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Dr. Boris CYRULNIK - Peut-on vivre sans souffrance ?

Lact a le plaisir de vous proposer en intégralité, la webconférence du Dr. Boris CYRULNIK tirée de la 5ème édition International Webinar, intitulée : « Peut-on vivre sans souffrance ? ».

La souffrance commence dans l’utérus ; elle est à la fois d’origine chimique et mentale. Si la mère est stressée, cortisol et catecolamines passent la barrière placentaire provoquant une atrophie du système limbique, socle neurologique de la mémoire et des émotions.
 
L’ontogenèse de la parole commence dans l’utérus et se poursuit dans la niche sensorielle des bras de la mère mais ce n’est que vers l’âge de 6/7 ans que l’enfant accède à la représentation du temps et donc au récit.
 
La temporalité joue un rôle dans la réception et la représentation du temps. Les bébés et jeunes enfants vivent dans le temps contextuel, le temps présent, les adultes psycho-traumatisés sont prisonniers de leur syndrome tandis que les personnes âgées souffrent d’une atrophie bi-frontale qui les empêche d’anticiper l’avenir et les soumet au passé.
 
La mémoire saine est évolutive tandis que la mémoire épisodique s’altère si le trauma n’est pas élaboré.Alors, la souffrance ne s’éteint-elle vraiment qu’avec la mort ?

Boris CYRULNIK

est un neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste français. Responsable d'un groupe de recherche en éthologie clinique à l'hôpital de Toulon-la-Seyne (1972-1991), il publie son premier ouvrage Mémoire de singe et parole d’homme en 1983. Directeur d’enseignement depuis 1996 à la Faculté des lettres et sciences humaines de Toulon, président du Centre national de création et de diffusion culturelles de Châteauvallon (depuis 1998), président du Prix Annie et Charles Corrin sur la mémoire de la Shoah (depuis 2005). Boris Cyrulnik est surtout connu pour avoir développé le concept de «résilience» (renaître de sa souffrance). Il a publié une trentaine d’ouvrages.

Retranscription

le titre est très stimulant, parce qu'on ne pourrait pas mourir si  auparavant on n'était pas vivant. Donc, les deux sont associés et ce qui est associé aussi, c'est la vie et la souffrance. Pourrait-on vivre sans souffrance ?

Je propose de distinguer la douleur et la souffrance. La douleur, elle contient, elle est supportée par les voies de la douleur, c'est-à-dire que c'est de l'anatomie, de la physiologie, de la transmission synaptique et on partage ça avec beaucoup de mammifères et une grande partie du monde vivant, puisqu'on dit même que les plantes souffrent et on dit même que le sol peut aussi souffrir, mais je crois qu'il faut distinguer "douleur", qui est un socle neurologique, et "souffrance", qui est particulièrement développée quand on a une corticalisation, c'est-à-dire quand on peut développer un système nerveux qui nous permet de se soumettre à la pression de l'autre, des relations et du milieu.

Je crois qu'on peut faire cette distinction, parce que "souffrance", ça vient de "sulfero", "supporter", je supporte plus ou moins bien la douleur. Une même  information de douleur peut être plus ou moins bien supportée selon notre développement et nos relations, c'est-à-dire selon la corticalisation. Alors ça, c'est juste pour l'introduction, de quoi je vais essayer de parler.

La douleur est inévitable, elle est même nécessaire. J'ai eu l'occasion de voir un cas d'agénésie des fibres C, où la femme n'avait aucune douleur et un jour, en faisant sa cuisine, elle a senti une odeur de bifteck grillé. La porte du four s'était ouverte, c'était sa jambe qui était en train de griller et elle ne s'en rendait absolument pas compte.

Ça veut dire que la douleur est un mécanisme adaptatif qui nous permet d'éviter de nous adapter au milieu, de fuir, de s'adapter ou d'affronter, exactement comme la plupart des êtres vivants [....]

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