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"Le syndrome du survivor" : situation de stress post-traumatique collectif

blog survivor3On reproche parfois aux spécialistes de la relation de Palo Alto d’être très peu intéressé par l’histoire ou l’historique des faits dans une situation pour laquelle ils
interviennent. En fait, l’histoire, nous la prenons en compte mais de quelle manière ?


Nous avons ici une situation qui présente un syndrome survivor. Qu’est ce que ça veut dire ?
Nous voyons un groupe de victimes qui se plaignent ensemble de leur souffrance et parce qu’elles souffrent, elles résistent en bloc aux ennemis.

Ces personnes parlent beaucoup entre elles. Elles parlent de l’illégitimité du directeur, de la direction des RH qui fait la sourde oreille, et elles en arrivent à en conclure que l’entreprise est une ingrate qui ne trouve pas de solution efficace à leur situation (on aurait pu même choisir un mot un peu plus offensant que ingrate). Ces personnes, qui ne vont pas bien, souffrent, elles se soulagent en parlant, et finalement elles arrivent à être des résistants face à la difficulté de l’environnement ; grâce à cette façon de réagir, elles parviennent à anesthésier leur souffrance par une affiliation à un groupe de survivors, qui se fait à un moment donné. Les survivors, ce sont par exemple les soldats américains traumatisés de la guerre d’Irak qui, une fois revenus au pays, forment des groupes de justiciers à la frontière mexicaine pour empêcher les immigrés de rentrer sur le territoire et continuent ainsi à protéger leur pays.

C’est typiquement une situation de survivor, que l’on va associer à un symptôme de stress post traumatique. La difficulté dans ce genre de cas avec ce type de syndrome là, c’est la présence de cette histoire qui a été si dure à vivre, une histoire continue à être dur dans le présent. On se soulage donc en parlant ensemble de cette difficulté et la finalité du groupe devient d’être des bons résistants justiciers.

Cela veut dire que la finalité du groupe change de nature chemin faisant : elle n’est plus en priorité d’arriver à être une équipe performante, pour produire des choses, des services ou autres, ou à être une équipe qui peut apporter des actions correctives en cas de difficulté, mais elle a basculée vers la  finalité d’être une équipe de survivors. Il va donc y avoir une nouvelle norme relationnelle qui s’instaure dans le groupe et il sera très important que notre intervention permette d’agir pour faire évoluer cette norme, et d’intervenir au niveau de la souffrance elle-même, qui est sous jacente à tout ça, souffrance souvent liée, comme c’est le cas ici, à des conflits et des désaccords qu’on n’arrive pas à gérer. Dans cette situation, Le Chevalier Blanc, en croyant aider, soulager, soutenir, va participer au problème, son action va contribuer à que l’on arrive à tenir le coup dans le groupe, et ce ciment que représente le fait de tenir le coup ensemble va participer à renforcer toujours plus cette norme, même si elle est très coûteuse pour chacun d’entre eux mais sur lequel il est très difficile d’agir d’eux-mêmes.

Dans le cas que Madame a exposé, où des groupes de paroles ont été mis en place dans son entreprise pour gérer un traumatisme, il sera important d’être vigilant que la parole se libère comme convenu pour faire baisser une pression trop forte, pour faire en sorte que les gens ne soient pas trop isolés face à des exigences qu’ils se fixent à eux-mêmes et qui seraient évidemment délicates de gérer seuls, mais, on doit aussi mettre une limite à cette libération de la parole et la cadrer pour éviter que ce syndrome là ne se mette en place avec son historique et ses repères, et d’éviter ainsi que dans certains endroits ne se forment des villages gaulois qui font plus du mal que de bien à chacun et l’empêchent d’être une ressource correcte pour l’entreprise

Mots-clés: Collectif, stress post-traumatique, syndrome survivor

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