde d’aujourd’hui, nous sommes particulièrement attentif à la rigueur, une approche scientifique. Au degré auquel je me suis intéressé au travail de Gregory Bateson, je découvre qu’entre les lignes, au fond de tout cela, il y a une considération très profonde qui sous-tend une qualité tout autre de précision et de rigueur, qui s’occupe des interrelations.

Quelles sont ces interrelations si délicates, et coblog bateson2mment fait-on pour ne pas les détruire. Est-ce psychologique, artistique, écologique. Derrière tout ce que
fait Gregory Bateson il y a ce soucis. La question est que tout le monde y participe. Il faut tenir compte de tout le monde, un processus d’apprentissage perpétuel, un processus d’apprentissage mutuel et réciproque.
 

JJW : Quelle relation Gregory Bateson avait avec la psychiatrie de l’époque (sur laquelle il était mitigé) ?

J’étais dans un colloque la semaine dernière et personne n’a mentionné la question de la perception. La perception de la perception est une construction de notre système collectif. La façon dont nous voyons même la façon dont nous voyons fait partie de notre structure d’éduction. La question : « comment percevons-nous la question de la psychologie ». Gregory s’intéressait à la façon dont fonctionnait cet ensemble. Si on regarde la vie comme un ensemble d’interactions dynamiques ; si on pense à la façon de faire les relations, c’est la base d’une écologie. Les interactions dynamiques entre les différentes parties d’un système.

Quand quelque chose se passe mal, toute question du type « d’où vient le problème ? » est une mauvaise question.

Quand on cherche dire ce qu'est une  peinture au juste, la réponse est elle dans la peinture telle qu'elle apparait, dans l’époque, dans le sujet, dans celui qui regarde - idem avec les Beattles, que doit on décrire quand on cherche à décrire les Beatles ? est ce le groupe, est-ce dans la musique qui est écrite, est-ce dans Paul Mc Cartney, dans l’enregistrement ? Donc quand il s’agit d’interagir avec quelque chose que nous pensons être quelque chose, comme une forêt ou un poème, on est
confronté à la question : « comment décrit-on cette chose ? ». Dans ce processus de description la question est :
« comment perçoit-on ? »

Pour la question de la relation entre Gregory Bateson et la psychologie, son idée était que la psychologie n’est que la psychologie, tout fait partie d’un système de
perception.

 

JJW : quel est l’historique du concept de la double contrainte ?

Difficile car je n’étais pas là. Mais je suis ici maintenant. Réfléchissons ensemble.

Le concept de la double contrainte a été développé dans un contexte. Mais les germes de ce concept ont précédé la venue du MRI. En y réfléchissant il faut se rappeler de ce qui a été dit sur la construction culturelle. Les papiers sur la double contrainte ont été publiés avec une dead line. Dans une mouvance particulière d’une mouvance donnée. Et c’est très difficile voire impossible de voir ce qu’étaient ces circonstances. Ce dont je suis sûr c’est que Gregory a été déçu de la façon avec laquelle ce concept a été compris. Car pour lui ce concept n’était pas la cause mais une structure en évolution. C’était une structure nécessaire par rapport à toute la nature. Tous ceux qui ont étudié son œuvre ont compris qu’il n’y avait pas de cause à effet. Ceux qui étaient au fait de son œuvre ont compris qu’il y avait quelque chose de faux. Ce que Gregory Bateson espérait le plus, c’était que notre façon de penser aurait un peu plus de levier.

Voilà une histoire. J’ai un fils qui a 15 ans. Quand il avait 14 ans, dans la classe avec son professeur. Il a eu une expérience et a dit : « mon professeur m’a mis une double contrainte ». Vraiment ? Mais je voulais qu’il explique vraiment sa compréhension de la structure.

L’histoire : il y avait un bouc émissaire dans sa classe. Le professeur a mis mon fils à côté de ce bouc émissaire, espérant que cet étudiant serait
aspiré dans une bonne spirale (grâce à mon fils). Mon fils Trevor comprenait bien que son travail était de devenir ami avec cet enfant. Du coup Trevor s’est mis à avoir des difficultés car il parlait avec l’autre étudiant.

Donc si il parle il a des difficultés, et si il ne parle pas il a également des difficulté. « Mais professeur vous voulez que je parle ? ». Effectivement il était dans une double contrainte. Ce qui ici est intéressant c’est qu’il a reconnu la structure, ce qui lui a permis de sortir de sa double contrainte. Il avait une lecture du contexte plus large ce qui l’a aidé à solutionner son problème. Ce qui lui a donné un environnement plus large pour comprendre la situation.

En tant que mère j’étais très fière.

 

JJW : en conclusion, on voit bien qu’il n’est pas toujours facile de dépasser cette double contrainte. C’est notre métier, nous savons que dans des situations interactionnelles il peut y avoir de grandes souffrances. Comment mes interactions avec nous-même, avec les autres, avec le monde rentrent en ligne de compte ?

Après Gregory Bateson, il y a eu Don Jackson (fondateur du MRI). Puis est apparue une autre personne très important pour la psychothérapie : Milton Erickson. Betty Alice Erickson nous parle de son père et de la façon avec laquelle Milton Erickson travaillait directement avec les individus.

Il y a avec l’école de Palo Alto un double regard sur l’individu et l’environnement.

Entre l’approche globale de Gregory Bateson et opérationnelle de Milton Erickson, il y a eu l’école de Palo Alto qui a développée le concept de tentatives de solutions.

A Palo Alto on a découvert qu’il n’y avait plus besoin de trouver des explications sur l’origine du problème, mais qu’il suffisait de regarder comment la personne se comportait dans son environnement.

Le recours aux tentatives de solution peut permettre de voir en quoi il est à l’origine des problèmes. Notamment dans le cas de la schizophrénie.

A l’époque on rencontrait des difficultés pour aborder ces situations pour pouvoir trouver des solutions.

La rencontre avec le travail de Giogio Nardone a été essentielle car elle a permis de d’établir une distinction dans les différentes typologies d’interactions. Ces distinctions ont permis de voir comment trouver des solutions de différents types de troubles, névroses et psychoses. Ceci a amené beaucoup d’autres réflexions.

Voir également Dezsoe Birkas qui parle des troubles psychosomatiques.

 
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Mots-clés: Palo-Alto, Bateson

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